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Le cas Benoît Savoret : quand impossible n’est pas français

Il aura fallu quasi un an pour qu’il se remette en selle après un passage coup de vent – 1 mois – chez Macquarie. Benoît Savoret, 45 ans, vient donc de réapparaître chez Nomura, où il endosse la fonction de co-responsable Actions Monde (boursier.com).

Un retour au bercail pour ainsi dire, puisque ce vétéran de la banque d’investissement a passé 11 ans chez Lehman, où il occupait en dernier lieu le poste de COO (chief operating officer) pour la région EMEA. Ce mouvement n’était pas nécessairement prévisible pour autant.

Car, pour dire la vérité, son cas n’était pas gagné, en tout cas au vu des statistiques non officielles qui s’appliquent cruellement aux chercheurs d’emploi comme lui :

“85% des embauches concernent des professionnels âgés entre 25 et 35 ans, et la barre des 45 ans se fait particulièrement durement ressentir”, nous confiait récemment un consultant en recrutement spécialisé en finance.

“3 mois sans job, ça passe ; 6 mois, ça commence à être dur ; 1 an, t’es cuit !” est un dicton populaire parmi les recruteurs. Or Benoît Savoret n’a pas seulement un trou d’un an dans son CV, il en a un autre d’un an et demi entre la fin de son expérience chez Lehman et son expérience éclair chez Macquarie.

– 1 mois dans un job seulement, ça fait toujours désordre dans un CV.

– Une image publique qui laisse à désirer. Quand on googlise son nom, le deuxième lien de la liste (avant même son profil LinkedIn !) débouche sur une analyse d’un observatoire des médias citant un article du Monde datant de septembre 2008, intitulé Les enfants gâtés ont perdu de leur superbe qui dit : Tous fous de la capitale anglaise où beaucoup ont acheté des appartements somptueux, des voitures de luxe, et côtoient une myriade d’artistes conscients du pouvoir d’achat de ces seigneurs de la bourse. Leur star jusqu’ici ? Le trader français Benoît Savoret, numéro deux de Lehman Brothers, aujourd’hui déchu. Leur règle jusque là ? Gagner d’énormes bonus en pariant sur des positions risquées sur les marchés…

Banquier un jour, banquier toujours

Le Français, qui a débuté sa carrière comme trader sur les dérivés à la SocGen en 1990, avait été affiché également dans la presse britannique pour avoir, accessoirement acheté la maison de Tony Blair en 1997 quand celui-ci a rejoint Downing Street, et surtout parce qu’il avait réussi à négocier un bonus de 16,2 millions de dollars trois jours seulement avant la chute de Lehman, après avoir menacé de partir à la concurrence (The Times). Somme qui avait été bloquée après la faillite. Il aurait toutefois empoché 30 millions entre 2006 et 2007.

Là, c’est sur, pour la majorité d’entre nous, le phénomène d’identification fonctionne moins bien… Toujours est-il que sa récente embauche chez Nomura est porteuse d’espoirs pour ceux qui peinent à (re)trouver un emploi.

Et il n’est pas le seul, regardez Jean-Pierre Mustier, ancien boss de Jérôme Kerviel, qui avait démissionné en 2009 et qui a été nommé le mois dernier à la tête de la division banque de financement et d’investissement d’ UniCredit. Banquier un jour, banquier toujours , résume Marc Roche, correspondant du Monde à Londres.

commentaires (3)

Comments
  1. “3 mois sans job, ça passe ; 6 mois, ça commence à être dur ; 1 an, t’es cuit !”. Ce dicton ne s’applique surement pas à ce niveau de recrutement et ce n’est qu’une cruelle vérité que pour les “petites gens” (En fait aucun dicton). Parce que 24 mois de chômage sur les 25 derniers mois écoulés, c’est un luxe que seul les pontes de la Finance peuvent se permettre. (Et peut être les stars … et encore !).

  2. La vrai et seule question : à quoi bon continuer une activité aussi pénible et aride ?
    L’âpreté au gain et la cupidité sont des poisons pour l’âme.

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