La revanche d'un ex-banquier de SocGen contre son ancien patron, une décennie plus tard

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Comme le dit le proverbe, "ne vendez jamais la peau de l'ours avant de l'avoir tué ». Jeffrey Gundlach nourrit beaucoup de rancœur contre la Société Générale, et plus personnellement contre son directeur général Frédéric Oudéa. Ainsi, quand il tweete que "les mauvaises nouvelles n'arrêtaient pas chez SocGen" et que Frédéric Oudéa était "déterminé à laisser faire", il est peu probable que cela puisse être considéré comme une analyse objective. Mais le vrai indice est dans la fin acerbe du tweet où Gundlach relève que les problèmes actuels d’Oudéa sont la conséquence de "ses actions idiotes d'il y a dix ans".

Cela apparaît comme étant l'une des ruptures les plus exaltantes et amères de l'histoire récente du secteur bancaire; la succession d'événements malheureux qui se sont déroulés en 2009 et 2010, peu de temps après la promotion d'Oudéa au poste de CEO. L'une des premières actions du nouveau patron de la SocGen après sa prise de fonction a été de rencontrer un groupe de gestionnaires de portefeuille (dont Jeffrey Gundlach) de sa filiale américaine TCW et de leur dire qu'il n'était pas certain de vouloir rester dans le secteur de la gestion d'actifs. En relatant plus tard cet épisode devant le tribunal, Jeffrey Gundlach adopta un accent français humoristique, témoignant ainsi en core un peu plus du peu de respect mutuel qui régnait dans leur relation.

Cette réunion a eu lieu en septembre 2008. En décembre 2009, Gundlach avait été limogé par TCW après avoir constaté qu'il était devenu impossible de travailler avec le nouveau PDG. Presque immédiatement, 40 membres de son équipe d'investissement ont également démissionné et deux semaines plus tard, la création d'une nouvelle société de gestion d'actifs, DoubleLine, a été annoncée. Ensuite, les choses ont commencé à vraiment s'envenimer.

TCW (et par conséquent SocGen) a poursuivi personnellement Gundlach, l'accusant d'avoir volé des modèles d'investissement propriétaires et des listes de clients. Alors qu'ils recherchaient des preuves dans son bureau, ils ont également affirmé avoir trouvé de la marijuana et une collection "d'objets personnels" extrêmement embarrassante, dont les détails ont été fournis lors de points presse liés à l'affaire. Beaucoup à l'époque ont considéré cela comme un coup bas.Gundlach contre-attaqua en demandant une indemnité impayée et, après un procès acrimonieux de six semaines, les deux parties se mirent d'accord pour un montant non divulgué.

Quoi qu’il dissimule, le tweet d’aujourd’hui est l’une des rares exceptions à la règle généralement admise selon laquelle on ne parle pas en mal d’anciens employeurs. Frédéric Oudéa n’était pas le supérieur hiérarchique immédiat de Jeffrey Gundlach chez TCW, mais il était à l'époque PDG de la maison-mère et il a été clairement établi au fil des ans que Gundlach lui reprochait la tournure prise par les événements.

Cependant, lorsque ladite dispute a éclaté au grand jour il convient de douter qu’il soit vraiment avantageux de prétendre que vous vous êtes séparé à l’amiable. Et si vous rencontrez un succès sans précédent, comme le fondateur de DoubleLine (il pèse aujourd'hui 120 millions de dollars), vous pouvez vous offrir ce luxe. Vider son sac quand un ancien patron a connu un mauvais trimestre est certainement un plaisir dont il serait dommage de se priver. Mais ceux d’entre nous n'ayant pas encore d’entreprises pesant des milliards de dollars et n'ayant pas coupé les ponts de façon aussi spectaculaire devraient probablement suivre les conseils et rester professionnels. Au final, même Jeffrey Gundlach a décidé de supprimer son compte Twitter.

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