Entretien d'embauche : comment déjouer les questions pièges

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Fabrice Coudray

S'il est l'occasion unique de présenter de vive voix son expérience et ses compétences, l'entretien d'embauche est également le moyen pour le recruteur d'en savoir plus sur le candidat qu'il rencontre, et ce jusqu'à tester sa réaction face à des questions pièges. Pour déjouer les plus fréquentes, voire les plus inattendues, voici l'exemple de 5 questions épineuses, couramment posées par les recruteurs, et autant de stratégies pour bien s'y préparer.

1. Parlez-moi de vous

Souvent posée en début d'entretien, cette question déroute bien des candidats. Pourquoi ? Pour la simple raison qu'elle est tellement vaste qu'il est souvent difficile de savoir si le recruteur cherche à engager la conversation ou à connaître les grands traits du parcours professionnel présenté. Dans ce cas, il est plus sûr de s'en tenir à ses compétences professionnelles et à ses connaissances.

La réponse idéale devra être concise, mais contenir suffisamment d'informations sur ses aptitudes et son expérience, notamment celles en lien avec le poste à pourvoir, pour que le recruteur puisse cerner ce que le postulant pourrait apporter à l'entreprise. Une réponse trop vague dépourvue d'exemples concrets pourrait amener l'employeur potentiel à se demander si le candidat correspond bien au profil recherché.

Le recruteur a avant tout besoin d'être rassuré, avec un discours clair et fluide et une réponse concise, du genre : J'ai exercé ma carrière en entreprises puis dans le conseil. J'ai toujours été attiré par la culture de la réussite combinée à une prise de risques intelligemment calculée. Je suis offensif et curieux. Comme mon relationnel est aisé, je suis rapidement devenu manager, une mission de management qui me tient particulièrement à cceur.

2. En quoi le poste à pourvoir vous intéresse-t-il ?

En posant cette question, le recruteur cherche à s'assurer que la démarche de son candidat ne s'inscrit pas dans le court terme. Il recherche des personnes motivées par le poste à pourvoir et par la société qui le propose. Par conséquent, il s'agit de faire comprendre dans la réponse que l'on s'est donné les moyens de mieux connaître l'entreprise avant de se présenter à l'entretien - c'est le préalable minimum - et que ses compétences correspondent bien à celles qu'exige le poste considéré. Il est opportun alors de montrer que l'on est sélectif dans sa recherche d'emploi.

Une stratégie complémentaire pour répondre à cette question ? Celle d' ouvrir le sujet en expliquant à son interlocuteur que l'on s'intéresse non seulement à l'entreprise et au contenu du poste, mais aussi à ses produits, à ses hommes, à sa culture d'entreprise, à l'évolution de la fonction visée à 1, 2 et 3 ans... Dans cette démarche, le (la) candidat(e) sera ainsi amené(e) à poser des questions au recruteur, prouvant ainsi son réel intérêt. Sans oublier également d'expliquer que ses réalisations et expériences passées correspondent à la fonction, ni de souligner que, de son côté, le poste et ses évolutions futures permettront au candidat de déployer ses compétences.

3. Quels sont vos points faibles ?

En règle générale, les demandeurs d'emploi cherchent à transformer un point négatif en point positif. Je suis un bourreau de travail est un exemple classique. Ce type de réponse peut toutefois donner l'impression d'avoir été préparé à l'avance ou sonner faux... Une stratégie possible pour parer à cette question ? Parler plutôt de ses points de vigilance , tels que des carences techniques et/ou relationnelles sur lesquelles on cherche à se perfectionner. Il s'agit là de faire une autocritique honnête et d'expliquer en toute humilité comment l'on travaille sur ces points pour les améliorer, ce qui montre une capacité de rebond ! Enfin, souligner aussi que l'on a su tirer des leçons des difficultés rencontrées sera une autre réponse appropriée... Un possible exemple vécu : Pour surmonter mon appréhension à chaque présentation orale en public, je suis actuellement une formation de prise de parole en public.

4. Combien de fois par jour les aiguilles d'une montre se chevauchent-elles ?

Face à ce type de question déconcertante, un mot d'ordre : ne pas se laisser envahir par le stress ! Le recruteur cherche simplement à tester le sens de l'analyse critique et attend avant tout une réponse sincère et construite. Selon l'interlocuteur rencontré dans l'entreprise, on pourra jouer sur l'humour ou retourner la question sans y répondre en disant par exemple : Le temps n'est pas une obsession. Je ne regarde pas assez ma montre pour le savoir car je ne m'ennuie jamais.

En tout état de cause, il s'agit de prendre le temps d'analyser le problème, sans crainte de penser tout haut pour formuler une réponse logique. Même si l'on se trompe, les capacités de raisonnement qui transparaîtront pourront faire bonne impression sur le recruteur...

Dans ce cas, c'est la capacité d'improvisation qui est testée car celle-ci est souvent précieuse dans un contexte professionnel...

5. Avez-vous des questions ?

La bonne stratégie ici est de poser quelques questions ciblées au recruteur, véritable signe d'intérêt pour le poste à pourvoir. À savoir des questions, par exemple, sur la culture d'entreprise, sur les critères choisis pour juger le collaborateur durant la période d'essai, le principal écueil du poste... Et pourquoi ne pas demander également au manager rencontré les raisons qui l'ont poussé à rejoindre l'entreprise ?

Pour se préparer à cette question, un mot d'ordre avant l'entretien : penser à 10 choses que l'on aimerait savoir à propos de l'entreprise et sur des aspects de la fonction qui paraissent obscurs . Il sera ainsi plus facile de demander : Qui sera mon responsable ? Quel est sont parcours ? ou Que pensez-vous de l'acquisition de la société X par le principal concurrent de votre entreprise ? . Il est bien sûr possible que des réponses à certaines de ces questions aient été apportées au cours de l'entretien, mais il y aura aussi de fortes chances qu'il en reste quelques-unes à poser à la fin.

Une autre consigne ? Attention aux questions qui sont en revanche à différer... Il est totalement inutile et même risqué de chercher à obtenir dans l'immédiat des informations sur le salaire, les avantages ou les congés proposés avant qu'une proposition d'embauche n'ait été faite. Dans le cas contraire, le recruteur risque de croire que seuls ces éléments intéressent le candidat...

Fabrice Coudray est directeur chez Robert Half International France.

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