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D’un ex-Lehman : Point de travail salutaire

Un optimiste est un banquier qui repasse cinq chemises un dimanche soir. Cette blague rebattue a peut-être fait son temps, reste qu’elle illustre assez bien les répercussions que la crise provoquée par Wall Street a eu sur Monsieur Tout-le-Monde.

Par exemple, en ce qui me concerne, j’ai, depuis mon licenciement, beaucoup réduit mes dépenses. Fini l’achat quotidien du FT (le temps londonien me déprimant suffisamment), les dîners extravagants (un plat à emporter semble si appétissant !) et, bien sûr, la blanchisserie – primo, je n’utilise pas beaucoup de chemises en ce moment et secundo, j’ai essayé d’en laver certaines moi-même (je pourrais partager avec vous ma nouvelle expertise sur les détergents, mais revenons plutôt au sujet qui nous concerne ici : laver mon linge sale en famille !).

En tant que banquier, j’étais suffisamment bien payé et n’excluais pas d’être licencié. En revanche, un blanchisseur qui fait du bon boulot et fait suffisamment d’argent pour mener une vie convenable a de quoi se sentir terriblement malchanceux quand son business prend la tasse sans que ce soit de sa faute. Lui n’a jamais gagné autant d’argent, pris autant de risques ou utilisé autant le crédit qu’un banquier. Pourtant, son métier est inextricablement lié aux caprices des banques. Pas de chance !

Ce qui m’amène à la question suivante : existe-t-il un travail avec la sécurité de l’emploi ?
En 2007, pendant mon summer internship de 10 semaines chez Lehman Brothers, j’ai fait deux rotations de cinq semaines, la première sur un desk structuration en financements titrisés (un gros mot, je sais) et la seconde sur un desk trading en taux d’intérêt. La seconde expérience fut un désastre. J’ai débuté là alors que les premiers signes de la crise du crédit se faisaient sentir. Le trader senior refusait de me regarder dans les yeux sauf quand il voulait que je lui ramène au plus vite un café ou un sandwich de la cafétéria. Je suis resté assis à côté de lui pendant cinq semaines, faisant des recherches sur les stratégies sur les taux d’intérêt en scrutant calmement toute la journée ses écrans de trading. Comme je n’avais jamais posé une question stupide ni fait d’erreur dans ses commandes de repas du midi, il m’a donné une évaluation convenable.

Mais c’est en titrisation que l’on me fit une offre. J’ai refusé et choisi de rempiler cette année comme associé généraliste. Alors que la crise du crédit empirait, je m’auto-congratulais pour mon excellente clairvoyance : j’aurais probablement été licencié avant même d’être confirmé sur un poste chez Lehman si j’avais accepté l’offre en titrisation. En comparaison, je considérais que j’avais opté pour le job sûr . Il ne s’est pas révélé suffisamment sûr…

Pendant mon bref mais néanmoins studieux passage chez Lehman, chaque senior manager que nous rencontrions pendant les formations n’a cessé de nous répéter : vous en faites pas les gars, c’est le meilleur moment pour rejoindre cette industrie. Vous, diplômés frais émoulus d’écoles de commerce, vous êtes une ressource bon marché, personne ne vous touchera. Mais nous, les associés de la première heure, avons été les premiers à être virés par Lehman à l’annonce de la faillite.

Ce qui me conduit à conclure que, où que vous soyez, quand ça tourne au vinaigre, vous serez, cher ami, en première ligne des licenciements. Ne soyez donc pas trop arrogant car ce que l’on craint arrive plus facilement que ce qu’on espère .

commentaires (2)

Comments
  1. voici un article depourvu d’analyse et meme d’interet! Valeur ajoutee zero.

  2. c est clair! c est un milieu d arrogants et pretentieux!
    sortant de grandes ecoles!

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