Chez SocGen, tout le monde (ou presque) se met au code, y compris le DG

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Chez SocGen, tout le monde (ou presque) se met au code, y compris le DG

Vendredi dernier, lors de la présentation du livre blanc de Finance Innovation sur l’IA, la blockchain et les technologies quantiques, un intervenant rappelait avec humour que Frédéric Oudéa, le directeur général de la SocGen, s’était mis à apprendre le langage Python il y a deux ans de cela.    

« J'ai voulu être initié au codage en langage Python », avait alors déclaré à l’époque le principal intéressé, histoire de voir si la logique générale avait changé depuis ses jeunes années à Polytechnique. « Il faut que tout le monde se sente embarquer dans cette transformation digitale qui touche la banque. J'essaie de montrer l'exemple ». Et visiblement, cela fonctionne... d’autant plus que tous les métiers sont concernés.

Par exemple, Thierry Louveau, gestionnaire ressources humaines à la DRH du groupe Société Générale, a suivi la première session « test » d’initiation au code proposée par la banque avec Coding Days, dont l’objectif est d’améliorer la collaboration entre opérationnels et développeurs. « Lors d’entretiens de recrutement avec des développeurs, j’avais du mal à cerner leur manière de travailler et leurs attentes qui sont très spécifiques... », déclare-t-il à L’Agefi. 

Des programmes sur mesure…

Tout au long de l’année, SocGen multiplie les initiatives allant dans ce sens. Outre son engagement dans la Grande Ecole du Numérique, groupement d'intérêt public dont elle est l’une des 4 entreprises membres fondateurs, la banque organise chaque année Coding All Star, une soirée 100% algorithmes et code pour se challenger dans une bonne atmosphère, apprendre auprès des meilleurs et rencontrer l’équipe IT Société Générale, les développeurs devant choisir leur league (Python Wizards, Javascript Ninjas ou Java Cyborgs) et la défendre lors du concours.

Autre initiative : « L’avenir c’est vous qui le décodez ». Tel est le slogan de l’IT School, une école inclusive créée par Société Générale et le réseau de fabriques sociales du numérique Simplon et dont les cours sont notamment dispensés par des managers et experts de Société́ Générale. La première promotion qui a fait sa rentrée en octobre 2018 au sein du Technopôle Société Générale, Les Dunes, situé à Val de Fontenay, en région parisienne.

A la fin de la formation, les 18 apprenants dont 12 demandeurs d'emploi et 6 collaborateurs de la SocGen obtiendront le titre professionnel de Développeur Logiciel, équivalent à un Bac+3, et les certifications Opquast et Agile. Ils pourront ainsi prétendre à des postes de Développeur Java et à d’autres métiers mettant à profit les compétences techniques acquises pendant la formation.

« Selon la spécialisation, un développeur dans le secteur bancaire pourra prétendre à une rémunération annuelle située entre 35 et 40K€ en début de carrière. Sans compter les avantages annexes, inhérents à la structure », rappelle Julien Weyrich, directeur senior chez Page Personnel, spécialiste des recrutements sur les profils IT et ingénieurs.

Avec ou sans pré-requis ?

« Nous avons des enjeux importants de recrutement et d’attractivité sur les métiers de l’IT. Il est important aussi de renforcer la mixité et notamment la féminisation de ces métiers », explique Jean-Sébastien Goestschy, responsable architecture du groupe Société Générale. « Enfin, nous devons accompagner les reconversions de collaborateurs sur les technologies d’avenir, comme le web et l'Open source ».

Nul besoin cependant d’être un banquier pour suivre cette formation professionnalisante gratuite qui ne nécessite aucun prérequis technique. « Nous avons souhaité donner leur chance à des profils très différents. Parmi les demandeurs d'emploi, certains ont fait un BTS en management, d'autres ont été veilleur de nuit ou ont un master en génétique », relève Valérie Goutard, Campus Management, innovation RH Société Générale.

Par contre, il va de soi que suivre une formation au codage en Python nécessite des pré-requis : une certaine familiarité avec l'informatique, des notions d'algorithmique et une bonne capacité d'abstraction. « Cependant, nous sommes convaincus qu'une forte motivation peut remplacer ces pré-requis », expliquent Arnaud Legout et Thierry Parmentelat, animateurs d’un MOOC sur Python accessible à partir de la rentrée de septembre 2019. Avis aux amateurs…

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