Bilan 2010 : les secteurs en baisse

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L'année 2010 ne restera pas gravée comme un bon millésime pour les activités de banque d'investissement des géants bancaires helvétiques. Ici, la question du too big to fail est toujours en suspens. Les instances de régulation vont essayer de régler ce problème et réduire les risques, même si les tentatives précédentes visant à réglementer et gérer les crises financières n'ont pas eu malheureusement les effets escomptés , reconnaît le Dr Harry Hürzeler, actuel COO du Swiss Finance Institute.

En attendant, dans les segments où la législation se renforce, comme par exemple sur les plates-formes de trading sur devises, certains ont levé le camp. Plus généralement, ce sont quasiment toutes les banques étrangères installées en Suisse qui songent à réduire la voilure, en attendant des jours meilleurs...

Investment banking

Sur les neuf premiers de l'année, les revenus d'UBS dans le trading étaient les plus mauvais sur un panel de huit établissements (45 % en dessous de la moyenne trimestrielle de Goldman Sachs, JPMorgan, Citigroup, Bank of America, Deutsche Bank, Barclays, Morgan Stanley et Credit Suisse réunis). Et aussi 27 % moins que ses propres objectifs. Les activités actions ont signé le deuxième plus mauvais trimestre en sept ans alors que les résultats du fixed income étaient quasiment divisés de moitié sur un an.

Au troisième trimestre 2010, chez Credit Suisse, les activités de banque d'investissement ont enregistré un bénéfice avant impôts divisé par deux. Au deuxième trimestre déjà, la division avait été particulièrement touchée, avec un bénéfice avant impôts chutant de plus de moitié, tant au regard du trimestre précédent (- 56 %) que par rapport à la période correspondante de l'an passé (- 53 %). De mauvais résultats qui sonnent la fin du recrutement frénétique de Credit Suisse : 75 emplois devraient être supprimés dans sa division Investment Banking à Londres. Et cela ne devrait être qu'un début...

Trading sur devises

Ces derniers mois, nombreuses sont les plates-formes de trading basées en Suisse qui ont mis la clef sous la porte. Il faut dire que la nouvelle réglementation introduite en 2009 par la Finma contraint les sociétés de courtage de devises à déposer une demande de licence bancaire ou à... quitter la Suisse ! Résultat des courses : alors que fin 2008 la Suisse comptait une vingtaine de plates-formes de trading, elle n'en compte aujourd'hui plus que deux : MIG Bank et Dukascopy.

Cependant, aux dires des chasseurs de têtes, un certain nombre de banques - dont la Deutsche Bank, Goldman Sachs et Barclays Capital - recrutent sur leurs desks de francs suisses et, toutes proportions gardées, il y a bien eu ces derniers mois une poussée de l'activité de recrutement. Du côté des marchés de capitaux, tout le monde pense à embaucher dans les desks francs suisses : essentiellement dans des fonctions de sales, bien que nous soyons de plus en plus sollicités pour des postes de traders et de spécialistes de la syndication , relève Klaus Robert Biermann, directeur du cabinet de chasse suisse Biermann Partners.

Mais l'arbre ne doit pas cacher la forêt. Les desks de francs suisses sont de petite taille et les volumes de recrutement restent faibles à l'échelle de ces établissements. Et pour cause : le cceur de métier des banques présentes en Suisse reste l'Asset Management et le Private Banking , rappelle Guy de Brabois, Country Manager Switzerland chez Robert Walters. Le trading reste en effet une activité de niche pour les banques étrangères.

Les banques étrangères

Justement, en parlant des banques étrangères installées en Suisse, le nombre d'employés qui y travaillent a baissé de 8%, pour s'établir à 20.000 personnes fin 2009, d'après les derniers chiffres de l'Association des banques étrangères en Suisse (AFBS). À quoi bon maintenir le nombre des banques étrangères présentes en Suisse à un niveau élevé pour perdre des transactions, la valeur ajoutée qui va de pair et des emplois ? , s'interroge son directeur Martin Maurer, pour qui la stabilité du nombre d'établissements masque le risque d'une rapide baisse de l'intérêt que peut représenter la place financière helvétique.

Une stabilité somme toute très relative : Des groupes bancaires français pourraient vraisemblablement vendre leurs succursales en Suisse, comme ce fut le cas pour des établissements allemands , prévient Patrick Odier, associé senior de la banque genevoise Lombard Odier & Cie qui, en septembre 2010, a pris les rennes de la puissante Association Suisse des Banquiers (ASB). Pas de quoi être rassuré...

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