Le scandale de la différence de salaire entre les banquiers centraux et les autres

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De nos jours, c'est banquier central qu'on voudrait être. Seule condition : que cela soit en Suisse, parce qu'en effet, en dépit de la crise, les ennemis de l'inflation ont pu s'y réjouir d'une généreuse augmentation de leur traitement.

Il ressort du Rapport annuel de la Banque centrale, publié récemment, que les membres du Directoire, le président Jean-Pierre Roth, Philipp Hildebrand et Thomas Jordan ont perçu l'an dernier un salaire fixe de 814 700 CHF, soit environ 533 000 € ou 723 000 $. Si l'on tient compte de la prise en charge des cotisations à la caisse de retraite, le salaire annuel de Jean-Pierre Roth atteint même 1,1 M de francs. L'année précédente, le chef de la Banque centrale avait dû se contenter de 845 000 francs.

Mais il n'y a pas que le bon peuple qui aurait des raisons d'envier Roth pour son salaire. L'un ou l'autre de ses collègues, responsable d'une banque centrale plus grande ou plus importante, pourrait avoir l'impression d'être sous-payé.

En comparaison, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE), avec ses 351 816 € perçus en 2008, semble bien modeste. Par rapport à son collègue suisse, d'abord, mais curieusement aussi par rapport à certains collègues d'un rang hiérarchique inférieur. Ainsi, les raisons qui font qu'avec 379 514 €, Axel Weber, en tant que chef de la Deutsche Bundesbank, simple membre du Conseil élargi de la BCE, gagne nettement plus que Jean-Claude Trichet, restent obscures. D'autant que la Deutsche Bundesbank a perdu ses fonctions principales avec l'introduction de l'euro.

Mervyn King, le gouverneur de la Bank of England, a gagné, en 2008, 290 000 , et ceci, malgré l'incapacité récurrente de la politique monétaire à limiter l'inflation à 2 %. Même en tenant compte de la chute du cours de la livre par rapport à l'euro - un tiers de sa valeur en quelques mois -, ceci l'amène à environ 310 000 €, soit au niveau de la BCE.

Qu'à ce niveau-là, il ne s'agisse toujours que de miettes devient évident, quand on connaît la retraite dont jouit l'ancien patron de la Royal Bank of Scotland, Fred Goodwin, qui doit se contenter depuis son renvoi avec pertes et fracas, de la somme de 700 000 . Annuellement, s'entend.

Les banquiers centraux américains décrochent le pompon en matière de salaire : Ben Bernanke, qui est en principe le banquier central le plus puissant du monde, a gagné l'an dernier 191 300 $ (141 000 €). Précisons bien : il s'agit là de son salaire annuel, et non mensuel.

Il est bien sûr oiseux de spéculer sur les raisons et les origines de cette disparité en matière de traitement au détriment des banquiers centraux, mais il faut espérer qu'elle ne traduise pas inconsciemment le degré d'estime que les différents gouvernements portent à ces derniers...

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