Parler russe sera-t-il encore longtemps un atout pour les banquiers suisses ?

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Tout le monde était bien content : le nombre de grosses fortunes russes résidentes en Suisse est passé en douze ans de 4600 à 9455 fin 2006, d'après l'Office fédéral de la statistique (OFS). Leur destination est souvent Genève avant Zurich. Les banquiers suisses slavophones se délectent de leurs belles perspectives de carrière au bord du lac.

Seulement, le mouvement des banques russes en direction de l'Europe occidentale, et en particulier de la Suisse, prend de l'ampleur. On pensait que les Russes rachèteraient uniquement des banques commerciales. Avec l'annonce d'un milliardaire russe de vouloir reprendre l'UBS, c'est le cceur même du métier traditionnel suisse qui est visé. Les gestionnaires de fortune suisses sont-ils menacés dans leur pré carré ?

Les clients peuvent être attirés par les facilités de transferts de fonds hors de Russie que peuvent offrir les banques russes, et que nous-mêmes sommes loin d'avoir , s'inquiète Pierre S., d'un cabinet de gestion privée de Lausanne.

Pour Thierry de Preux, du bureau genevois du cabinet Korn Ferry, le risque est inexistant : Une loi tacite veut qu'aucun national ne place son argent dans une banque de son pays d'origine. Quand on connaît les liens entre le pouvoir russe et les entreprises, c'est une règle de simple bon sens. L'arrivée des banques russes en Suisse aurait alors plutôt pour effet de rabattre les clients russes vers les établissements sans liens capitalistiques avec la Russie.

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