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Pourquoi les banquiers suisses risquent de voir fondre leur prochain bonus !

Quelles qu’elles soient, vous pouvez revoir vos attentes à la baisse. 2010 ne s’annonce pas comme un bon cru pour les bonus, du tout.

Le raisonnement est simple : les charges et exigences de fonds propres des banques se sont nettement aggravées tandis que les revenus des BFI ont été sérieusement rognés. La conclusion est vite tirée…

1 – Bâle III ou l’avènement d’une nouvelle ère (sans cash)

Les normes en matière de fonds propres que propose la commission d’experts instituée par le Conseil fédéral, paraissent extrêmement sévères au regard de la réglementation internationale Bâle III. Les deux grandes banques suisses devront disposer de deux fois plus de fonds propres que ce prévoit la réglementation Bâle III (Romandie.com).

Concrètement, Credit Suisse et UBS devront ainsi porter leurs fonds propres de base à 19 % des actifs pondérés en fonction des risques. Ces mesures devraient entrer en vigueur dès 2013, avec un délai transitoire jusqu’à fin 2018, tout comme les dispositions de Bâle III. La commission recommande également une limitation du taux d’endettement sur la base d’un leverage ratio fixé à 5% des fonds propres (L’Agefi).

2 – Les résultats du premier semestre sont mauvais, et ceux de T3 plus qu’incertains

Au deuxième trimestre, la division Investment Banking de Credit Suisse a été particulièrement touchée, avec un bénéfice avant impôts chutant de plus de moitié, tant au regard du trimestre précédent (-56 %) que par rapport à la période correspondante de l’an passé (-53 %) à 784 millions de francs. Idem chez UBS où la division FICC (fixed income currencies and commodities) a enregistré une baisse de 44 % sur le trimestre après éléments exceptionnels, selon son CEO Sanford Bernstein.

Les résultats T3 de Jefferies, une des premières banques à lancer la saison des résultats, ne sont pas réconfortants pour la fin de l’année. Les volumes de trading ont été dans l’ensemble atrocement bas en juin, juillet et août , a commenté son CEO Richard Handler.

Le CEO de Credit Suisse Brady Dougan a rejoint le lot des banques anticipant un Q3 en demi-teinte (WSJ). Quant à Deutsche Bank, elle a récemment lancé un avertissement sur ses prochains résultats. Petite lueur d’espoir toutefois : Josef Ackermann, son PDG, semble aujourd’hui avoir changé d’avis en raison d’une deuxième quinzaine de septembre solide (Reuters).

3 – Credit Suisse et UBS ont déjà pris les devants

Dans un tel contexte, on comprend peut-être un peu mieux pourquoi Credit Suisse a versé un bonus intermédiaire en numéraire au mois de septembre à 400 de ses cadres londoniens, mesure qui à l’époque n’a pas manqué de susciter de nombreuses interrogations, d’autant plus que la banque a dû procéder au licenciement de 75 de ses collaborateurs en front-office à la City (eFinancialCareers UK).

Quant à l’UBS, elle semblerait avoir également déjà pris les devants, puisque dans un rapport d’activité en mars dernier, elle annonçait un programme de versement de bonus à l’attention de 300 à 500 de ses cadres supérieurs pour un montant de 1 à 2 milliards d’euros d’ici cinq ans (La Tribune.fr).

4 – Avec des fixes en hausse, le bonus est devenu l’ultime variable d’ajustement

Avec l’ensemble des points soulignés plus haut en tête, nul besoin d’être devin pour savoir que les banques auront une marge de manceuvre limitée en fin d’année. Les deux grandes options qui se présentent à elles sont, d’un côté, des suppressions d’effectifs – solution qui n’est pas très vogue en Suisse – et de l’autre, des enveloppes de bonus moins fournies…

Elles pencheront d’autant plus pour la seconde option que les salaires fixes ont été souvent revalorisés. L’an dernier déjà, UBS n’avait pas hésité à augmenter de 50 % les salaires de plusieurs centaines de ses cadres dans la BFI afin de compenser la perte de revenus liée à la baisse des bonus.

Il ne fait aucun doute que les banques réduiront les bonus cette année. La baisse sera en ligne avec les augmentations accordées sur les salaires fixes, nous a confié Alan Johnson du cabinet de conseil spécialisé sur les rémunérations Johnson Associates, basé à New York. Nos clients sont absolument fermes sur ce point.

Et Peter Hahn, un professeur de Finance à la Cass Business School, et ancien MD chez Citigroup, de rappeler : Quand les derniers bonus ont été décidés fin 2009, l’année avait été exceptionnelle. En outre, beaucoup d’établissements se retrouvaient avec des équipes réduites et craignaient de perdre des personnes. Les bonus ont ainsi été dans certains cas particulièrement généreux . Les bonus 2010 n’auront clairement pas la même saveur.

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