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Comment être embauché par une banque d’affaires ? Confessions d’un candidat

Sefian Kasem est doctorant en finance quantitative à l’Impérial Collège, une université réputée à Londres. Il a postulé au programme jeunes diplômés de plusieurs banques d’affaires mais n’a pas été retenu. Pour autant il n’a pas abandonné et pense qu’il y a plusieurs façons d’arriver à ses fins.

Alors que les marchés retrouvent le chemin de la croissance, les banques d’affaires multiplient le recrutement de jeunes diplômés. Mais redoutant un retournement de l’économie, elles ne recrutent pas autant qu’au moment du boom des années 2000 et 2001.
Concrètement, toujours autant de candidats reçoivent des réponses négatives. Et je sais de quoi je parle. J’ai postulé sans succès dans six banques ces deux dernières années. Dans deux d’entre elles, j’ai atteint le deuxième entretien, trois autres m’ont fait passer le premier entretien et une a décliné sans me recevoir.
Je ne pense pas avoir été mauvais en entretien. J’ai fait quelques erreurs classiques de débutant (j’ai péché notamment par manque de connaissance du secteur), mais une fois dans le bain, je pense que ma performance était dans la moyenne.
Mais la concurrence est très vive. J’ai l’équivalent d’une licence en économie de l’Université de Londres ainsi que l’équivalent d’une maîtrise en finance et économie de la LSE mais les autres candidats ont un bagage au moins aussi bon.
Je connais un étudiant qui n’a obtenu qu’un seul entretien qu’il a raté. Il a pourtant un diplôme de Cambridge, une maîtrise de la London School of Economics et une bonne expérience en stage.
Les candidatures spontanées ne marchant pas, de nombreux étudiants ont contacté des cabinets de recrutement avec l’espoir de trouver plus rapidement un poste.
Cette approche ne s’est révélée fructueuse que dans quelques cas seulement. Les banques avaient tout simplement peu de postes à pourvoir et les cabinets de recrutement n’ont pas toujours joué franc jeu. C’était pour certains d’entre eux l’occasion de se constituer un vivier de CV.
On n’a pas abandonné pour autant, certains que, d’une façon ou d’une autre, on finirait par entrer en banque d’affaires ; ce même si l’on sait que certaines banques conservent toutes les candidatures et écartent souvent les candidats qui ont déjà postulé.
On a commencé à explorer d’autres pistes.
Certains ont choisi de faire l’impasse sur 2002 et de postuler l’année suivante en espérant que les choses iraient mieux. Ils ont voyagé ou ont fait des CDD dans des entreprises qui n’ont rien à voir. L’inquiétude était grande que les banques d’affaires ne voient pas d’un bon ceil cette année perdue au moment de postuler à nouveau. Du coup, énormément d’étudiants ont préféré choisir une activité qui soit bien vue comme le bénévolat. Cette stratégie a payé pour certains, pas pour d’autres.
Finalement, beaucoup ont jugé plus sage de laisser tomber leur recherche d’un programme jeune diplômé. Certains ont revu leurs prétentions à la baisse et ont décroché des postes en middle ou back office en banques d’affaires. D’autres ont fait des stages informels avec l’idée de mettre un pied en front.
Et cette stratégie s’est révélée payante pour quelques uns qui ont ainsi montré leur persévérance et leur volonté d’y arriver quel que soit la difficulté. Ça leur a également donné la possibilité de préparer des diplômes en interne (le CFA ou l’ ACCA par exemple) qui finalement les rendront plus compétitifs sur le marché du travail.
D’autres étudiants se sont tournés vers des entreprises qui ont des directions financières étoffées comme Sun, Sainsbury ou Eon (où mon ami de Cambridge a été embauché).
Le programme jeunes diplômés de ces groupes offre l’opportunité d’obtenir des diplômes complémentaires comme le CIMA. Mieux encore, beaucoup de ces entreprises sont clientes des banques d’affaires. Cette expérience côté client a permis à ceux dont c’était l’intention première d’être finalement embauché par une banque.
Une autre option est de poursuivre ses études. C’est ce que j’ai fait et je suis ravi de faire mon doctorat. C’est un diplôme apprécié et ça me donne le temps de mûrir le choix de ma prochaine étape.
Toutefois, je tiens à mettre en garde ceux qui choisiraient cette voie à défaut de trouver le poste qu’ils cherchent. Il faut avoir un réel intérêt pour ce cursus.
La dernière chose à faire est d’entamer un master ou un doctorat pour se rendre compte un peu plus tard que ça ne vous plait pas et finalement abandonner, comme j’ai vu certains le faire.
Alors quelles leçons tirer de tout ça ? Surtout ne pas se laisser abattre quand on n’arrive pas à transformer une candidature ou un entretien en embauche. Penser à long terme, étudier toutes les pistes qui puissent conduire à un poste en banque d’affaires.
Ne pas oublier qu’une expérience professionnelle différente peut permettre d’acquérir les compétences nécessaires. Etre patient, accepter le fait qu’il faut plus de temps et d’efforts que prévu pour y arriver. Mais je suis sur que je vais y arriver.

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