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Les business schools françaises plus si top que ça ?

Faut-il y voir le dernier signe d’un règne en déclin ? Après 6 ans de domination du classement annuel du Financial Times des masters en management, les écoles françaises de commerce se sont fait détrôner par l’université suisse StGallen à la tête de la septième édition, publiée hier. L’an passé, la première marche du podium était occupée par ESCP-Europe, 3ème du classement cette année.

Talonnées par la concurrence étrangère

L’étude s’appuie sur les retours des promotions 2008. Or il se trouve que les anciens de St Gallen sont plus qu’enchantés par leur formation qui, pour 93% d’entre eux, leur a permis d’atteindre leurs objectifs professionnels.

Cerise sur le gâteau, le master de l’université suisse, qui n’accueille que très peu d’étudiants (34 l’an passé), permet aussi à ses diplômés de toucher trois ans après leur diplôme des salaires parmi les plus élevés de l’échantillon des formations classées, soit près de 87k dollars de rémunération annuelle, bien plus que la formation française qui paye le mieux à savoir HEC (73K).

Pas de quoi paniquer cependant, les établissements français demeurent les mieux représentés du classement, avec 17 écoles présentes sur 65 classées, dont 6 dans le top 10.

Vague de critiques

On pourrait donc raisonnablement ne pas s’attarder sur cette petite défaite d’estime. Sauf que les épisodes embarrassants pour les business schools françaises s’accumulent. Parmi les derniers coups portés, l’ouvrage d’Étienne Liebig dénonce Les nouveaux cons , titre pour le moins provocateur. Et ainsi de qualifier les étudiants de commerce de petits cons qui sont absolument persuadés qu’ils passent d’année en année grâce à leur valeur et au travail fourni alors qu’en fait, ils récoltent les fruits de leurs paiements. Je paye donc j’obtiens le diplôme.

Dans un article du site Capital.fr cet été, l’Insead, la plus réputée des écoles de management d’Europe, a été plus singulièrement visée, jugée trop chère et pas assez adaptée aux besoins des entreprises.

L’obsession des classements paralyse les initiatives

Certains étudiants des grandes écoles eux-mêmes n’hésitent plus à dénoncer une vieille passion française, l’obsession du rang et des classements, qui loin de stimuler la compétition, paralysent les initiatives, juge Robin Rivaton, étudiant en droit des affaires et de la régulation à Sciences Po et en finance à l’ESCP Europe, également président du Club Finance Paris dans une récente tribune publiée sur le site Atlantico.

L’alternative asiatique

Selon cet étudiant, cela profiterait aux filières universitaires, revigorées grâce à la loi sur l’autonomie, ou à des formations à l’international. Pour preuve, l’Indian Institute of Management, Ahmedabad (IIMA) consolide sa place dans le top 10 du FT, à la 7ème place cette année, juste devant l’Essec.

Les meilleures écoles asiatiques s’organisent pour constituer une alternative aux écoles européennes et américaines et recruter davantage d’étudiants internationaux. Quatre parmi les meilleures d’entre elles viennent de s’associer pour la deuxième année consécutive au sein d’un partenariat:Top Asia Business Schools (TABS). Les business schools françaises n’ont pas fini de s’angoisser à la sortie des classements…

commentaires (4)

Comments
  1. Les classements sont souvent fortement liés aux niveaux de salaire. Les salaires sont demandés aux anciens éléves (j’ai déjà reçu plusieurs demande de participation à des études de ce type).
    Certaines écoles donnent des consignes aux anciens pour gonfler les salaires (déjà vu aussi…). C’est gagnant-gagnant : le diplomé voit sa valeur augmenter, l’école son classement. Lemployeur est moins con.

    Ce qui est intéressant c’est de regarder l’évolution dans le temps des rankings. En France HEC / ESCP / ESSEC / EM Lyon / EDHEC sont depuis trééééés longtemps dans le top.

    Quand à l’achat des diplômes…c’est une vieille rengaine populiste qui plaît aux nombreux parents dont les enfants n’ont pas pris une voie avec de bons et surs débouchés…mais si on pouvait juste payer un diplome qui vous permet de gagner 3 fois son prix en 2/3 ans je pense que tout le monde serait diplomé.

    Le % de réussite reste lié à une sélection draconienne à l’entrée. Les meilleurs vont en haut les moins bons dans le bas du classement (avec des programmes adaptés !)
    triste article encore

  2. perso je préfère gagner $73k en France que $87k en Suisse ! le coût de la vie n’est absolument pas le même… donc en fait tout dépend du pays dans lequel sont perçus et dépensés ces fameux salaires !

  3. La majorité des jeunes diplômés Suisses restent travailler en Suisse, hors les salaires de juniors en Suisse sont souvent le double de ceux à Paris ou encore Londres. A cela se rajoute une plus grande proportion de carrières en Finance au sortie de St Gallen, entre autre du au fait que la Finance est le principal secteur économique Suisse. De plus la Suisse est un petit pays et l’entraide au sein du réseau de St Gallen est particulièrement forte. Ceci s’explique notamment par le fait qu’il n’y ait pas beaucoup d’autres écoles d’aussi bon niveau en Suisse.

  4. Elles vont baisser encore plus dans les classements, d’autant plus que maintenant les diplomés étrangers des grandes écoles n’ont plus le droit de travail en France …

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