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L’expertise mathématique ajoute à l’attrait de la Place de Paris

Comme chacun sait, Paris compte deux handicaps majeurs pour se développer comme centre financier : une forte imposition fiscale et le poids des syndicats. En revanche, la capitale peut se prévaloir d’une expertise de qualité dans le domaine de l’analyse quantitative. Les banques semblent d’ailleurs succomber aux charmes de la capitale.

Depuis 2000, le nombre d’emplois au sein des banques ou des sociétés de gestion étrangères présentes à Paris a doublé. Selon Arnaud de Bresson, directeur général de Paris-Europlace, association oeuvrant pour la promotion de la place financière parisienne, cette tendance est en partie imputable à l’importance des ressources en matière de mathématiques financières. Les banques étrangères implantent leurs équipes à Paris. Elles prétendent pouvoir y trouver une forte expertise technique .

Parmi les institutions qui renforcent leur présence, Barclays Capital et Royal Bank of Scotland. C’est ainsi que Barclays a engagé le mois dernier Jean-Jacques de Balasy, qui travaillait chez Morgan Stanley, pour diriger le pôle banque d’investissement en France et en Belgique. Pour sa part, RBS a engagé deux vendeurs en produits obligataires structurés l’année dernière.

Handicap fiscal

Selon Stéphane Alizond, qui dirige l’activité marchés financiers à destination des corporates et du secteur public depuis Londres chez RBS, la banque a l’intention d’engager au moins trois personnes supplémentaires. Etant donné l’importance du vivier, il est plutôt aisé de recruter ce type de profil en France .

Les banques françaises s’intéressent également aux talents scientifiques. Directeur de la banque d’investissement chez Calyon, David de Villeneuve a indiqué qu’il souhaitait renforcer l’équipe dérivés actions : en matière de dérivés, la France a un avantage lié à la qualité de la formation en mathématiques . Cet enseignement élitiste est dispensé dans une poignée d’écoles de haut niveau : Polytechnique, Normale, l’Ensae ou encore les universités de Dauphine et Paris VI.

A l’instar de Stéphane Alizond, beaucoup s’expatrient à Londres et peu reviennent. Selon Frédéric Sola, directeur chez Financial Services Consulting Group, cabinet de recrutement : quand quelqu’un est parti à Londres, il est presque impossible de le convaincre de rentrer .

Les raisons fiscales sont connues : la tranche supérieure d’imposition sur le revenu n’excède pas 40 % au Royaume-Uni, contre 50 % en France. Ce qui se traduit inévitablement par une hausse des coûts pour l’employeur en France. Il coûte 3 euros à la banque pour augmenter d’un euro un employé rémunéré 50 000 euros par an, contre seulement 1,8 euros outre-Manche.

On réembauche à Paris

Reste que Paris est la seconde place financière d’Europe en nombre d’employés. Selon Arnaud de Bresson, le secteur financier a employé 250 000 personnes à Paris en 2004, dont 15 % dans la banque d’investissement, contre 315 000 à Londres et 90 000 à Francfort. Et si la capitale a connu une baisse en matière d’emplois au début des années 1990 avec 30 000 postes en banque supprimés sur quatre ans, la situation progresse à nouveau depuis 2001. Après avoir réduit les coûts dans le cadre de la consolidation, les banques embauchent à nouveau , explique Arnaud de Bresson.

Les métiers les plus porteurs en matière de recrutement sont ceux de la gestion d’actifs, de l’immobilier et du financement de projets. Doughty Hanson, gérant de fonds en private equity a embauché Lahlou Khélifi le mois dernier, pour développer son bureau parisien.

Les multi-gérants ainsi que les responsables marketing de produits dérivés font également l’objet d’une forte demande selon Antoine Morgault, directeur général du cabinet de recrutement Robert Walters à Paris. C’est ainsi qu’ADI, un hedge fund parisien, a engagé 50 personnes l’année dernière et prévoit 10 nouvelles embauches cette année.

Private equity

Même son de cloche du cabinet de chasse Heidrick & Struggles. Barbara Valaperti, consultante pour la division des services financiers, observe que les fonds de private equity ont de forts besoins : les fonds implantent des équipes étrangères en France ou créent de nouvelles équipes. Par exemple, Charterhouse Capital Partners, qui a réouvert à Paris, après avoir fermé son bureau en 1998.

Le domaine de la corporate finance est également propice au recrutement. Selon Denis Marcadet, directeur chez Vendôme associés, toutes les banques cherchent des gens expérimentés. Chez Calyon, David de Villeneuve est à la recherche d’une équipe d’exécution composée de juniors ayant entre 1 et 5 ans d’expérience et deux banquiers plus expérimentés ayant travaillé pour le compte de grandes sociétés cotées.

Les petites sociétés de corporate finance sont parmi les plus importants pourvoyeurs de postes. C’est ainsi que Dôme Close Brothers, filiale française de la banque britannique, a embauchés neuf cadres en janvier. Il y a beaucoup d’affaires en vue dans les secteurs de la technologie, de la santé, des sciences de la vie et du loisir. Les entreprises françaises sont redevenues plus flexibles et les investisseurs étrangers s’intéressent à notre marché , explique Olivier Dousset, directeur général de Dôme Close Brothers, qui prévoit 4 ou 5 embauches de senior supplémentaires.

Pour autant, toutes les banques ne sont pas disposées à évoquer leurs programmes de recrutement. Un banquier explique que quantifier les embauches à venir peut être source d’ennui. Nous avons récemment procédé à des licenciements. Parler de recrutement pourrait nous attirer des ennuis avec les syndicats .

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