Devez-vous quitter Paris lorsque vous perdez votre job en banque ?

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Devez-vous quitter Paris lorsque vous perdez votre job en banque ?

Alors que les banques françaises commencent par supprimer des postes sur leurs marchés domestiques comme c’est le cas pour SocGen dans la banque d’investissement ou de BNP dans la gestion d’actifs, les banquiers qui travaillent dans l’Hexagone sont légitimement en droit de se demander s’il leur faut quitter Paris dans le cas où ils perdraient (volontairement ou non) leur job actuel.

Nous avons posé la question aux recruteurs en finance. « La première option à considérer est de rejoindre une autre institution bancaire parisienne », relève Olivier Coustaing, associé au sein du cabinet de chasse de têtes Alexander Hughes basé Paris. « Les mutations du secteur soutiennent de bonnes perspectives de recrutement. Tout est question d’identifier l’acteur dont la culture et la stratégie correspondent le mieux à ses ambitions ».

Les banquiers d’investissement pourront ainsi toujours tenter leur chance dans d’autres banques françaises non impactées par les suppressions de postes comme CACIB et Natixis ou bien envoyer leur candidature auprès des banques américaines à Paris qui recrutent  actuellement des talents locaux dans le sillage du Brexit.

Explorer d’autres pistes... 

Cela dit, tout le monde ne pourra pas se « recaser » dans une autre banque d’investissement. « Pour celles et ceux qui souhaitent donner une belle impulsion de carrière et un boost à leur "valeur marchande", quatre autres options à explorer : rejoindre une banque à l'étranger, un cabinet de conseil, une Fintech, ou encore cofonder une start-up », poursuit Olivier Coustaing.

C’est le cas par exemple de Stéphane Eustache qui a rejoint le mois dernier la société européenne indépendante de services financiers Kepler Cheuvreux Solutions comme responsable investisseurs institutionnels et entreprises, et ce après 22 ans de carrière chez SocGen. Ou bien avant lui Daniel Fields, ex-MD responsable des activités de marché à Paris et Londres chez SGCIB, qui a rejoint cet été la fintech PremiaLab dédiée aux stratégies quantitatives.

D’autres rebondissent dans le conseil, à l’instar de Nicolas-David Kersen qui, après avoir été pendant plus de quinze ans en charge du conseil aux institutions financières chez Lazard, a rejoint KPMG Corporate Finance en tant qu’associé et où depuis le 1er octobre il pilote une nouvelle équipe de conseil aux institutions financières au sein de cette activité du Big Four.

Partir : oui mais où ?

Si vous tenez absolument à rester dans le secteur bancaire, il va peut-être vous falloir mettre le cap à l’international. Mais pas forcément facile de s’y retrouver entre Londres et le Brexit, Francfort et les difficultés de Deutsche Bank, Zurich et le scandale qui touche Credit Suisse, sans même parler de Hong Kong et de ses manifestations.

Qui plus est, les grandes banques européennes subissent actuellement une véritable hécatombe sur le front de l’emploi où il ne se passe plus une semaine sans de nouvelles annonces de suppressions de postes. Près de 50.000 suppressions de postes ont déjà été annoncées depuis le début de l’année dans les banques du Vieux Continent.  

« Il est vrai que certaines capitales ne sont pas les « place to be » du moment ! », reconnaît notre chasseur de têtes parisien. « Au cas par cas, certaines opportunités peuvent être intéressantes en Europe ou en Asie. Quitte à s’expatrier, autant aller vers les pays moins secoués comme le Canada, l’Australie et ceux de l’Europe du Nord. Le dépaysement sera également au rendez-vous ! ».

Répondre à un besoin

Si votre profil correspond à celui que les établissements financiers basés à l’étranger recherchent, vous n’aurez aucun mal à vous faire recruter, à l’image des prop’traders de SocGen ou BNP qui pour la plupart ont réussi à se recaser dans de gros hedge funds basés à Londres, les profils ayant un track-record de money makers n’étant pas légion.

Quelque soit le domaine, l’expérience semble faire la différence. D’après Jérôme Jouanneau-Courville, CEO et associé du cabinet de chasse Norman Alex à Genève, les profils parmi les plus recherchés sont les banquiers privés seniors (qui ont une expérience d’au moins 10 à 15 ans dans la fonction) capables de transférer et développer une partie significative de leur clientèle (surtout sur les marches Suisse onshore, Europe et Moyen-Orient).

Enfin, au-delà de l’expérience, la maîtrise des langues est un élément différenciateur pour certaines destinations. « A de rares exceptions près, parler un allemand courant est incontournable pour trouver du travail à Francfort », relève Anne von Bredow, fondatrice du cabinet d'Executive search Congruence à Francfort (et partenaire de Vendôme Associés en Allemagne). « Certains candidats arrivent très optimistes et déchantent en découvrant que l’Allemand est indispensable et de surcroit difficile à apprendre ». N’en déplaise à Goethe…

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