☰ Menu eFinancialCareers

Les banques misent sur la reprise en recrutant massivement

Les banquiers d’affaires, qui parient sur un rebond significatif des marchés de capitaux dans les années à venir, intensifient leurs recrutements. La Société Générale est en train de recruter près de 600 banquiers pour son pôle financement et investissement en Europe, tandis que ses concurrents indiquent être aussi à l’affût de collaborateurs de haut niveau.

HSBC, qui a publié la semaine dernière des résultats records, affiche des projets ambitieux pour son activité de banque d’affaires. La deuxième banque mondiale a l’intention de profiter de la recrudescence des deals en recrutant une douzaine de seniors en fusion acquisition dans les mois prochains. HSBC cherche également des traders pour son département origination de dette. Ces recrutements s’ajoutent aux 300 déjà annoncés dans la ligne de métier actions dans les années à venir.
Pensant que la reprise actuelle sera soutenue, John Studzinski et Stuart Gulliver, co-directeurs des activités corporate et investissement de HSBC, tiennent à former leurs équipes rapidement. Ils veulent anticiper sur le marché pour s’assurer le recrutement des meilleurs talents. Quelques recrutements importants seront annoncés avant l’été.
Nomura, la maison de titres spécialiste des activités de dette, prévoit de recruter 40 personnes à Londres pour son département taux dont l’effectif augmentera ainsi de 20%. Dresdner Kleinwort Wasserstein cherche aussi à recruter une douzaine de seniors en fusion acquisition à Londres et une demi-douzaine environ à New York. Goldman Sachs, Lehman Brothers et Credit Suisse First Boston indiquent poursuivre leurs recrutements de manière sélective. Goldman a augmenté de 25% les places à pourvoir dans son programme jeunes diplômés et MBA alors que Nomura recrute des jeunes diplômés pour la première fois depuis six ans.
C’est la récente vague d’émissions d’actions et d’opérations de fusion acquisition, dont on pense qu’elle va se poursuivre, qui a suscité ce regain de confiance. La reprise a été manifeste en Europe au cours des deux premiers mois de l’année.
Le volume d’émission d’actions en janvier et février est au plus haut depuis 10 ans, exception faite de 2001, d’après Dealogic et ses recherches sur la banque d’investissement.
Ces derniers mois, les émissions d’actions en Europe, droits préférentiels de souscription compris, se sont élevées à 17,8 milliards d’€ (22md$). Ce montant n’a été égalé qu’une fois depuis 1994, au cours des deux premiers mois de 2001, avec un volume de €22,8bn.
Toujours selon Dealogic, le volume des opérations de fusion acquisition en Europe a atteint cette année €135bn, soit plus du double de l’année dernière à la même époque (€61.4bn). La plus grosse progression est à mettre au crédit de la France, dont les volumes sont passées de €4.7bn à €66.3bn, et de l’OPA hostile, valorisée à €48bn, de Sanofi-Synthélabo sur son rival, le groupe pharmaceutique Aventis.
Le rapport du Boston Consulting Group qui prévoit d’ici 2006 une augmentation de $190bn des revenus des banques d’affaires, soit plus que le niveau record atteint en 2000, va mettre du baume au coeur des banquiers. L’année passée a été la deuxième meilleure année jamais connue par les banques d’affaire avec des revenus de $160bn, montant qui n’a été dépassé qu’en 2000 ($168bn). En 2003, le résultat des banques d’affaires a représenté $49bn, plus de la moitié, $31bn, étant imputable aux produits de taux. Ce résultat agrégé devrait atteindre d’ici 2006 $58bn, les produits de taux ne contribuant qu’à hauteur d’un petit 50%, toujours selon le BCG.
On s’attend sur cette même période à une croissance de 20%, de $35bn à $42bn, des revenus des marchés actions et taux et des activités de conseil (en fusion acquisition).
Cette nouvelle flambée pourrait mener au désastre si les banques augmentent leurs coûts comme elles l’ont fait à la fin des années 90, avertissent certains observateurs malgré l’optimisme ambiant. Il y a tout juste deux ans, les ratios revenus/coûts, très élevés, sont devenus intenables au point que de grandes maisons, dont CSFB et Merrill Lynch, ont licencié des milliers de banquiers pour tailler dans la masse salariale.
Selon une étude de Morgan Stanley, les charges salariales ont représenté 80,3% des revenus nets de son activité de courtage institutionnel au troisième trimestre 2002, contre 42.1% pour l’ensemble du groupe. Les analystes de Morgan Stanley ne disposent pas de la part exacte des salaires dans ces charges au troisième trimestre 2003 mais au niveau du groupe, la banque a réduit la facture des salaires à 33% des revenus net.
Dans cette étude, Morgan Stanley indique que pour l’ensemble du secteur des banques d’affaires, la part des charges salariales rapportées aux revenus nets est tombée à 36.7% contre 52.6% au premier trimestre 2002.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici