Finance, le tour aux femmes !

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Les propos, plus que limites, récemment tenus par Josef Ackermann, le patron de Deutsche Bank, le confirment : être une femme ne s'est jamais révélé être un super atout pour percer en banque.

Pour ceux qui en doutent encore, rappelons que 3 milliards d'euros de bonus ont été distribués par les banques françaises l'an passé et que les femmes représentent seulement 5% des bénéficiaires, selon le récent rapport de Michel Camdessus.

Une autre étude, cette fois réalisée par le Financial News, révèle que les femmes en finance touchent un salaire 55% moins élevé que leurs collègues masculins et si l'on prend en compte les bonus, la différence est de 79%.

Femme et mère de surcroît, là ça commence à être carrément sportif. Vous me direz, ce n'est pas spécifique à la finance. Vrai, une récente étude du cabinet Regus montre par exemple que 31% des recruteurs, tous secteurs confondus, hésitent à employer des salariées avec enfants. Les chefs d'entreprises françaises sont 41% à les imaginer moins investies que leurs collègues (<a href="https://www.lexpansion.com/carriere/les-meres-de-famille-effrayent-les-recruteurs_247461.htmlL'Expansion). C'est dire si les bons vieux clichés ont la vie dure.

Sur le constat, on va en rester là. Histoire de ne pas plomber l'ambition des professionnelles motivées (si, si, il y en a !). Car voici au moins deux grandes raisons d'espérer.

1 - Vous n'êtes pas seules

Réseaux professionnels, sectoriels, d'entreprise, des grandes écoles, via des réseaux sociaux sur Internet... Les femmes ne manquent pas de relais.

La dernière tendance est la fédération de réseaux. Ainsi à l'initiative des réseaux de femmes cadres de BNP Paribas (Association BNP Paribas MixCity) et de Société Générale (Féminin by Société Générale), les femmes du secteur banque et assurance ont créé Financi'Elles, L'association, qui sera officiellement lancée le 24 mars 2011, regroupe les réseaux de femmes, formels et informels, de huit entreprises du secteur (AXA, Barclays, BPCE, BNP Paribas, Caisse des Dépôts, Crédit Agricole CIB, HSBC et Société Générale). Du coup, à peine née, l'association rassemble d'emblée 1.500 femmes.

Pour Louise Beveridge, présidente du réseau Mix City de BNP Paribas, L'idée de Financi'elles est de se soutenir, de se renforcer, de devenir plus visibles. De faire évoluer le visage de la finance aussi, car franchement, quand on dit "banquier", qui aujourd'hui pense à une femme ? (Madame Figaro).

Parallèlement, on constate une internationalisation des réseaux ainsi qu'une spécialisation sectorielle. Ainsi la Women In Listed Derivatives (WILD), lancé fin 2009 à Chicago, a ouvert une antenne à Londres en décembre dernier (Automatedtrader.net). On se situe ici, non pas dans une démarche de lobbying, mais davantage dans une optique de mentoring.

Autre exemple : l'association américaine 100 Women in Hedge Funds, orientée cette fois vers l'éducation et l'activité caritative, vient de fêter ses 10 ans et rayonne désormais sur quatorze villes dans le monde (communiqué).

2 - La période crise / post-crise est opportune !

La montée en force de la problématique des quotas crée sans nul doute un terrain favorable aux femmes qui visent des fonctions de direction. Mais il y aurait mieux, en tout cas plus indolore et redoutablement plus efficace que les quotas pour faire bouger les lignes.

D'après une étude de la Harvard Business Review, menée par Susanne Bruckmüller et Nyla R. Branscombe, les périodes de crise constituent une fenêtre d'opportunité plus grande pour les femmes leaders pour s'imposer et pour changer durablement les mentalités à leur égard.

a) Elles ont de meilleures chances d'accéder au pouvoir.

Tant qu'une société dirigée par des hommes est performante, l'intérêt de changer le dirigeant homme par une femme est quasi nul. Phénomène connu sous le nom de Glass Cliff . En revanche, lorsque l'entreprise va mal, l'option d'une femme leader l'emporte. De nouvelles opportunités pour les femmes leaders se dessinent en temps de crise mais cela renforce aussi leur précarité (il est plus dur /risqué de remettre sur pied une société proche du dépôt de bilan que de faire tourner une machine bien huilée).

b) Une fois à la direction d'une entreprise, les femmes contribuent à faire changer les perceptions à leur égard.

Toujours selon les résultats de cette étude, quand une entreprise en crise est dirigée par une femme cette fois, le phénomène ne s'inverse pas (on ne cherche pas à la remplacer par un leader masculin). Ce qui prouve qu'avec l'habitude, les femmes leaders ne se verront plus seulement introduites dans des schémas de rupture, elles pourront aussi prétendre à la direction d'entreprises florissantes. Leur arrivée introduit de la normalisation. Un phénomène vertueux en quelque sorte.

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