Beaucoup de Family Offices profitent de la crise

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La crise financière a fait fondre les dépôts des entreprises familiales, mais a également mis en évidence leurs atouts en tant qu'employeurs. D'où leur vogue actuelle.

John Wells, président de l'IMD, la prestigieuse école de management de Lausanne, est très clair dans ses propos : Si toutes les entreprises étaient gérées à la manière des Family Offices, notre économie serait dans un meilleur état. À l'inverse des entreprises cotées, les Family Offices se distinguent selon lui par trois principes, qui y sont très vivants : l'honnêteté, le fair-play et la transparence. Ils seraient les seuls garants d'une transmission des entreprises d'une génération à l'autre. En effet, les règles taillées sur mesure, qui sous-tendent la gestion des patrimoines des familles très fortunées, sont conçues pour l'éternité et se définissent par un ensemble de principes et de valeurs très clairs.

Les Family Offices ont une dimension mythique, mais ils ont un aspect particulier qui leur est commun à tous : ils sont discrets, muets et évitent la publicité. Ils sont devenus une partie importante des marchés financiers, et la crise a augmenté leur attractivité.

D'après Adrian Künzi, associé gérant de la banque privée Wegelin sise à St Gall, Les Family Offices ont très certainement profité de l'impact que la crise financière a eu sur l'ensemble des banques .

Le souhait d'une gestion du patrimoine indépendante d'une banque est devenu encre plus fort après l'effondrement de Lehman. C'est là également la conclusion d'une étude réalisée par JPMorgan asset Management, Complementa et Bayerische Finanz Zentrum. Le fort développement des Family Offices dans les années 1990 y est perçu comme une réaction à une standardisation et à une automatisation croissante des services financiers. Dans un monde globalisé, de plus en plus complexe, ils proposent des services souples, individualisés et modernes, de plus en plus appréciés des familles fortunées. De plus, les exigences des Ultra High Net Worth Individuals (les super riches !) n'ont cessé d'augmenter.

Celent, le conseiller en management américain, estime qu'il existe en Europe environ 4 000 sociétés proposant des services de Family Office, dont 750 ont pour client une seule famille. Chacune de ces sociétés gère un patrimoine d'au moins 100 millions de dollars.

Il y a environ 400 Family Offices en Suisse, et leur nombre augmente.

Des facteurs aussi différents qu'une forte sécurité juridique, la protection de la vie privée, le haut niveau de formation des collaborateurs, mais aussi la grande qualité de vie en Suisse, sont sûrement des arguments décisifs en faveur de cette évolution d'après Adrian Künzi.

Bien sûr, les Family Offices ont aussi perdu beaucoup d'argent dans la crise, du fait de leur investissement dans des hedge funds et dans le domaine du private equity. Mais ils ont pu procéder à des arbitrages et à une réallocation de leurs actifs beaucoup plus rapidement que, par exemple, les institutionnels, et ainsi bénéficier cette année en partie de la hausse des marchés action , dit Adrian Künzi. En temps de crise, la rapidité de réaction due à des procédures de décision plus courtes et l'adoption d'une stratégie de Total-Return font partie des avantages d'un Family Office.

De l'avis de Thierry Lombard, associé gérant de la banque privée genevoise Lombard Odier, il est absolument essentiel, pour les nouveaux Family Offices, de définir quels sont les objectifs et les valeurs qu'ils incarnent, et quelle stratégie d'investissement sera la leur. Autre leçon à tirer de la crise : un Family Office devra avoir conscience des risques liés aux investissements. La question récurrente est celle de la conservation du patrimoine de la famille et de la création de nouvelles richesses. Il faut donc trouver un équilibre dynamique, éternellement renouvelé, entre tradition et innovation.

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