L'incertitude prévaut chez UBS quant au versement des bonus 2010

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Cette année, les paiements des bonus pourraient se réduire à une peau de chagrin. D'ores et déjà, on s'attend à ce que Morgan Stanley ne soit pas très généreuse, pas plus que BarCap ou Nomura.

Cependant, la palme du pessimisme à propos des rémunérations 2010 devrait revenir aux banquiers présents de longue date chez UBS. A moins que les choses ne changent radicalement, ils s'attendent en effet à être très déçus. " Il y a beaucoup d'incertitudes sur les rémunérations chez UBS, explique un chasseur de têtes spécialisé dans le Fixed Income. Je me suis entretenu avec plusieurs personnes ces dernières semaines et il subsiste de gros points d'interrogation sur la façon dont la banque pourra se permettre de les payer ".

Trop d'embauches, pas assez de revenus

Le problème, c'est que l'UBS a recruté massivement, se mettant en porte à faux avec les déclarations de son co-responsable de la banque d'investissement Alex Wilmot-Sitwel qui, en novembre 2009, déclarait que la banque prévoyait seulement des recrutements "modestes".

Cette année, UBS a embauché 981 personnes, dont 427 à un niveau directeur exécutif voire au-dessus. A elles seules, les activités FICC (Fixed Income, Currencies & Commodities) comptent 225 nouveaux executive directors et managing directors.

Certes, ces embauches ont eu un impact, puisqu'au cours des neuf premiers mois de l'année, les revenus FICC tirés des ventes et du trading ont atteint 4,7 milliards de francs suisses, contre une perte de 1 milliard l'an dernier. Toutefois, l'impact a été insuffisant pour compenser la hausse des coûts de rémunération et la stagnation des recettes dans les autres domaines de la banque d'investissement.

À long terme, Carsten Kengeter, le CEO de l'Investment Banking chez UBS, souhaite que le coefficient d'exploitation de l'activité passe sous les 70% sachant qu'au troisième trimestre, il était de 98% (hors charges exceptionnelles).

UBS insiste qu'elle paiera

Malgré tout, UBS insiste sur le fait que ses employés ne seront pas déçus. Alors que cette année, d'autres banques ont réduit les provisions pour rémunérations individuelles, UBS les a augmentées. Au cours des neuf premiers mois, la rémunération individuelle dans la banque d'investissement a augmenté de 14% par rapport à 2009.

Tout aussi prometteur, son directeur financier John Cryan a déclaré en octobre que la banque avait tiré les leçons de 2008 et n'allait pas à distribuer des enveloppes de bonus vides. Sauf que depuis, John Cryan a quitté la banque, remplacé par Tom Naratil, l'ancien directeur financier des activités de gestion de fortune de l'UBS. Et comme tous ceux qui travaillent dans le wealth management, il n'est pas très favorable à l'idée de continuer de verser des bonus à des banquiers d'investissement qui ont affiché de mauvaises performances. Sans oublier que pour un nouveau directeur financier, grande est la tentation de réduire les coûts en se contentant de verser des salaires, sans les bonus...

Finalement, la bonne nouvelle pour les employés de l'UBS, c'est qu'ils peuvent être débauchés plus facilement. Le Financial News rapporte en effet que la banque a modifié son système d'évaluation des performances, passant d'un système à double entrée, où les grades étaient attribués selon la contribution et la compétence, vers un système qui ne mesure plus que performances. Un système qui existe déjà dans d'autres banques et qui rend donc plus facile l'identification et le débauchage des meilleurs éléments de l'UBS.

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