Un franc suisse fort : une aubaine pour les banquiers installés en Suisse ?

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Alors que le franc suisse, qui s'échange à 0,9241 franc pour 1 dollar, vient d'établir un record historique, certains dans la Confédération helvétique commencent à s'inquiéter des effets négatifs d'une monnaie trop forte. À commencer par l'Union syndicale suisse (USS) selon qui le renchérissement du franc menacerait quelque 100000emplois. Il faut dire que les entreprises suisses sont particulièrement exposées au risque de change, révèle une étude réalisée par le cabinet d'audit Deloitte qui a interrogé 57 directeurs financiers suisses.

Mais l'industrie financière ne semble pas concernée. Bien au contraire, la solidité du franc suisse devrait même se révéler plutôt avantageuse dans certaines activités, comme la gestion de fortune. Les banques suisses se trouvent dans une position prometteuse. Les perspectives d'avenir qui s'offrent à elles sont tout à fait bonnes , explique Patrick Schwaller, responsable du Baromètre 2011 des banques chez Ernst & Young, réalisé auprès de 60 dirigeants (membres de la direction générale) de différentes banques dans toute la Suisse.

Pas ou peu d'impact sur les salaires

Côté rémunérations, on pourrait à priori penser qu'il s'agit d'un avantage que d'être basé en Suisse plutôt qu'à Londres ou Paris. D'autant plus que le cours franc suisse semble bien parti pour continuer d'évoluer à la hausse. Pour preuve, les banques interrogées par Ernst & Young pensent que le franc suisse va, par rapport au dollar américain et à l'euro, se renforcer plutôt que s'affaiblir au cours des 6 à 12 prochains mois, seule une minorité s'attendant à une dépréciation du franc suisse face au dollar américain et à l'euro.

Mais après tout, qu'importe comment évolue la devise suisse, car il n'y a pas vraiment de corrélation entre le montant des rémunérations versées par les banques et le cours de la monnaie. Et pour cause : l'impact d'une monnaie forte sur la vitalité d'une place financière demeure très relatif, tel que l'explique Pascal Gentinetta, directeur de l'association patronale Économie suisse : Sur le long terme, lorsqu'on pense qu'il y a encore de cela 30 ans la livre anglaise était à un niveau bien plus élevé, cela n'a pas empêché la place de Londres d'avoir une place financière forte, en dépit d'une livre qui est partie à la baisse. Donc on ne peut pas opposer franc fort et place financière (tsr.ch).

Un franc suisse fort n'induit donc pas de hausse de salaire. Certaines entreprises seraient même tentées de les diminuer en ce qui concerne leurs employés frontaliers. Ce qui d'ailleurs a suscité la colère d'un conseiller national jurassien, Jean-Claude Rennwald, qui dénonce cette situation en posant directement la question au Conseil fédéral : Frontaliers : Franc qui rit, salaire qui pleure ? (Radio Fréquence Jura). Mais là encore, les banques ne semblent pas être concernées par ces pratiques. Du moins pas à notre connaissance...

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