Ces banquiers français à Londres qui craignent (ou pas) une victoire des travaillistes...

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Jeremy Corbyn bankers

Alors que le Brexit se rapproche du 29 mars, les professionnels de la finance au Royaume-Uni commencent à craindre qu'un nouveau perturbateur ne s'invite dans une situation déjà confuse : Jeremy Corbyn, le chef du parti travailliste britannique et soi-disant le pire cauchemar des banquiers de la City. Si tout se passe comme il l'espère, il pourrait devenir Premier ministre courant 2019.

Pour une profession censée être préoccupée par l'actualité, certains spécialistes de la finance sont étonnamment évasifs quant aux préparatifs de Corbyn pour son entrée sur scène. Et pour cause. Un chasseur de têtes londonien confirme que les banquiers seniors avec qui il s'entretient sont surtout intéressés par... le Brexit. « C'est tout ce dont ils parlent aujourd'hui. C'est un moment crucial. Les gens n'ont pas la tête à penser à Corbyn ».

Il n'empêche, certains professionnels de la finance commencent à sonner l'alarme. Il y a deux semaines, Alasdair Haynes, le CEO d'Aquis Exchange, une société de trading actions basée à Londres a comparé la combinaison potentielle d'un hard-brexit et d'un gouvernement Corbyn à un "Armageddon" tandis que Steve Eisman, le gestionnaire de fonds qui avait prédit l'effondrement des subprimes avant la crise financière, le compare à un « Trotskiste » dont les investisseurs feraient bien de se méfier.

L'hypothèse d'un gouvernement Corbyn se propage également dans les fonctions de trading, vente et corporate finance, dont beacoup sont de jeunes non-Britanniques qui ont construit leur vie et leur carrière au Royaume-Uni. Certains envisagent l'avenir avec une inquiétude croissante.

« L'antisémitisme affiché régulièrement par Corbyn et ses partisans m'inquiète plus que les conséquences de sa politique pour mon travail ou mes économies », déclare un managing director français travaillant dans une banque américaine. « Ce sera une mauvaise nouvelle. C'est à la fois un un extrémiste et un antisémite », indique pour sa part un trader français.

D'autres se montrent plus circonspects, à l'image de cet associate M&A français qui explique que le "flirt avec le populisme" des Tories avait "conduit le pays dans le mur". Pour cette raison, il considère qu'un gouvernement travailliste dirigé par Corbyn serait un correctif nécessaire : « Je n'envisage pas une classe moyenne plus pauvre et des élites plus riches comme une solution durable. Les personnes dans ma situation devraient contribuer ».

Et d'ajouter ; «  J'espère seulement que Corbyn fera quelque chose pour réduire les coûts du logement à Londres, qui sont franchement hors de portée, même pour moi. Je ne m'opposerais pas à une augmentation des impôts si je payais un loyer et des frais de scolarité moins élevés ».

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