Quel est l'impact de l'Intelligence Artificielle sur votre job en finance ?

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Vous travaillez dans la finance et vous demandez quel peut bien être l'impact de l'Intelligence Artificielle (IA) ainsi que de son champ d'étude qu'est le Machine Learning (ML) sur votre job au quotidien ? Sachez que vous n'êtes pas le (la) seul(e) dans ce cas.

« L'IA peut certes automatiser certaines tâches routinières mais pas remplacer un humain sur l’entièreté de son poste et de sa fonction », rassure Julien Maldonato, associé innovation chez Deloitte. « Elle ne va pas aboutir à un remplacement des hommes par les machines mais va plutôt entraîner une évolution des métiers et des compétences ».

« Big Data et IA opèrent un changement dans nos manières de travailler et donnent naissance au collaborateur augmenté. Ce dernier, soutenu dans l’exécution de tâches complexes ou répétitives, peut alors acquérir de nouvelles compétences et/ou développer des services porteurs de valeur ajoutée », relève David Remaud, directeur marketing chez Dhatim.

Afin d'en savoir plus, nous avons compilé les résultats de différents rapports et analyses sur le sujet afin de vous donner quelques éléments de réponses par grands secteurs d'activité, que nous avons complétés par des témoignages de professionnels de la finance....

Vous travaillez  dans le trading...

L'Intelligence artificielle et le machine learning sont déjà une réalité dans les salles de marché. Le trading algorithmique prend en compte les sentiments, tendances et l'IA donne une probabilité approximative (en fonctions des périmètres) que telle ou telle transaction va monter ou descendre. Cela va engendrer par la suite une vente ou un achat.

« Ce sont des machines (algorithmes basées sur du machine learning) qui exécutent tous les jours des millions de transactions. Cela inclus le trading haute fréquence – leverage », explique Laurent Berro, lead consultant chez Capa Invest Softeam Consulting et lead data architect chez BNP Paribas Securities Services.

Le nouveau rapport de JP Morgan sur les problèmes liés à l'application du machine learning sur le trading algorithmique est fort instructif. Désormais, les algorithmes contrôlent les décisions clés de transactions, seuls quelques paramètres restant définis par les clients. Et comme les algorithmes de trading écrits par des humains ont tendance à devenir énormes et difficiles à manier, l'écrire automatisée d'algorithmes va finir par s'imposer afin de prendre en compte différentes contraintes, notamment réglementaires.

« Les interventions manuelles ainsi que les contrôles pré-codés ont permis de réduire les erreurs de traitement dans le processus de trading, sans pour autant réduire la pression exercée par la réglementation sur les marchés de capitaux », explique Joséphine de Chazournes, analyste chez Celent, société conseil spécialisée dans l'IT Finance. Bref, ce n'est pas vraiment une bonne nouvelle pour les traders qui se sont reconvertis dans le code.

Vous travaillez dans la gestion d'actifs ou de fortune...

Loin de constituer une menace, les Robo-Advisors sont plutôt une opportunité pour les institutions financières 'traditionnelles', en leur permettant de s’adresser à une population qui n’avait pas accès au conseil en investissement et d’augmenter ainsi le nombre de clients par conseillers.

Robo-Advisors et acteurs traditionnels ont donc intérêt à travailler de concert ou à structurer des partenariats afin de bénéficier des bonnes pratiques de chacun et d’en tirer des synergies. A ce sujet, des banquiers, assureurs et asset managers ont déjà commencé à prendre ce nouveau tournant et structurent des partenariats avec des Robo-Advisors comme Advize, Fundshop, Yomoni, Marie Quantier ou WeSave.

Pour beaucoup de professionneks l'IA fait déjà partie du quotidien. « Nous nous aidons de l'Intelligence Artificielle pour faire un maximum de simulations », explique Adina Grigoriu, ex-tradeuse sur produits dérivés qui a fondé et dirige Active Asset Allocation qui conçoit des solutions d'investissement via une plateforme digitale et emploie une équipe de 16 collaborateurs composée de profils spécialisés dans l'actuariat, le digital et l'allocation d'actifs.

Idem chez La Financière de l’Echiquier, première société de gestion française à avoir lancé un produit sur la thématique de l’intelligence artificielle via la création d'une nouvelle solution « actions internationales » investie dans des entreprises leaders en forte croissance qui développent ou bénéficient de l’intelligence artificielle.

Vous travaillez dans la finance d'entreprise...

Les fonctions transversales de l'entreprise sont trop souvent les parents pauvres de l'innovation, et s'ils sont concernés par la révolution digitale, la réalité des métiers n'a pas vraiment changé. Pourtant, les fonctions achats, finances et RH ont un potentiel de digitalisation énorme, grâce à l'Intelligence Artificielle.

« Nous assistons à une véritable révolution dans certains métiers comme les achats ou la comptabilité où des robots logiciels réalisent des actions pour le compte d'êtres humains », commente Thomas Bourgeois, CEO et co-fondateur de Dhatim. « Les assistants digitaux facilitent la vie des salariés en leur permettant de se consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée, d'augmenter leur performance et de fait optimisent les dépenses des entreprises ».

Vous travaillez dans l'audit-conseil...

« La robotique et l’automatisation sont également dans l’esprit de tous les consultants à l’heure où les clients, particulièrement dans le secteur des services financiers, cherchent à simplifier les processus et à réduire leurs coûts dans le back office », rappelle Corinne Oremus, directrice générale déléguée chez Vendôme Associés. Beaucoup de cabinets ont tendance à conseiller leurs clients sur des solutions d'IA sans nécessairement les maîtriser réellement, mais surtout sans avoir opéré eux-mêmes les transformations que ces technologies apportaient potentiellement à leur métier. 

« Or, les technologies d'analyse de données et d'intelligence artificielle ont vocation à transformer en profondeur le travail des consultants les libérant des tâches d'agrégation et d'analyse des données en particulier permettant un recentrage sur la relation avec les clients et sur les prestations à très haute valeur ajoutée », expliquent Matthieu Gufflet, CEO d'Epsa Groupe et Thomas Bourgeois, CEO de Dhatim.

Réussir cette intégration constitue aujourd'hui un véritable enjeu le secteur du conseil, mais pas seulement.« C'est l'ensemble des métiers des prestations intellectuelles qui devront d'ailleurs suivre ce chemin, que ce soit dans les domaines du droit, de la finance ou du conseil. Cela requerra une complémentarité de compétence souvent absente chez les acteurs traditionnels. Cela nécessitera aussi de remettre en cause toutes ses façons de faire pour inventer les prestations du 21ème siècle », concluent-ils.

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Credit photo : PhonlamaiPhoto / gettyimages

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