Macron tente d'attirer les géants du private equity malgré les manifs des Gilets jaunes

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Paris, Arc de triomphe

Le président Macron a convié mercredi et jeudi à Paris des géants du capital-risque afin de trouver des investissements pour les startups tricolores, dénicher et aider à développer certaines compétences techniques et éviter ainsi la fuite des cerveaux, ont rapporté plusieurs sources à Reuters.

Une quarantaine de fonds ont donc fait le déplacement pour cet road-show "non officiel" prévu de longue date, et ce malgré les débordements autour des manifestations des “Gilets Jaunes”. « S'ils sont venus c'est que les mesures que nous avons prises il y a 18 mois portent leurs fruits » a précisé ce mercredi Benjamin Grivaux, porte-parole du gouvernement, qui y voit « un signe d'optimisme à l'heure où les ingénieurs français partent vers la Silicon Valley ».

Si vous travaillez dans le private equity (ou pour une startup de la fintech en quête de capitaux étrangers), cela pourrait constituer une bonne nouvelle. A partir des recherches que nous avons menées, voici donc les caractéristiques de ces fonds dont certains investissent déjà en France et n'hésitent pas pour ce faire à recruter des talents sur place...

Recrutements et promotions en cascade

Ces géants du private equity que sont Andreessen Horowitz, Sequoia Capital, General Atlantic, KKR ou encore la branche private equity de Goldman Sachs n’en sont pas à leurs premiers pas sur l’Hexagone, à l'image de KKR qui dispose d'un bureau avenue Montaigne à Paris et a déjà investi dans plusieurs pépites de la French Tech dont la startup de réservation de billets Captain Train, la banque d'images Fotolia fondée par des Français, l'éditeur francilien de solutions logicielles de gestion des achats Ivalua ainsi que l'hébergeur cloud OVH, actuellement en mode recrutement.

« La France est un marché important pour KKR et nous voyons des opportunités significatives dans un certain nombre de secteurs », Johannes Huth, responsable Europe chez KKR. Pour ce faire, le fonds américain n'a pas hésité à nommer début janvier Jacques Veyrat, 55 ans, dirigeant fondateur de la société d’investissement Impala et ex-président du groupe de négoce Louis Dreyfus, comme conseiller pour ses investissements en France.

En avril, c'est l'entrepreneur milliardaire Xavier Niel, le fondateur d'Iliad, qui a été nommé administrateur, devenant ainsi le seul représentant européen au conseil d'administration composé exclusivement de nord-américains. Guère étonnant dès lors que les fonds de capital-risque ayant fait le déplacement se rendent cette semaine dans l’incubateur géant Station F financé par... Xavier Niel.

Au delà des recrutements, les Français qui travaillent dans ces fonds connaissent pour certains des progressions rapides, à l'image de KKR qui, dans le cadre de son renforcement en France, a promu Edouard Pillot (Essec) et Vincent Policard (IEP-Paris, MBA HEC, master droit Paris-II) comme members ou bien Nicolas Gheysens (IEP-Strasbourg, Essec) et Jean-Pierre Saad (HEC, American University Beyrouth) comme managing directors.

La French' touch appréciée

Au delà de convaincre ces fonds d’augmenter leurs investissements dans l’Hexagone, l'objectif pour Paris consiste à mettre en avant les atouts d’un écosystème mêlant grandes écoles, chercheurs et accélérateurs et incubateurs de jeunes pousses afin de faire naître des collaborations des deux côtés de l’Atlantique.

Les entrepreneurs français Cyril Paglino et Andréa Riom en savent quelque chose. Ils ont lancé en septembre Starchain Capital, un fonds d’investissement créé en septembre 2017 et exclusivement dédié au secteur des crypto-actifs, protocoles décentralisés, et projets utilisant la Blockchain. Basé entre San Francisco, Vancouver et Paris il est l’un des 150 premiers fonds internationaux consacrés à ce secteur, et le premier avec une équipe exclusivement française.

Après 12 mois d’activité, l'équipe de Starchain Capital compte 5 personnes (aux profils plus ingénieurs que financiers aux dires de son fondateur) a réalisé une demi-douzaine d'investissement, le plus souvent aux côtés des fonds américains les plus aguerris comme Sequoia Capital, A16Z, Polychain Capital, Bain Capital ou encore Metastable.

D'autres entrepreneurs français ne devraient pas tarder à bénéficier de la manne des fonds américains. « Les résultats de notre baromètre semestriel de l’investissement dans les entreprises innovantes témoignent du regain d’intérêt des investisseurs étrangers pour nos entreprises, notamment celles appartenant au secteur du numérique », relève Franck Sebag, associé chez EY, rappelant que la levée la plus importante au premier semestre 2018 est celle opérée par la PME française de jeu vidéo Voodoo avec 169 millions d’euros levés auprès de... Goldman Sachs.

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Credit photo : gettyimages

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