Sauve-qui-peut chez Credit Agricole CIB ?

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La banque d'investissement du groupe Credit Agricole est-elle victime du syndrome UBS, qui a perdu plus de 80 banquiers d'investissement en à peine 5 ans ?

Les rangs continuent de s'éclaircir

La loi des séries semble avoir en tout cas bel et bien frappé la direction de la BFI française. Le dernier départ en date à Paris est celui d'Andrea Bozzi, en charge de l'activité fusions et acquisitions, parti pour Credit Suisse. Un départ suivi, quelques jours plus tard, de celui d'Albert Momdjian, à la tête de la BFI pour la région Moyen-Orient et Afrique depuis 2006 (Financial News).

Ces démissions font écho à celle de Patrick Valroff en décembre dernier quelques jours avant l'annonce du plan stratégique du groupe, remplacé par Jean-Yves Hocher, quasi vierge de toute expérience en BFI ; et celle également de François Khayat, alors à la tête de l'activité Global Investment Banking et parti pour Lazard en septembre dernier.

Recentrage vers la banque de détail mal vécu

Le recentrage vers la banque de détail, engagé depuis deux ans, et largement confirmé en mars lors de la communication du plan stratégique aux investisseurs n'a pas été de nature à rassurer les patrons de la BFI.

Andrea Bozzi, comme François Kayat avant lui, auraient aimé avoir plus de ressources. Mais ce n'est pas, aujourd'hui, la priorité du groupe, a déclaré au journal "un bon connaisseur de la banque" à La Tribune début mai.

Problème de gouvernance

Un chasseur de têtes qui connaît bien la banque nous a confié sous couvert d'anonymat que les gens partent surtout en raison d'un problème de gouvernance. Les nouveaux dirigeants de Cacib ne comprennent pas les métiers de la banque d'investissement et ni leurs enjeux actuels. C'est pour cette raison d'ailleurs qu'ils sont aujourd'hui incapables de recruter à l'extérieur, et aussi parce qu'ils ne veulent pas payer !.

Rappelons que la dernière synthèse sur les rémunérations 2010 place Cacib comme la plus mauvaise payeuse parmi les banques françaises.

Aussi, en passant, on voit mal comment dans ce contexte Cacib pourra remplir son objectif d'augmenter de 15% ses effectifs front office dans le fixed income.

Promotions clés en interne

Dans l'immédiat, les départs profitent au moins en interne, en particulier aux jeunes quinquas à l'instar de Thierry Simon, qui prend la tête du pôle coverage, d'Alix Caudrillier, qui devient responsable de l'activité global investment banking (communiqué).

La fuite des profils les plus seniors de la banque ne semble pas (encore ?) faire tâche d'huile sur les équipes. En 2010, la BFI a même continué à se renforcer. Au 31 décembre, elle employait 12450 personnes, soit environ 300 personnes de plus qu'un an plus tôt et, à 25 personnes près, autant qu'à la fin 2008, selon les chiffres communiqués dans les rapports d'activité annuels.

Pour autant, le malaise demeure. On attend toujours de comprendre les objectifs et les plans stratégiques de la nouvelle direction [...]Force est de constater que les salariés ont de plus en plus de mal à avoir un esprit d'entreprise chez CA CIB où il n'y a aucune visibilité à court, à moyen et long terme. Belle navigation à vue pour tout le monde, commentait récemment une internaute, employée de la banque, sur notre site.

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