Petit guide à destination des banquiers de la City qui veulent revenir à Paris...

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Dans le sillage du Brexit et des délocalisations des équipes de vendeurs et traders de la City vers Paris, un certain nombre de banquiers londoniens (dont des expatriés français) s'apprêtent donc à (re)venir dans la capitale française. Pas facile néanmoins de se fondre dans la vie parisienne après des années passées dans la capitale britannique souvent louée pour son grand dynamisme par les professionnels de la finance qui y vivent et y travaillent.

Pourtant, Paris ne manque pas de charme, comme l'a bien compris Bank of America qui a décidé de vanter dans une brochure interne les atouts de la Ville Lumière à ses employés. Derrière les images quelque peu stéréotypées véhiculées par la banque américaine, nous avons demandé à des banquiers et des recruteurs en finance basés à Paris quels étaient les conseils qu'ils donneraient aux nouveaux arrivants et leurs familles qui souvent font le déplacement avec eux...

Vous n'êtes pas seul  !

Pour commencer, sachez qu'avant vous beaucoup d'autres ont franchi le pas (ou du moins traversé la Manche). « Les banquiers seniors n'ont pas attendu le Brexit pour quitter Londres. Beaucoup sont rentrés avant », rappelle un ex-senior banker de chez JPMorgan revenu à Paris monter sa société fintech.

« Si vous êtes le seul membre de votre équipe à avoir accepté de venir sur Paris, tâchez de sympathiser sur place avec ceux qui avant vous ont travaillé à Londres. Ils pourront vous aider, notamment dans les démarches administratives relatives à votre nouvelle installation », conseille un recruteur en finance basé dans la capitale française.

Car un retour d'expatriation ne s'improvise pas. A ce sujet, une grande majorité des « impats » porte un jugement sévère sur les administrations  au niveau des démarches de retour. « Il est plus difficile de rentrer que de partir. La méconnaissance des démarches à accomplir ainsi que les difficultés à trouver l'information compliquent d'autant l'installation en France », déplore Hélène Conway-Mouret, sénatrice et auteure du rapport toujours d'actualité intitulé Retour en France des français de l’étranger.

Vivre à l'heure anglaise ? Yes Sir...

Vous venez de vous installer et Londres vous manque déjà . En dépit des apparences, il est tout à fait possible de vivre à Paris... à l'heure anglaise. Tout le monde connaît le tube de Sting, Englishman In New York, mais qu'en est-il des sujets de sa Majesté à Paris ? Comment nos compatriotes britanniques sont-ils accueillis dans la capitale française ?

Dès leur arrivée on ne saurait que trop leur conseiller d'aller faire un saut à l'ambassade du Royaume-Uni en France dont le service des visas répond à la demande de ressortissants britanniques et étrangers. Saluons au passage l’initiative de Business France, l’agence nationale chargée du développement des exportations et des investissements internationaux en France, qui l'an dernier a lancé le portail Welcome to France – Helping you to settle in ayant pour mission de guider les talents étrangers et leur famille, en mobilité professionnelle, dans leurs principales démarches d’expatriation en France.

Côté networking, la Chambre de commerce franco britannique organise régulièrement des événements sur des thèmes d'actualité (comme par exemple le Brexit !). Le British Council qui est l’agence britannique internationale dédiée aux domaines de l’éducation et des relations culturelles, a lui aussi pignon sur rue à Paris. Enfin, il existe des réseaux d'expatriés anglais à Paris (ex : expat.com), idéal pour faire des rencontres.

Et la petite famille ?

« Dans la vie de tous les jours, Paris regorge d'adresses 100% british », rappelle un banquier français passé lui aussi par Londres. Votre conjoint nostalgique de la vie londonienne (s'il ne travaille pas ou est en recherche d'emploi) n'aura ainsi que l'embarras du choix entre les nombreuses enseignes britanniques qui pullulent dans la capitale :alimentation (Marks & Spencer), mode et déco (Paul Smith, Burberry, Laura Ashley...), librairies (WH Smith, Shakespeare & Co, Village Voice...) et autres salons de thés (Rose Bakery, Bread & Roses, The Tea Caddy...).

Après votre travail, vous pourrez de votre côté compter sur la présence de très nombreux "pubs" (The Frog & Rosbif, The Bombardier, The Bowler...) dans la capitale, passage obligé à la sortie des bureaux des financiers nostalgiques de la City, ce qui pourrait finir par convaincre les plus récalcitrants de préférer Paris aux autres places financières (même si dans ce domaine Francfort a elle aussi des arguments !).

Quant à vos enfants, ce ne sont pas les écoles internationales qui manquent. Le lycée international Lucie-Aubrac à Courbevoie, au centre du quartier d'affaires de la Défense, a été inauguré début septembre, avec pour objectif d'attirer les familles des cadres souhaitant quitter Londres à la suite du Brexit. Deux autres lycées devraient voir le jour d'ici 2022. Il était temps que Paris rattrape son retard sur Francfort qui semblait avoir pris une sérieuse longueur d'avance dans l’accueil des" Brexit kids".

Vous avez un scoop, une anecdote, un conseil ou un commentaire que vous aimeriez partager ? Contact : tiochem@efinancialcareers.com

Credit photo : frimages / gettyimages

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