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OPINION : “Pas de CDI en vue, les critères pour vous décider (ou non) à prendre une mission”

Les banques compteraient embaucher près de 15000 personnes en CDI courant 2011. Vous avez beau cherchez, rien ne correspond à votre profil. En revanche, vous constatez, sous les formes contractuelles les plus diverses (CDD, honoraires, emplois à temps partiel), les demandes de missions intéressantes se multiplier. Faut-il se jeter à l’eau?

Avant de vous aider à répondre à cette question, rappelons que les missions peuvent schématiquement se regrouper en trois catégories :

· Apporter une expertise pointue. Par exemple une spécialiste dans les financements structurés vient renforcer une équipe de conseil en stratégie sur un dossier où le volet financier sort de leur ordinaire.

· Evaluer un risque : l’actionnaire principal d’un petit fonds de gestion a des doutes sur la méthodologie d’une de ses équipes et demande à un grand professionnel de la gestion alternative de valider leur approche.

· Participer à une opération de croissance externe sur certaines modalités techniques des due diligence . Ainsi un groupe industriel ayant acquis une nouvelle entité avec un volume substantiel de contrats de couverture à terme sur certaines matières premières qui n’étaient pas dans son cceur de métier peut demander à un expert de valider rapidement la qualité de ces contrats.

Une opportunité de mission se présente, vous hésitez. Faute du CDI rêvé, voici les 7 vraies et utiles questions clés à vous poser face à une telle offre:

1. Quelle est la probabilité que celle-ci se transforme en un C.D.I ?

Pour l’évaluer, étudiez d’abord la situation de l’entreprise en général : si elle est en phase de restructuration, vos chances sont minimes. Réfléchissez aussi sur les objectifs qui vous sont confiés : est-ce qu’ils correspondent à des problèmes ponctuels (auquel cas votre job n’a plus de raison d’être une fois que ceux-ci sont résolus) ou récurrents ? Dans ce dernier cas, succéder momentanément à un collaborateur parti à la retraite ou une cadre en congé de maternité n’offre pas les mêmes perspectives. Toujours est-il qu’une première mission réussie est le meilleur moyen d’en obtenir une deuxième.

Il y a aussi votre propre situation à considérer : suivant votre âge, vos besoins financiers, vos besoins d’autonomie et de sécurité… L’idée de construire votre nouvelle carrière sur une succession de missions peut être un rêve pour certains, un cauchemar pour d’autres.

2. Y a-t-il un partage équitable Risques / Profit avec l’employeur ?

Une mission où vous serez payé uniquement sous la forme d’un variable est en soi très problématique, car elle vous oblige ainsi à pomper sur vos droits ASSEDIC. Dans un tel cas, quelle est la contrepartie du travail que vous allez apporter ?

Soyez très prudents aux propositions de collaboration qui vous seront faites sous forme de success fee = Pile : vous partagez le succès avec le cabinet, Face : vous avez perdu votre temps et vos ASSEDIC, sans véritable dommage du côté du cabinet.

De manière générale, assurez-vous que votre partenaire a vraiment intérêt à votre réussite. Les gages qu’il peut apporter sont : un minimum de salaire fixe, des interlocuteurs qui investissent du temps sur vous, leur notoriété et leur savoir-faire, Autant d’actions qui augmenteront substantiellement vos chances de finaliser une affaire et de justifier le partage des gains.

Quant aux missions avec des honoraires forfaitaires à la journée, il y a un marché et il suffit de se renseigner sur les pratiques et les fees pratiqués. Si votre mission vous a été proposée par un cabinet de management par intérim, il vous offrira normalement la fourchette base de ce que vous valez réellement car il faut bien qu’il inclue sa propre marge, sinon recherchez dans votre réseau ceux qui par leur expérience et un profil similaire sont susceptibles de vous éclairer.

3. Cette mission pourra-t-elle valoriser votre CV ?

Elle peut remplir une partie d’une période sans emploi, notamment le blanc d’une année calendaire, montrer que l’on n’a pas attendu les bras croisés que le marché vienne à vous. Cela démontre aussi votre capacité à vous intégrer rapidement dans un nouvel environnement et atteindre rapidement les objectifs fixés. Mais est-ce suffisant ?

4. Quel serait le coût d’opportunité
c’est-à-dire du temps que vous ne pourrais
plus, en conséquence, utiliser à poursuivre mes recherches, à entretenir mes contacts de façon à ce que les gens continuent de s’intéresser à moi.

5 . Qu’allez-vous véritablement apprendre ?

Allez-vous développer votre savoir-faire et/ou acquérir de nouvelles compétences susceptibles de vous servir ultérieurement dans votre domaine ou vous orienter vers un autre domaine visé. Car l’on sait qu’en finance, l’obsolescence des savoirs peut être particulièrement rapide !

6. Cette mission va-t-elle enrichir votre réseau ?

Une des questions qu’il faut effectivement se poser : la mission en question va-t-elle vous donner une visibilité supplémentaire et vous faire rencontrer des personnes susceptibles de vous offrir ailleurs des opportunités professionnelles. Par exemple, les clients de l’entreprise ou ses fournisseurs sont-ils en mesure de vous rapprocher des employeurs que vous visez ?

7. En avez-vous envie ?

Et si, tout simplement, cette mission vous faisait plaisir ! Votre contexte psychologique (l’égo, le sentiment d’être utile, le fait de reprendre confiance en soi…) doit aussi être pris en compte. Je me souviens d’un de mes clients qui s’était vu proposer, un peu trop rapidement à mon goût, une mission de quelques semaines pour valoriser l’entreprise d’un cédant éventuel. Je n’oublierai pas l’argument décisif à ses yeux quand ma petite fille me demande tous les soirs ‘papa qu’est ce que tu as fait aujourd’hui ?’ j’aurai enfin une réponse à lui donner

Prendre ou pas une mission, telle est donc la question. Cela dit, n’en rajouter pas à la complexité de la situation et aux interrogations. Car il y en a aussi de mauvaises: comment vais-je facturer? Quelle forme juridique de société dois-je choisir? … Chaque chose en son temps!

Mais la question la plus pernicieuse est sans doute:et si je trouve pendant la mission un vrai job? Puisque celui qui vous a offert la mission a voulu préserver sa flexibilité, soyez sans scrupule, changez votre fusil d’épaule et oubliez votre velléité de devenir manager de transition!

commentaires (1)

Comments
  1. La dernière partie est la plus interessante à mes yeux. Les banques et les grandes entreprises utilisent sans vergogne l’intérim, même pour des fonctions permanentes. Par conséquent, il n’y a aucun scrupule à avoir pour les quitter. Je dirai même que si on trouve une mission plus interessante que celle qu’on est en train de faire, il ne faut pas hésiter à refuser un renouvellement du contrat.

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