2008, l'ouragan financier n'a fait qu'effleurer la Suisse

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La crise financière, qui a débuté été 2007, a laissé quelques traces dans le secteur bancaire suisse, malgré une conjoncture somme toute robuste. En effet, après avoir augmenté leurs effectifs de 4,4 % en 2007 pour atteindre un total de 109 000 professionnels, le recrutement des banques a marqué le pas en 2008.

D'après une étude de l'Association suisse des banquiers, les effectifs ont encore augmenté de 1,2 % au premier semestre 2008. L'ASB attend une augmentation de 1 % sur l'ensemble de l'année. La banque de détail et la banque privée sont les deux secteurs qui ont créé le plus d'emplois. D'après l'étude de l'ASB, la situation est moins favorable chez les traders et pour les gestionnaires en charge de la clientèle institutionnelle.

D'un point de vue purement statistique, la branche connaît quasiment le plein emploi : 2 462 employés de banque étaient inscrits au chômage à la fin du mois d'octobre, ce qui correspond à un taux de chômage de 1,8 %. Les assureurs étaient encore mieux lotis, puisqu'avec 638 chômeurs, le taux de chômage ressortait à 1,1 % !

Les chasseurs de têtes interrogés par eFinancialCareers ont néanmoins émis des réserves pour l'année qui s'achève. Les banques n'ont guère marché, les assurances en revanche bien mieux , confiait une consultante basée à Zurich, qui a voulu garder l'anonymat. Sa société a surtout profité du déménagement du siège d'une compagnie d'assurance, à l'occasion duquel de nombreuses fonctions centrales ont été déplacées.

Gerold Guggenbühl, lui, est satisfait de l'année 2008. Bien sûr, sa société, Guggenbühl & Bächer Recruitment AG, a senti la crise ces derniers mois, mais, au dire du chasseur de têtes spécialisé dans les fonctions de trading et de sales, la plupart des banques continuent à renforcer ponctuellement leurs équipes. Par ailleurs, il rappelle qu'elles ont été très inégalement touchées par la crise. Ce serait surtout les banques cantonales et les banques populaires qui auraient saisi des opportunités d'embauche en chassant sur le terrain des grandes banques secouées par la crise.

Les deux grandes banques suisses ont, en effet, procédé aux coupes claires les plus importantes. À la suite des milliards perdus dans l'investment banking, l'UBS et le Credit Suisse ont décidé de réduire nettement leur activité dans ce domaine, surtout à l'étranger. Ce sont ainsi les collaborateurs des bureaux de New York et de Londres qui ont subi le contrecoup de la crise, à raison de milliers d'emplois supprimés.

Corrélativement, le private banking a connu une renaissance. S'il y eut un métier particulièrement recherché cette année, ce fut bien celui de conseiller en produits financiers pour clientèle fortunée. Gerold Guggenbühl confirme que de bons collaborateurs sont toujours recherchés dans ce domaine .

En revanche, l'industrie des hedge funds connaît un retournement de tendance. Pendant que MAN Group, leader de sa branche, a pu créer de nombreux emplois malgré la crise et la fonte des actifs sous gestion, GAM, la filiale de Julius Baer, et Jabre Capital Partners ont dû procéder à des licenciements.

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