La décision prise par Blackrock à Londres montre pourquoi Paris ne doit pas mettre la charrue avant les bœufs...

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Farmer ploughing field using wooden plough

La Grande-Bretagne restera le siège des activités européennes de BlackRock après le Brexit et les délocalisations vers la France seront très limitées, a indiqué le plus grand gérant d'actifs mondial dans une note au personnel dont l'agence Reuters a pris connaissance.

Dans la note confirmée par BlackRock, il est précisé que Budapest deviendra son siège principal au sein de l'UE avec 450 salariés occupés essentiellement à des tâches d'informatique et de back office. Le pôle des Pays-Bas verra quant à lui ses fonctions développées en tant que principale entité légale pour l'essentiel des transactions faites pour le compte de clients de l'UE et gagnera 10 à 20 postes supplémentaires par des transferts ou des embauches locales, surtout dans le risque et le juridique.

A première vue, ces annonces font l'effet d'une douche froide pour la place financière parisienne. Début juillet, BlackRock avait en effet dévoilé son intention d’investir plus largement en France avec le recrutement de personnalités d’envergure et déposé auprès du régulateur une demande de licence pour créer une nouvelle activité de gestion d’investissements.

Des effectifs amenés à doubler

Si Paris n'a pas su convaincre BlackRock qui a choisi de maintenir sa principale implantation européenne à Londres, où la firme emploie 3.000 personnes, tout n'est pas perdu pour autant. En effet, le rôle du bureau parisien sera étendu lui aussi, en particulier dans la gestion alternative touchant à des investissements tels que l'immobilier et les infrastructures, l'Autorité des marchés financiers (AMF) ayant autorisé en septembre le fonds américain à créer une société ad hoc.

Si les transferts d'effectifs hors de Grande-Bretagne seront minimes selon une source proche du dossier, le bureau de Paris, qui emploie actuellement 40 personnes essentiellement dans le commercial, verra ses effectifs doubler par le biais surtout d'embauches locales. Qui plus est, rien n'est encore gravé dans le marbre. « Alors qu'il demeure beaucoup d'incertitudes politiques et réglementaires, nous restons flexibles et continuerons à surveiller de près tous les développements », est-il précisé dans la note interne.

Savoir raison garder...

Paris ne sera donc pas réduite au rang de simple « adresse postale » des géants de la City avec quelques employés sur place. D'ailleurs, Bank of America semble être le plus gros indicateur à ce jour montrant que ce ne sera pas le cas : la banque américaine ouvrira début 2019 les portes de son nouveau bureau parisien où elle transfèrera une partie de ses effectifs londoniens.

En attendant, la décision de BlackRock vient rappeler à la place financière de Paris qui tablait cet été sur la création de 3.500 emplois directs et 20.000 emplois indirects dans le sillage du Brexit (un chiffre jugé fantaisiste par certains financiers) de ne pas mettre la charrue avant les boeufs, la sortie du Royaume-Uni de l'UE ayant encore son lot de surprises (bonnes ou mauvaises) à livrer...

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Credit photo : pixelfusion3d / gettyimages

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