OPINION : Pourquoi j'ai fini par accepter une baisse de salaire de 70 %

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Lundi marquait le premier jour de mon retour à la classe laborieuse. Plus d'un an après avoir quitté mon ancien job, j'avais enfin obtenu et accepté une offre pour retravailler dans l'industrie financière. Précédemment trader et sale chez un courtier new-yorkais, je vais bientôt me retrouver analyste dans une banque d'investissement régionale sur l'un des plus petits marchés du Sud-Est asiatique.

Pour être franc, me persuader de l'opportunité d'accepter cette offre a été aussi dur que le fait de la recevoir. D'une part, accepter le poste signifiait une réduction de salaire non négligeable (70 % !) mais également rétrograder par rapport à ma fonction précédente. En guise de consolation, la faiblesse du taux d'imposition et du coût de la vie dans mon nouveau pays devrait m'aider à mieux faire passer la pilule.

Ma carrière sur le trading desk touche donc à sa fin et je commence comme un novice dans une fonction différente. Ce fut l'un des plus grands obstacles dans ma tête. Pendant que mes copains, suffisamment chanceux pour passer au travers des licenciements sont passés à des fonctions senior avec davantage de responsabilités, moi je régresse et repars de zéro.

Mais après tout, je suppose que ce n'était pas vraiment le problème : un autre semestre sur le marché de l'emploi aurait suffi à me faire ressembler à un jeune diplômé sans expérience sur le marché où je travaillais avant.

Malgré tous les inconvénients de cette fonction, mon besoin d'une certaine stabilité professionnelle a pris le dessus. Accepter cette offre signifiait la fin d'une recherche d'emploi fastidieuse. Finis les courts trajets en avion et les séjours dans des chambres d'hôtel économiques à mes frais (je ne suis pas tombé sur des sociétés qui paient le voyage des candidats). Finis aussi les entretiens infructueux et le fait d'avoir à répéter le processus tous les quinze jours.

Avant les turbulences de l'année passée, la liberté et la capacité financière de planifier avec certitude ses vacances ne paraissaient pas aussi luxueux que ça l'est aujourd'hui Et le chèque de règlement ! Que ce sera bien de ne plus avoir à puiser dans mes économies chaque mois pour rembourser mon prêt étudiant...

Un facteur supplémentaire que je dois prendre en compte dans cette offre est que je ne peux pas occuper provisoirement cet emploi en attendant l'année prochaine que le marché s'améliore. Étant donné que je ne travaillais pas depuis un an, et que c'est pour moi une nouvelle fonction, j'ai besoin de rester au moins deux ou trois ans. Je ne veux pas prendre le risque d'amputer mon CV à court terme.

Ce n'est pas une décision facile à prendre : il m'a fallu une semaine pour me convaincre de le faire. En fin de compte, la raison essentielle pour laquelle j'ai accepté cette offre, c'était parce que cela me donnait une chance de rester dans un secteur que j'ai appris à apprécier au fil des ans et dans lequel j'aimerais faire une carrière à long terme.

Pour moi, la seule chose pire que de redémarrer à un poste subalterne dans une fonction différente est de redémarrer à un poste subalterne dans une industrie différente.

L'article original est paru sur notre site Singapour.

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