Bras de fer autour des bonus entre les banques et le gouvernement

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Credit Suisse a révélé des montants de rémunérations variables accordées à ses dirigeants susceptibles d'animer le débat sur le retour de bonus anormalement élevés. En vertu d'un régime d'intéressement à la performance mis en ceuvre par la banque il y a cinq ans, son directeur général Brady Dougan vient d'obtenir l'octroi de titres valorisés 71 millions de francs suisses (50 millions d'euros). Au total, près de 400 cadres pourraient percevoir des bonus en titres pour un montant de plus de 3 milliards de francs.

L'ancien patron de Credit Suisse, Oswald Grübel, aujourd'hui à la tête de l'UBS, a défendu cette pratique consistant à verser de volumineuses primes aux principaux cadres du groupe, estimant que leur rémunération reflète les efforts qu'ils déploient pour faire de la banque ce qu'elle est . Il est vrai que Credit Suisse a traversé la crise financière sans le soutien de la moindre aide publique et a engrangé des résultats flatteurs l'an passé, en contraste saisissant avec la grande rivale UBS, même si comparé aux grandes banques américaines, Credit Suisse a déçu les attentes des analystes (Les Échos).

Les bonus d'UBS en discussion

C'est clairement rationnel pour UBS de mettre en ceuvre un plan semblable au Performance Incentive Plan (PIP) du Credit Suisse, mais ce genre de schéma ouvert ne sera probablement pas acceptable dans le climat politique actuel , a déclaré Matt Clarke, analyste chez KBW (eFinancialCareers UK). Malheureusement pour les banquiers seniors chez UBS, Clarke semble avoir raison. Sans compter que si un tel plan était mis en place, les bonus n'atteindraient pas les montants de Credit Suisse.

Pour sa part, la ministre de l'économie Suisse a indiqué qu'elle espère que le parlement ne conditionnera pas un accord entre la banque suisse et les États-Unis sur le secret bancaire à des questions concernant la distribution de bonus, rapporte le NZZ am Sonntag. Le journal indique en effet que trois membres du parlement proposent de lier ledit accord à la limitation des bonus et à d'autres thèmes.

Vers une taxe sur les bonus ?

C'est certain, Berne n'entend pas perdre la main face à des bonus qui ont de nouveau atteint un niveau record depuis la crise financière. Le ministre des Finances Hans-Rudolf Merz pourrait aller jusqu'à proposer une taxation des bonus, d'après des sources proches du dossier citées par le quotidien Tages-Anzeiger. Nous étudions plusieurs propositions de plafonnement de rémunérations, mais nous gardons en tête l'aspect compétitif : d'autres places financières n'ont pas de règles strictes en la matière si bien que nous devons rester très vigilants , précise une source proche du ministère (Reuters).

Un nouveau pas risque donc d'être franchi. Le régulateur helvétique, qui avait décidé de publier en novembre dernier une circulaire visant à soumettre à un cadre plus strict les bonus des banquiers suisses à partir du 1er janvier 2010, s'était néanmoins refusé à plafonner les salaires des financiers. La décision avait été saluée par les professionnels du secteur. C'était sans compter, à l'époque, sur les bonus faramineux versés par Credit Suisse qui indignent l'opinion publique et amènent le gouvernement à réagir...

Pas de taxe bancaire en vue...

Concernant par contre la proposition soutenue par les États-Unis et la Grande-Bretagne d'une taxe bancaire destinée à faire en sorte que les banques alimentent elles-mêmes des fonds spéciaux visant à financer d'éventuels renflouages, sans avoir à solliciter à nouveau les contribuables, le secteur financier ne doit pas être imposé davantage , a fait valoir Hans-Rudolf Merz, à la tête de la délégation suisse qui a participé le week-end dernier à Washington aux réunions semi-annuelles du FMI et de la Banque Mondiale (Swiss Info). L'idée n'est pas du tout mûre pour une décision au FMI ou au G-20 , surenchérit Philipp Hildebrand, le président de la Banque nationale suisse (BNS).

UBS a remboursé l'argent des contribuables suisses avec en plus un bénéfice d'un milliard et demi de francs ; la situation suisse est donc différente de celle de pays qui ont soutenu leurs banques à coups de dizaines de milliards et qui sont encore dans le capital de ces banques , a expliqué le conseiller fédéral qui veut se contenter de n'imposer que les bonus excessifs (Tribune de Genève).

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