Les scandales d'évasion fiscale vont durcir les conditions de recrutement

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Décidément, en Suisse, le secret bancaire a du plomb dans l'aile : un ancien employé de la succursale de HSBC à Genève a dérobé entre fin 2006 et début 2007 une liste de comptes bancaires de potentiels évadés fiscaux qu'il aurait remis au fisc français, affirme le quotidien Le Parisien.

Cette affaire remonte en 2008 où il y a effectivement eu un vol de données bancaires à la HSBC Genève, mais qui ne concernait qu'un petit nombre de données , indique à l'AFP Martin Maurer, directeur de l'Association des banques étrangères en Suisse. Si les instances professionnelles tentent de minimiser l'affaire, c'est surtout pour ne pas détériorer l'image des banques auprès de leurs clients qui tiennent plus que tout au secret bancaire.

D'autant plus que ce n'est pas la première fois qu'une affaire de ce genre éclate. L'an dernier déjà, un informateur des services secrets allemands basé au Liechtenstein, employé de la banque LGT, avait transmis au fisc allemand des milliers de données subtilisées de contribuables étrangers.

Victimes collatérales

On ne peut jamais exclure qu'un collaborateur soit frustré, malhonnête ou mis sous pression , explique Michel Dérobert, secrétaire général de l'Association des banquiers privés suisses (Le Monde.fr), rappelant qu'à Genève, les banques privées n'embauchent jamais de frontaliers (Français, Italien ou Allemand) à un poste sensible. Ce n'est pas du racisme, mais du réalisme.

Une pratique qui, à l'avenir, pourrait se généraliser afin d'éviter d'autres scandales du même acabit. Avec, dans son sillage, les excès que cela peut entraîner. Si l'employé a le tort d'être non Suisse (Français, au hasard) on risque de voir une vindicte anti-française dans les banques à Genève et en Suisse. Et franchement, nous n'avions pas besoin de ça , explique David Talerman sur son blog .

D'ailleurs, pour ce spécialiste de l'expatriation en Suisse, l'impact ne saurait se limiter aux seuls travailleurs frontaliers, mais concerne aussi les informaticiens des banques suisses dont les conditions de recrutement vont se durcir considérablement : comment faire confiance à ces techniciens qui mettent le nez dans les bases de données de la banque, regardent les noms de clients, etc. Un casse-tête en perspective pour les entreprises, qui, je pense, va rallonger les contrats de travail.

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