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Revalorisation des fixes : les banques françaises aux abonnés absents

Oubliez les bonus, le nouveau sujet de conversation favori des investment bankers est le FIXE. Car avec l’inflation des salaires, aujourd’hui on peut désormais gagner gros tous les mois, partout… ou presque. Les banques françaises bottent en touche.

Alors que le bonus ne constitue plus un appât efficace, nombreuses sont les banques à l’instar d’UBS et Bank of America Merrill Lynch à débaucher des professionnels à Londres en leur proposant jusqu’à deux fois leur salaire fixe, quitte à réembaucher des ex-salariés au prix fort ! Seule méthode efficace pour combler l’hémorragie, après avoir mis des milliers de banquiers sur le carreau et imposer un gel sur salaires pendant 18 derniers mois…

Toucher un bonus à chaque fin de mois !

Dans le monde de la banque d’investissement, la règle est simple : celui qui paye gagne, assure John Purcell, directeur au sein du cabinet de chasse londonien Purcell & Co, cité par selon Bloomberg.

Les managing directors de Bank of America Merrill Lynch auraient ainsi vu leur fixe annuel passer de 150K livres (170K euros) à 230K livres (260K euros), selon cette même source. Chez Goldman Sachs, un executive director (7 ans d’expérience minimum) peut percevoir jusqu’à 420K euros contre 280K par le passé, selon un cabinet de chasse parisien. De quoi donner fermement l’impression de toucher un bonus à chaque fin de mois, pour reprendre l’expression d’un banquier senior ! Les changements s’appliquent surtout à partir du niveau VP (vice-president).

Les juniors exclus de la Bonanza

Selon des cabinets de chasse parisiens, la revalorisation des fixes a été appliquée de la même manière à Paris. UBS aurait été la première à réviser ses niveaux de salaires fixes en début d’année 2009, suivi notamment dès juin 2009 par Morgan Stanley, puis en fin d’année 2009 par Credit Suisse, Bank of America Merrill Lynch, Goldman Sachs, BarCap, avec pour certaines un effet rétroactif. Les banques françaises n’ont toujours pas pris de décision. Un silence qui nourrit la rumeur selon laquelle les établissements français se seraient tacitement mis d’accord pour ne pas augmenter les salaires.

Etroitesse de la place parisienne

Les banques françaises mènent bien une réflexion à ce sujet mais il est clair qu’elles ne peuvent pas être dans la course avec les Anglo-saxonnes, y compris à l’étranger, alors qu’on constate aujourd’hui des différences de 100% sur les salaires fixes à expérience équivalente, explique Frédéric Pommier, associé du cabinet de chasse Euro RH spécialisé en Capital Market et Asset Management.

Pour lui, les banques françaises profitent de l’étroitesse de la place parisienne pour jouer le quasi statu quo sur les fixes. Elles ont également trouvé un moyen efficace de saper les velléités de départ en appliquant depuis 3 ans, pour certaines lignes métiers ou sous jacents des garden leaves de 5 mois, contre 3 mois pratiqué chez leurs rivaux.

Pour les anglo-saxonnes, la nécessaire adaptation culturelle constitue un risque quand elles débauchent dans une banque française où, de surcroit, les forces de vente, basées de plus en plus souvent en France, sont éloignées du trading et de la structuration, poursuit Frédéric Pommier.

Prime de risques

Malgré ces obstacles à la mobilité, Jean Turcat, directeur du bureau parisien du cabinet de chasse international Smith & Partners est persuadé que le gap salarial est devenu si important que de nombreux départs sont inévitables dans les prochains mois. Les personnes qui décident de rester le font car elles souhaitent rester sur Paris et aussi bien sûr pour la sécurité de l’emploi, SG et BNP Paribas n’ayant quasiment pas licencié d’effectifs à Paris malgré la crise.

Finalement, le constat n’est pas nouveau : les banquiers doivent considérer la plus-value salariale des banques étrangères comme une prime de risque. Inutile donc de négocier ici la reprise de votre ancienneté ou l’annulation de la période d’essai. Pour cela, seules les banques françaises sont éventuellement prêtes à vous écouter.

commentaires (4)

Comments
  1. Ce matin, Les Echos semble suggérer que SG a appliqué une hausse des fixes pour ses nouvelles recrues, sans plus de précisions. Si vous avez des infos à ce sujet, n’hésitez pas à poster un commentaire.

    Le passage de l’article en question : ” En France, la Société Générale, qui a beaucoup recruté récemment dans sa banque d’affaires, aurait procédé de la même façon. On a vu des salaires fixes carrément multipliés par deux dans certaines maisons, explique un recruteur. L’idée étant de montrer que le fixe n’est plus accessoire. Ainsi, même en France, un banquier d’affaires senior se paie désormais de 250.000 à 300.000 euros en salaire fixe, au lieu de 100.000 à 150.000 euros auparavant. Les hausses des salaires fixes ont été faramineuses et se font à tous les niveaux d’ancienneté, confirme un chasseur de têtes. Cela provoque des distorsions de concurrence importantes entre établissements. ”

    Julia Lemarchand, responsable éditoriale Répondre
     
  2. Quand bien meme, je doute de l’explosion des fixes en France.

    Revalorisation a la francaise: +2.3%
    Revalorisation a la britannique: +45%

    Combien de fois faudra-t-il hurler que la France ne paye pas assez bien! La faute a qui? La taxation (le combo charges salariales, patronales et IR tue les salaires) mais aussi la metalite.

    La concurrence entre les pays va a mon avis s’accroitre, Paris n’a rien d’attirant pour la finance.

  3. Bobysson, combien de fois faudra-t-il hurler que si la France paie 30 fois trop, c’est la City qui paie 90 fois trop ?

    Rappel : Moyenne (en euros constant 2005) des 10 plus fortes rémunérations SG (fixe+bonus uniquement) : 243K en 1978 et un peu moins de 6000K en 2005. Et la croissance du PIB ? Elle aussi multipliée par 24 ?

    A tous : ARRETEZ DE FAIRE COMME SI TOUT ALLAIT CONTINUER!!!!!

    On doit réapprendre à vivre avec 35 000 euros, c’est à dire un revenu qui nous place déjà parmi les 10% les PLUS RICHES de ce pays !

    Je prévois (pour le salut de l’humanité) un alignement progressif, sur 20 ans, des revenus de la City sur ceux des places continentales, puis un alignement des revenus front au niveau de celui des bo actuels. Commencez à faire des économies.

  4. Quitte a faire des economies, autant aller les faire dans un endroit ou on est bien paye. Faites comme moi, venez habiter en Chine. Et ma fois, vous verrez, on est pas trop malheureux.

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