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L’embauche des juniors dans les BFI françaises compromise pour éviter les suppressions d’emplois ?

Le spectre des suppressions d’emplois refait surface dans le monde de la finance. On apprend ce matin que Credit Suisse pourrait supprimer plusieurs centaines d’emplois dans sa banque d’investissement.

Barclays Capital, Goldman Sachs, Bank of America, JPMorgan Chase et Morgan Stanley se préparent à des projets similaires, selon le New York Post. Certains établissements (Barcap, Credit Suisse, Nomura, HSBC) s’y sont d’ailleurs déjà attelés. Et d’autres mauvaises nouvelles pourraient suivre au cours du second semestre.

Une gestion des coûts plus efficace dans les BFI françaises…

Pléthore d’embauches l’an passé, et des revenus en baisse depuis, obligeront beaucoup d’établissements à faire des coupes. Les banques françaises ne seraient pas a priori concernées. Mieux, elles sont prises en exemple par les analystes pour leur grande maîtrise des coûts, notamment en matière de rémunération. Une gestion précautionneuse qui préserverait ainsi les emplois.

Comme les autres, les banques d’investissement françaises ont recruté significativement. Pourtant BNP Paribas, en particulier, a réussi un tour de force en recrutant 400 personnes pour sa seule division fixed income l’an passé dans le monde, tout en affichant une baisse de ses frais de gestion pour sa BFI de 2,6% au premier trimestre 2011 par rapport à la même période l’an passé. La banque fait d’ailleurs régulièrement valoir un coefficient d’exploitation exemplaire, le meilleur de l’industrie , soit 53,7% fin 2010 alors que les autres banques se situaient alors au-delà des 60%.

Un article posté hier sur notre site anglais ne manquait pas de vanter tout l’intérêt d’avoir être embauché – dans le cas précis dans l’activité FICC – par une banque comme BNP Paribas qui ne paye pas nécessairement bien, mais qui, en contrepartie, ne vous met pas à la porte en période de gros temps.

Seulement voilà, les commentaires postés par quelques lecteurs jettent un éclairage moins flatteur sur les grandes banques françaises. L’un semble dire que BNP ne paye pas nécessairement moins bien, elle rémunèrerait même certains directeurs et talents au-dessus du marché. En revanche, la disparité des rémunérations serait plus grande qu’ailleurs, ce qui in fine lui permettrait de maintenir le ratio rémunération par tête relativement bas.

Ce grand écart des rémunérations est une réalité connue de l’industrie financière. Notre dernière étude bonus montrait que le bonus moyen en front office en France s’élevait à plus de 87k euros contre un bonus médian à seulement 34k euros. Ces inégalités de traitement ne sont pas cependant spécifiques aux banques françaises.

…grâce à l’utilisation extensive de stagiaires ?

En revanche, l’utilisation extensive de stagiaires et de VIE serait bien une spécialité française. Il est très facile pour les banques françaises d’avoir un revenu par personne élévé dans la mesure où elles ont 30-50% de stagiaires qui ne sont pas inclus dans les effectifs , avance celui qui se fait appeler french guys.

Un chiffre qui semble exagéré et quasi-impossible à vérifier, mais qui met la lumière sur un vrai problème : la difficile insertion des jeunes diplômés français sur le marché de l’emploi, avec des stages qui n’en finissent pas. En moyenne de 6 mois, les stages dans les BFI françaises peuvent couramment atteindre un an dans le cadre d’une année de césure notamment.

Contactées ce matin, SG et BNP n’ont pas été en mesure de nous répondre sur le point précis part des stagiaires versus salariés . Société Générale nous a indiqué que le groupe recrutait 1500 stagiaires d’un niveau Bac+4 chaque année en France et qu’un jeune embauché sur 2 avait réalisé un stage, un VIE, ou un programme en alternance au sein de la banque.

Les stagiaires constituent un vivier de talents pour la BFI et le stage un tremplin adapté pour décrocher un premier emploi car il permet d’appréhender les métiers et la culture d’entreprise, nous ont confié les services RH de SGCIB.

Quid du taux de transformation des stages en CDI ? Cest là pourtant que potentiellement le bât blesse. Les stages tendent à se rallonger. Et depuis la crise, 20% environ de nos élèves n’ont pas été embauchés à l’issue de leur stage de fin d’études de 6 mois, alors qu’il y a quelques années ils étaient tous recrutés, avant même d’avoir été diplômé, témoigne Gilles Pagès, co-responsable du Master 2 “Probabilités & Finance” de Jussieu en partenariat avec l’Ecole Polytechnique.

Des stages qui durent et des embauches qui se raréfient pour les juniors ? Peut-être, mais c’est probablement pour la bonne cause : sauver l’emploi de leurs aînés…

commentaires (7)

Comments
  1. Laisser moi rire!!!

  2. une loi est en cours de redaction sur ce point

  3. Une loi sur un ratio stagiares/embauches?? Ce serait génial. Il faudrait aussi une loi de ce genre avec les VIE. Il n’y a pas de législation de ce coté et les BFI les utilisent comme des kleenex -tout comme les stagiaires-.

  4. Vous réalisez enfin la proportions des stagiaires en BFI? Vous savez aussi que la Terre est ronde?

  5. Et pourtant, il existent encore des recruteurs (quinquas enfants gâtés des 30 glorieuses dans 95% des cas) qui n’ont pas encore réalisé ces injustices quand bien même ils en bénéficient.

    Après une longue traversée du désert, le déroulement de mes entretiens était presque invariablement le même dès que je tombais sur un “Senior” Banker (comprenait Seigneur Banker). Ils condamnent, s’exclament, s’étonnent que vous ne vous soyez pas encore stabilisé. Et au final c’est un trentenaire qui m’a recrutée confirmant une fois de plus que les vieux ne recrutent pas les jeunes.

    Donc oui, la conclusion de l’article m’apparait particulièrement vraie: “Des stages qui durent et des embauches qui se raréfient pour les juniors ? Peut-être, mais c’est probablement pour la bonne cause : sauver l’emploi de leurs aînés…”

    Quand je pense qu’il va falloir encore les engraisser et payer la facture de leurs égarements durant toutes ces années…

  6. @ Dutrenois: au contraire, on ne dénonce pas encore suffisamment ces exagérations. Et les mesurettes en cours sont largement insuffisantes.

  7. @Pauline: je suis tout à fait d’accord, je sors à peine de ce système très français. J’ai passé pas mal d’entretiens à l’étranger et quand on discute un peu du fonctionnement français (stages à répétition, CDD…) les pros (quelque soit leur âge) sont scandalisés. Alors si vous avez l’occasion, faites comme moi, tirez-vous! Vous aurez un job, un vrai salaire et si vous êtes bon, un bonus.

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