2015 : l'année de tous les dangers pour le private banking en Suisse

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L'Union des Banques Cantonales Suisses a publié, en partenariat avec le cabinet Accenture, une étude prospective intitulée Le paysage bancaire en 2015 et réalisée à partir d'une enquête effectuée auprès des principaux acteurs du marché en Suisse.

Principal enseignement : la banque privée suisse va connaître un mouvement de consolidation sans précédent d'ici à 2015. Les banques étrangères vont essayer d'étendre leur présence sur le marché suisse. Du côté de la gestion de fortune privée, des acquisitions en Suisse suscitent un grand intérêt, explique George Schmidt, associé chez Accenture (Reuters). L'activité des fusions et acquisitions va s'accroître en raison aussi du grand nombre de petites banques et de banques régionales qui n'ont tout simplement pas la taille requise pour faire face aux nouveaux défis du marché .

Le facteur principal de progression du marché sera l'extension de la clientèle en Asie, en Amérique du Sud et en Europe de l'Est, tandis qu'une diminution de la clientèle dans les marchés développés pourrait freiner la croissance. Toutes les banques en Europe et dans les centres offshore auront à s'occuper des fonds non déclarés. Toutes les banques désirent avoir des clients qui sont en règle avec leurs autorités fiscales, et elles vont essayer de les aider pour y arriver , poursuit le consultant. S'agissant des produits, ils devraient être moins complexes et mieux adaptés à la satisfaction des besoins de la clientèle.

Conserver le secret bancaire

Comme pour lui répondre en écho, l'Association suisse des banquiers (ASB) s'est elle aussi penchée sur la stratégie pour la place financière suisse à l'horizon 2015. Un document publié à cet effet montre que la stratégie repose sur quatre piliers. Le premier d'entre eux concerne les avoirs déclarés. Il faut qu'une loi sur l'entraide administrative entre en vigueur dans les meilleurs délais , souligne l'ASB. Le deuxième pilier consiste à régulariser les avoirs non déclarés afin de légaliser l'argent déposé dans la Confédération tout en conservant le secret bancaire et, troisième pilier, protéger la sphère privée. Nous refusons avec détermination de surveiller le client dans ses moindres faits et gestes , prévient l'ASB.

Enfin, les auteurs du document prônent un accès facilité au marché des prestations financières suisses.? Il est important que le débat réglementaire à venir sur les banques d'importance systémique n'entraîne pas, pour les banques suisses, des conséquences involontaires. Ceci concerne par exemple un possible renforcement des prescriptions en matière de liquidités ou de rémunérations . Preuve que les banquiers suisses n'entendent pas se laisser marcher sur les pieds...

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