Quo Vadis UBS ?

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Dans son rapport annuel présenté jeudi dernier, la Banque centrale suisse parle de perspectives globalement positives , mais son vice-président, Philipp Hildebrand, admet que, pour l'UBS et le Crédit Suisse, la situation pourrait se détériorer si les défauts de paiements s'accroissent en raison du ralentissement économique aux États-Unis . La formulation est pudique. Pourtant, avec le record de 37,4 milliards de dollars de dépréciations d'actifs depuis le début de la crise des subprimes et un retrait net de 10 milliards de francs de dépôts au second trimestre, l'UBS se bat le dos au mur.

Le départ de l'une de ses plus grandes stars, André Esteves, qui dirigeait l'Amérique latine depuis moins de 15 mois et qui monte sa propre société de gestion, est à peine compensé par l'embauche de Richard Gendelman et Christine McGinley, tous les deux de Smith Barney. Fait caractéristique : Esteves restera conseiller auprès de Jerker Johansson, le patron de l'Investment Banking, afin de gérer le risque des fixed income durant une phase de transition.

Y aurait-il un risque pour la banque de perdre ses talents et donc sa force de frappe ? Pour Peter , un dirigeant senior qui a beaucoup travaillé à la mise au point de la stratégie du groupe au siège à Zurich, les inquiétudes sont tout à fait déplacées : Nous nous déployons normalement, et nous n'arrêtons pas d'acquérir de nouvelles parts de marché par croissance externe. Voyez la Hollande. Un turn-over à un certain niveau est inévitable.

Pour Stephan B., chasseur de têtes à Zurich, le problème est plus épineux : Les difficultés sont devant nous. La semaine dernière, un milliardaire russe a annoncé sa volonté d'acheter éventuellement l'UBS ou la Deutsche Bank. Pour quel avenir ? Ce genre de déclaration n'incite personne à rejoindre ces banques.

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