De nouvelles suppressions d'emplois en vue chez UBS

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La grande banque suisse UBS, fleuron et fierté des Helvètes, va devoir procéder à une sévère restructuration. De nouvelles suppressions de postes sont à craindre.

Pour le consultant Fredy Isler, patron de la société Fluris Consulting, la grande banque, qui a déclaré des pertes historiques de 4,4milliards de francs suisses en 2008, n'a pas le choix. La banque est obligée d'abaisser ses coûts, et il y a aura des suppressions d'emplois, j'en suis persuadé, nous a-t-il déclaré. Selon lui, cette annonce devrait intervenir en mars avril, après le versement des bonus au titre de l'année2007. L'an passé, la banque avait déjà annoncé 1500suppressions d'emplois dans son secteur investment banking, à l'origine de ses pertes. Ces suppressions d'emplois ont surtout eu lieu à New York et Londres. L'action UBS a plongé de 47% depuis un an.

En attendant, certaines banques de la place zurichoise voient déjà des managers de l'UBS frapper à leurs portes. C'est notamment le cas de la banque Julius Baer, selon son directeur général Alex Widmer. Ces managers quittent le bateau en emportant avec eux les portefeuilles clients. Selon les chiffres2007, la banque UBS a perdu l'an dernier quelque 15milliards de francs suisses de fonds sous gestion, partis vers la concurrence.

La pratique des bonus montrée du doigt

La crise des subprimes a aussi soulevé de nombreuses interrogations quant à l'attribution des bonus, vivement critiquée ces derniers jours en Suisse, notamment en raison de ses effets pervers. Selon Ulrich Thielmann, vice-directeur de l'Institut d'éthique économique de l'université de Saint-Gall, certains managers ont pris de gros risques, en achetant notamment des crédits pourris, en l'occurrence des subprimes, dans l'optique de toucher de gros bonus. En fait, la véritable nature de ces crédits apparaît plus tard, une fois le bonus encaissé.

Un débat commence à poindre sur les moyens d'éviter ces effets pervers. La banque Credit Suisse a proposé dernièrement qu'une partie des bonus soit versée sur un compte bloqué. Si l'année suivante, il y a des pertes, celles-ci seraient compensées par les bonus bloqués. Pour le professeur Hans Geiger, de l'université de Zurich, ce système va dans la bonne direction, il résout le problème du raisonnement à court terme, et prône pour une telle réforme à l'UBS. Le fait que l'UBS persiste à distribuer des bonus aussi élevés en 2007 qu'en 2006, malgré un bilan catastrophique, a tout l'air d'être un vice de construction, a-t-il déclaré au site Internet Swissinfo.

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