Vers une limitation des écarts de salaires dans les banques suisses ?

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Les différences entre les plus bas salaires et le salaire moyen des managers ont augmenté de 18 % en 2009 et pas moins de 70 % depuis 2002 , constate Suzanne Blank, responsable de la politique économique du syndicat interprofessionnel Travail.Suisse qui a publié la semaine dernière sa sixième étude sur les salaires des managers. Sans grande surprise, les banques et les assurances helvétiques figurent parmi les entreprises où les écarts de salaires sont les plus élevés.

Pour preuve, entre 2008 et 2009 l'écart salarial est passé chez UBS d'un rapport de 1 à 51 à un rapport de 1 à 190, ce qui signifie une augmentation de 274 % ! Et ce, malgré la suppression de quelque 2300 emplois ainsi que le recul du chiffre d'affaires et des bénéfices. Son directeur général Oswald Grübel, qui a gagné 16 millions de francs suisses l'an dernier, touche ainsi 327 fois ce que touche le salarié du bas de l'échelle. Mais incontestablement, la palme revient à Bradley Dougan. Le patron du Credit Suisse, qui a touché l'an dernier 90 millions de francs suisses, est le banquier le mieux rémunéré d'Europe. Il aura touché 1 812 fois plus que son employé le plus mal payé.

Évidemment, les principales intéressées ne l'entendent pas de cette oreille. Ainsi, Credit Suisse estime que le syndicat, qui affirme puiser ses chiffres dans les rapports de gestion du groupe, donne une image trompeuse de la réalité. Le chiffre correct est de 19 millions de francs, réplique Marc Dosch, porte-parole de la deuxième banque du pays. Brady Dougan a perçu pour 2009 un revenu fixe de 1,25million de francs et un bonus de 18 millions. Le reste, selon Credit Suisse proviendrait des parts d'indemnités qui concernent différentes années (Le matin.ch).

Comment réduire les écarts

Travail.Suisse, qui n'hésite pas à parler de cartel des hauts salaires, propose des pistes comme la limitation des bonus à un mois de salaire et la suppression des indemnités d'entrée ou de départ. Le syndicat propose notamment que les bonus dépassant 1 million de francs ne soient plus déduits des bénéfices par les entreprises en tant que charges d'exploitation, mais soumis à l'impôt sur les bénéfices.

Les politiques entendent également réagir eux aussi sur le sujet, et certains d'entre eux n'ont pas attendu la publication de cette étude pour faire des propositions. C'est notamment le cas de la Jeunesse Socialiste Genevoise (JSG) qui a lancé depuis le mois d'octobre 2009 l'initiative populaire fédérale 1:12. Cette initiative vise à enrailler cette croissance des écarts salariaux en limitant l'écart dans chaque entreprise à un coefficient 1:12. À savoir, que le salaire le plus élevé ne peut être plus de douze fois supérieur au plus bas salaire dans la même entreprise , explique Romain de Sainte Marie, président de la JSG, sur le blog de la Tribune de Genève. Pas sûr que les banquiers concernés apprécient...

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