Qui est Karel De Boeck, l’ex-DG de Fortis pressenti à la tête de Dexia ?

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Karel De Boeck

Source photo : Express.be

Plusieurs quotidiens belges rapportent que le gouvernement belge souhaiterait remplacer l’actuel administrateur délégué de Dexia Pierre Mariani par Karel De Boeck, ancien directeur général de Fortis. Selon ces journaux, Pierre Mariani serait prêt à quitter son poste de numéro deux de la banque à condition de recevoir une prime de départ de 1,2 million d’euros prévue dans son contrat, ce que le principal intéressé a aussitôt démenti, assurant qu’aucune décision n’avait été prise concernant son remplacement. En attendant d’en savoir plus, voici quelques éléments d’informations sur Karel De Boeck…

Un ingénieur devenu banquier

Né en 1949 et de nationalité belge, Karel De Boeck est titulaire d'un diplôme d’Ingénieur Civil en Électromécanique (1972) et d’une Licence en Sciences économiques (1974) de l’Université catholique de Louvain (Leuven). Il obtient une bourse d’études au Massachusetts Institute of Technology (MIT) mais choisit finalement de ne pas y étudier : Karel De Boeck s’apprêtait à prendre l’avion pour Boston lorsqu’un banquier de la Générale de Banque le harponne : "Tu ne vas quand même pas devenir professeur ?". De fait, il va devenir banquier (Le Soir.be).

 En 1976, il entre à la Générale où il va se faire une réputation comme directeur du marketing et du réseau. Bloqué dans sa promotion par le président de l’époque, Ferdinand Chaffart, qui ne veut pas de lui dans son comité de direction, il s’en va à la CGER en 1993. Il en deviendra le président en juillet 1998. Le hasard fait cependant étrangement les choses puisque en juin 1999, Karel De Boeck fait sa joyeuse "rentrée" à la G-Banque qui fusionne avec la CGER sous les auspices du groupe Fortis. Il devient membre du comité de direction de la Générale de Banque puis Managing Director de Fortis Banque, en charge de l’activité "Medium-sized Enterprises and Corporate".

La parenthèse "Fortis"

En décembre 2008 que Karel De Boeck prend les rênes de Fortis Holdings (désormais Ageas) au plus fort de la crise financière suivie de la période d’acquisition de Fortis par BNP Paribas. Il y restera jusqu’en juin 2009. Le package qu’il a reçu à l’occasion de son arrivée chez Fortis, à savoir un salaire annuel brut de 800 000 euros complété par un éventuel bonus fait scandale alors que la banque venait d’être secourue grâce à l’argent public.

Fortis n’a pas manqué de se défendre, indiquant que De Boeck gagnait exactement le même montant que lorsqu’il était vice-président d’ABN Amro, sa précédente fonction et précisant que le fait que son salaire ne progresse pas était d’ailleurs inhabituel pour une promotion.

Un spécialiste des banques en difficulté

C’est à la Générale de Banque où il a effectué l’essentiel de sa carrière qu’il sera étroitement impliqué dans les opérations de fusion. En raison de cette expérience, il devient l’homme idéal pour mener à bien l’intégration future d’ABN Amro dans Fortis. En 2008, il est devenu clair que la transaction a échoué, en partie en raison de la crise du crédit et bancaires. "On n’est un banquier qu’après avoir fait 20 ans de crédit. Les autres, ce ne sont que des personnes qui connaissent un ou deux produits, mais ce n’est pas la même chose", déclare dans une interview celui qui a été entre 1999 à 2002 président de l’Association belge des Banques, association qui a fusionné en 2003 avec Febelfin.

Sur son profil public Linkedin, on apprend qu’il est siège aujourd’hui à de nombreux conseils d’administrations et qu’il est président, entre autres sociétés, de Allegro Investment Fund NV. Peut-être plus pour longtemps si sa nouvelle affectation devait être confirmée…

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