Les PERDANTS de 2011 en Belgique

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DEXIA

Le grand perdant est incontestablement Dexia, qui aura fait parler d’elle tout au long de l’année. Au deuxième trimestre, le groupe franco-belge a accusé la plus forte perte de son histoire, enregistrant une baisse encore plus forte qu’en 2008 ! Des résultats qui l’ont obligé à passer des provisions importantes pour accélérer son plan de restructuration et participer au plan de sauvetage de la Grèce. Il n’en fallait pas plus pour que les dirigeants renoncent à leurs bonus.

Sentant le vent tourner, des cadres financiers ont quitté précipitamment le navire. Et bien leur en a pris : rattrapée par la crise trois ans après avoir échappé de peu à la faillite, la banque franco-belge Dexia est allée tout droit vers un démantèlement, devenant ainsi le premier établissement bancaire européen victime de la crise de la dette.

Les salariés de la holding ont choisi de rejoindre Dexia Banque Belgique travaillent désormais pour une banque nationalisée, puisque l’État belge a pris 100 % du contrôle de la filiale de la banque de détail en Belgique pour 4 milliards d’euros. Néanmoins, le sort des employés de Dexia demeure incertain du fait de l’aggravation de la crise de la dette et la hausse des taux d’intérêt à long terme, qui compliquent le refinancement des États et des banques en difficulté.

Courtage Actions

« Depuis dix ans, l’activité de Brokerage en Belgique a dû faire face à un effondrement de son activité et de sa rentabilité sous l’effet d’un effritement graduel mais systématique de l’actif géré localement, d’une transparence montante grâce à Internet qui a rendu l’information disponible pour tous », a rappelé Thierry Beauvois, président du Belgian Finance Club, lors d’une conférence sur le sujet.

Les acteurs régionaux (Petercam, Banque Degroof, KeyTrade Bank, etc.) ont tous perdu des parts de marché ces dernières années, passant de 26 % en 2005 à 18 % en 2010, au profit des acteurs globaux, qui eux sont passés de 45 % à 68 % de parts de marché sur la même période. Conséquence : « Parmi les 10 plus gros traders sur Euronext Bruxelles, il n’y a aujourd’hui plus qu’un seul acteur belge : Citadel Securities », constate François Jurd de Girancourt, directeur de projets au sein du pôle Institutions financières de McKinsey France.

Crise politique belge

Il aura fallu attendre le mois de décembre pour que la Belgique sorte de la plus longue crise politique de son histoire, dépassant  le record du monde de la crise politique la plus longue détenu par l’Irak, avec 289 jours sans véritable gouvernement. Une instabilité politique qui n’aura pas été sans impact sur la place financière de Bruxelles, classée seulement à la 41e place mondiale dans la dernière édition de l’index Global Financial Centres.

L’impact s’est également fait ressentir au niveau des recrutements. Le cabinet Robert Half a constaté une diminution de l’indice semestriel du recrutement financier pour la Belgique. « L’impasse politique persistante dans notre pays et les messages contradictoires sur la croissance économique n’y sont pas étrangers », précise le bureau belge du cabinet de recrutement.

« En l’absence de gouvernement, nos clients sont restés prudents », confirme Karine Becker, managing partner au sein du cabinet Stanton Chase International. Difficile en effet, dans un tel contexte, d’attirer les talents, surtout dans le secteur de la finance. C’est encore plus vrai pour les profils juniors. « Cette crise politique a des conséquences sur l’emploi de la jeune génération », explique Felix de Clerck, à l’initiative de rassemblements où la jeunesse belge exprimait son ras-le-bol face à la crise politique.

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