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OPINION : Quelques conseils pour ne pas commettre d’impair en entretien en Suisse

1. Soyez sincère et simple, et restez modeste

Avant toute chose, soyez sûr de bien connaître vos forces et faiblesses. Si lors de l’entretien vous constatez que le poste n’est pas vraiment fait pour vous, alors n’hésitez pas à le reconnaître et surtout ne tentez pas de passage en force en surenchérissant sur vos qualités. À l’inverse, si vous pensez objectivement que vous êtes un bon candidat pour le poste, alors expliquez pourquoi au recruteur.

La culture de votre pays vous a parfois poussé à vous vendre pour une fois et demi, voire deux fois votre valeur réelle en entretien ? En Suisse, restez modeste, ne pratiquez pas la surenchère de l’exploit professionnel, et vendez ce que vous êtes vraiment. Ce comportement sera davantage apprécié, votre attitude ne devant pas trop dévier des standards suisses. Enfin, n’hésitez pas à vous dévoiler, ne jouez pas de rôle et dîtes simplement les choses sans trop d’effets rhétoriques (ce qui pourrait irriter certains recruteurs locaux).

2. Valorisez davantage votre expérience que votre formation

Les Suisses sont pragmatiques et possèdent un sens pratique développé dans le monde professionnel. Vous devrez donc faire en sorte de valoriser vos expériences, votre savoir-faire, plutôt que vos diplômes. Au risque de tomber dans la caricature, certains diplômes européens de haut niveau (HEC pour les Français, diplômes d’ingénieurs…) procurent une quasi-crédibilité naturelle pour postuler dans le pays d’origine… En Suisse, vous ne pourrez pas vous appuyer autant sur votre formation pour être crédible, vous devrez également expliquer ce que concrètement vous avez réalisé.

3. Expliquez concrètement vos études

Les Suisses ne connaissent pas toujours les écoles étrangères, soyez donc concret sur ce que vous avez appris dans votre école. Vous pouvez éventuellement vous renseigner sur les formations en Suisse et donner une équivalence. Par exemple l’école d’ingénieurs Arts et Métiers en France est assez pratique et se rapproche plus de la formation suisse qu’un polytechnicien en France qui est très général et conceptuel sans réelle équivalence en Suisse.

4. Abordez simplement la question du salaire

Partez du principe que dans la plupart des cas, votre futur employeur n’a aucun intérêt à vous sous-payer. Vous finirez en effet inévitablement par l’apprendre, ce qui n’apporterait rien de bon dans votre relation future.

Dans les grandes sociétés qui proposent presque toutes des grilles de salaires en fonction du poste, les spéculations seront en principe limitées.

Enfin, il est mal vu en Suisse de parler salaire lors d’un premier entretien. Ce n’est certainement pas au candidat à aborder ce sujet, mais plutôt au futur employeur qui lui demandera ses prétentions salariales. Ne demandez pas l’équivalent en francs suisses, mais proposez par exemple plutôt la chose suivante : Actuellement, dans mon pays, je gagne XXX euros. Je ne connais pas le niveau de salaire suisse, mais serai désireux de pouvoir gagner en Suisse un salaire me permettant d’avoir un niveau de vie équivalent . En général les sociétés suisses engagent les collaborateurs français et suisses au même niveau, le dumping salarial reste extrêmement rare.

5. Parlez lentement, utilisez des mots simples, et adaptez-vous à votre interlocuteur

Ce conseil vous fera peut-être sourire, mais il est utile. Si vous adoptez un débit de parole trop important et utilisez des mots trop compliqués trop fréquemment dans la discussion, vous risquez de perturber le dialogue. Les recruteurs seront en effet davantage réceptifs si vous utilisez des constructions de phrases et des mots simples.

Enfin, soyez technique avec un ingénieur et plus simple avec une personne des Ressources Humaines, et assurez-vous que votre interlocuteur comprend ce que vous lui dites. C’est un point de test des recruteurs qui vérifient si un candidat peut adapter son discours et transmettre les infos de manière efficace.

6. Présentez votre dossier selon les coutumes locales

En Suisse, il est usuel de présenter un dossier de candidature complet comprenant :

– la lettre de motivation ;

– le CV ;

– la photocopie des diplômes et certificats (Bac, diplômes universitaires, formations certifiantes). Il n’est pas utile de faire certifier conforme ces documents. N’hésitez pas à ajouter des training (vente, présentation en public, gestion de projets…). Bien entendu, il est inutile d’envoyer un certificat de Microsoft Word pour un poste de manager ;

– le certificat de travail. Ce document, usuel en Suisse et en Allemagne, est inconnu dans beaucoup de pays car il représente une sorte de lettre de recommandation. Il n’est pas à confondre avec le certificat de travail tel qu’on peut le connaître en France, et qui n’est qu’un document administratif sans intérêt pour le recrutement. Un employeur suisse ne s’attendra donc pas à ce qu’un étranger lui en fournisse un. Cependant certains candidats informés de cet usage, joignent des lettres de recommandation qui sont très bien perçues. N’hésitez donc pas à vous faire faire une telle lettre par vos anciens chefs ou par des clients satisfaits. Vous pouvez également joindre la copie de vos évaluations internes ou de lettres de félicitations si vous en avez.

Michel Abellan, consultant pour la société EMS (Engineering Management Selection), est français et vit en Suisse depuis 30 ans. Son témoignage est tiré du guide pratique de David Talerman,Travailler et vivre en Suisse.

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