Pourquoi la suppression du desk U.S. commodities de BNP Paribas n'est pas vraiment une surprise...

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Tired or stressed businessman sitting on the walkway in panic digital stock market financial background

Peu de temps après l'annonce de la fermeture de son activité de trading pour compte propre, BNP Paribas devrait également fermer son bureau américain à New York spécialisé dans le trading sur dérivés matières premières et qui emploie 16 personnes, selon une source citée par l'agence Bloomberg. La banque devrait toutefois conserver une force de vente outre-Atlantique, les services proposés par ce desk (énergie, métaux et certains produits agricoles) s'effectuant désormais depuis Londres ou Singapour.

« Je crois qu’il y a plusieurs facteurs à prendre en compte dans cette décision : meilleure gestion des coûts et de la rentabilité de ses activités sur les marchés, décision récente de la banque d’arrêter les financements de projets de schiste et de sables bitumineux, évolution défavorable du titre depuis un peu plus d’un an, et sans doute le choix de réallouer des ressources à d’autres activités jugées plus rentables », avance Charles-Alexandre Houillon, auteur du Guide pratique des marchés de matières premières et de l'énergie.

« A noter que les activités commodities aux US ont déjà fait l’objet de réductions d’activité et d’effectifs il y a quelques années à la BNP », poursuit Charles-Alexandre Houillon. « Cela dit, c’est également une tendance de fond : d'autres banques ont sensiblement réduit leurs activités sur les commodities, comme par exemple Barclays Plc, Deutsche Bank AG et Credit Suisse qui ont abandonné le négoce d'énergie ».

Des desks qui coûtent cher

« Il s'agit ici d'une conséquence inévitable, voire attendue, de la crise dont souffre le secteur des matières premières dans le domaine bancaire », nous explique un trader commodities français expatrié à Londres ayant souhaité conserver l'anonymat. « Le problème est assez simple à comprendre. Les matières premières sont un secteur hautement spécialisé au même titre que les marchés émergents ».

Un desk sur matières premières coûte très cher dans une banque. Il est très difficile de le rentabiliser et cela requiert la présence de fortes compétences associées à une excellente gestion du risque et du coût. « Lorsque le cycle des cours était haussier, ces considérations étaient relativement simples à gérer mais ce n'est plus le cas », poursuit notre trader. Cela dit, le coût n'est pas la seule raison qui motive la fermeture d'un desk de trading commodities...

Des dérives 'politiques'

Il convient aussi de souligner un mal qui a profondément affecté les desks matières premières depuis quelques années : leur récupération pour des fins politiques. « Comme il s'agit de desks qui fonctionnent beaucoup à travers des efforts de "cross-selling", vous avez des managers qui n'hésitent pas à s'en emparer pour faire avancer leurs plans de carrière peu importe les conséquences sur les équipes concernées », confie le trader commodities.

Et de préciser son raisonnement : « cela provoque des cercles extrêmement vicieux où la politique se mêle à l'incompétence. Ce n'est pas toujours vrai mais cela est beaucoup plus fréquent qu'on ne veut l'admettre. Une fois que cette pratique commence à s'immiscer sur les desks, le point de non-retour est rapidement atteint ». D'où la volonté de certaines banques de tourner la page du trading sur matières premières.

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