Comment la promesse de recrutements des banques françaises en Asie a vite tourné au vinaigre

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How French banks’ Asian hiring promise soon turned sour

Lorsque BNP Paribas a dévoilé un campus de formation de 24 M$ à Singapour en 2014, elle a également révélé son intention de recruter 250 personnes supplémentaires sur place. Deux ans plus tard, sa concurrente Société Générale y annonçait une intensification de ses activités dans les domaines de l'infrastructure, du trade finance, du financement de projets ainsi que de la vente et du trading fixed income et devises.  

Bien que les banques françaises aient encore des domaines de prédilection en Asie (notamment la gestion de patrimoine chez BNP Paribas), la rhétorique expansionniste a été largement atténuée. Les embauches sont timides et, dans certains cas, les craintes de licenciements futurs sont désormais la norme.

SocGen vient d'annoncer un nouveau plan visant à réduire ses activités sur les marchés et ses coûts de 500 M€. « Les emplois en Asie - en particulier à Hong Kong, plaque tournante régionale de SocGen pour l’activité global markets - devraient être affectés par la gravité de la déroute des marchés boursiers en Chine et à Hong Kong l'an dernier », a indiqué un chasseur de têtes basé à Hong Kong. BNP Paribas a déjà montré la voie à suivre à SocGen. En 2016, elle a taillé dans les effectifs de traders à Hong Kong en supprimant environ 40 emplois dans les actions asiatiques.

Si les traders de SocGen sont licenciés, ils se trouveront confrontés à un marché de l’emploi à Hong Kong déjà saturé en talents, à la suite des licenciements généralisés survenus au sein de Barclays, Credit Suisse et Deutsche Bank au cours des deux dernières années. Les banques chinoises présentes sur place continuent toutefois d’embaucher et sont généralement ouvertes aux traders des entreprises occidentales. L’an dernier, Kenneth Taheny, ancien responsable ventes trading cash actions pour la région Asie-Pacifique, a rejoint ICBC International à Hong Kong.

En banque d’investissement, ni SocGen ni BNP Paribas n’ont connu de grandes années dans la conclusion de transactions asiatiques - toutes deux n’ayant pas terminé dans le Top10 des entreprises ayant réalisé le plus gros chiffre d’affaires dans la zone Asie (hors Japon) en 2018, selon Dealogic. Tout comme elles ne figurent pas au top des classements M&A, ECM et DCM. En conséquence, les recrutements en banque d’investissement des deux groupes bancaires français, qui ont tous deux publié leurs résultats annuels cette semaine, risquent d’être « sporadiques et modérés » à Hong Kong et à Singapour cette année, selon le chasseur de têtes de Hong Kong.

Le rapport sur les résultats de SocGen pour 2018 ne met en évidence aucune zone de croissance en Asie. L'année dernière, la région n'a généré que 17% des revenus de sa division Global Markets & Investor Services. Le rapport de BNP Paribas donne un ton légèrement plus optimiste concernant la banque d’investissement, notant que 50 nouveaux clients du "corporate group" ont été intégrés en Asie depuis 2016.

Quant à Natixis, elle a émis en décembre dernier un 'profit warning' indiquant que son PNB accuserait une baisse d’environ 10% sur le quatrième trimestre en raison de pertes dans son portefeuille de dérivés actions sur les marchés asiatiques. « Il est apparu que sur certains produits spécifiques traités avec des clients en Asie, le modèle de gestion utilisé a conduit à mettre en place une stratégie de couverture qui s'avère déficiente dans les conditions de marché actuelles », a précisé Natixis qui, pour rappel, emploie près de 600 collaborateurs en Asie répartis dans 12 pays,

Où sont les emplois chez BNP Paribas en Asie ?

Si vous souhaitez travailler pour une division en expansion d’une banque française en Asie, essayez la banque privée de BNP Paribas. Les résultats de la société font état de « très bonnes entrées d’actifs » dans la gestion de patrimoine asiatique, et les chasseurs de têtes s’attendent à ce que BNP continue à recruter des relationship managers à Singapour et à Hong Kong, à la suite d’une série de recrutements seniors l’année dernière.

Parmi les nouvelles recrues on peut citer Vishal Mirpuri, de Deutsche Bank, nommé managing director de l’équipe ultra-high-net-worth de BNP à Hong Kong, et l’ancien banquier de Citi, Vikas Jaidka, qui dirige à présent des clients indiens non-résidents. Le recrutement fait partie du plan de BNP, annoncé en juin 2017 par son co-directeur de la gestion de patrimoine, Vincent Lecomte, en vue de devenir l’une des cinq plus grandes banques privées d’Asie en termes d’actifs.

Entre-temps, l’activité corporate banking de BNP Paribas en Asie apparaît comme un élément stable de la banque. La société française souligne la « croissance sélective » en Asie au sein du corporate banking, y compris le « bon développement des affaires en Asie » pour ses transactions businesses (cash management et trade finance). A défaut, vous pouvez toujours travailler dans l’activité ... assurance vie. Selon les résultats annuels de BNP Paribas, le produit a connu une « performance particulièrement satisfaisante » en Asie.

Si vous souhaitez rejoindre BNP Paribas ou SocGen sans autre expérience en banque, vous devez être un technologue. En décembre 2017, Charles Gillet, ancien responsable des technologies de l’information de Société Générale pour la région Asie-Pacifique, nous a dit qu’il était de plus en plus ouvert à l’embauche de technologues extérieurs au secteur bancaire.  C’était avant qu’il rejoigne sa rivale BNP Paribas en tant que CIO APAC pour la division CIB, où il a vraisemblablement apporté la même philosophie de recrutement.

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