Le hedge fund Brevan Howard double ses effectifs à Genève

eFC logo

Brevan Howard, le plus gros hedge fund européen, devrait doubler ses effectifs genevois d'ici le milieu de l'année prochaine, qui passeront de 30 à environ 65 personnes, selon une source proche qui a souhaité garder l'anonymat (Bloomberg). Les nouveaux venus travailleront dans les quatre étages d'un immeuble de la rue d'Italie, actuellement occupés par les activités de gestion de fortune de Barclays Suisse.

De quoi rivaliser avec un autre géant du secteur, BlueCrest, qui compte près de 80 gérants et analystes à Genève. Les embauches ont été effectuées localement, le hedge fund britannique ayant même fait appel à un grand cabinet de recrutement de la place afin d'engager un nombre "conséquent" de collaborateurs genevois, surtout spécialisés dans le back-office, selon le magazine Private Banking.

" Toutes ces implantations se font dans la plus grande discrétion, confie un important gérant de hedge fund déjà installé dans la Cité de Calvin, qui, lui aussi, préfère garder l'anonymat. Mais nous sommes en contact les uns avec les autres et suivons l'ampleur du mouvement ". Même si parfois, les nouveaux arrivants se font attendre. " Ces processus de relocalisation prennent du temps, en raison, notamment, de la recherche de logements et d'écoles privées pour les enfants ", reconnaît l'avocat-fiscaliste Jonathan Ivinson (Tribune de Genève).

Bonnes nouvelles pour les nouveaux venus

L'adoption par le Parlement européen de la directive européenne sur les gestionnaires de fonds d'investissements alternatifs (directive AIFM) qui doit permettre de mieux contrôler le secteur ne devrait pas remettre en cause ce mouvement. " Même avec la directive AIFM, notre pays conserve tout son attrait pour les gérants d'actifs dans les domaines des hedge funds et du private equity. Mais pour cela, les avantages que présente la Suisse en tant qu'Etat tiers doivent être exploités au moyen d'une réglementation pragmatique et orientée vers les investisseurs institutionnels, qui requièrent une protection moindre ", précise Matthäus Den Otter, directeur de la Swiss Funds Association (SFA) qui a salué cette initiative.

Et comme le pragmatisme caractérise les citoyens suisses, cela tombe bien. Pour preuve, les électeurs de la Confédération helvétique viennent de rejeter l'instauration d'un seuil minimum d'impôt pour les plus riches, réclamé par le parti socialiste pour mettre un terme à la concurrence fiscale entre cantons cherchant à attirer les grosses fortunes (La Tribune.fr). Aux oubliettes donc l'initiative qui demandait également 0,5% supplémentaire sur les grandes fortunes imposables de plus de 2 millions de francs suisses. Les gérants de hedge funds peuvent continuer de dormir sur leurs deux oreilles.

" Nous sommes convaincus que la Suisse reste un site très attrayant pour la délocalisation des fonds alternatifs et nous devons nous attendre à d'autres délocalisations dans les douze prochains mois ", vient conforter une étude réalisée par le cabinet Ernst & Young Suisse. En attendant l'arrivée de nouveaux acteurs, les candidats à un emploi dans le secteur peuvent toujours consulter la liste des gestionnaires de fonds déjà présents en Suisse élaborée par la SFA.

Close