Brexit : ces petites places financières qui pourraient faire de l'ombre à Paris et Francfort

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Dramatic sky and Eiffel tower in Paris

Les grandes banques américaines ont d'ores et déjà identifié les places financières de Paris et Francfort comme leurs principales destinations post-Brexit. Mais Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs, a récemment déclaré que les deux villes n'avaient peut-être pas encore l'infrastructure ni les effectifs réglementaires suffisants pour gérer l'arrivée conjointe de trois ou quatre banques d'importance mondiale telles que Goldman.

Et le patron de la prestigieuse banque américaine de préciser que des ajustements seront nécessaires. Au profit notamment de places financières européennes plus modestes. Ainsi, Goldman Sachs s'est lancé dans une campagne visant à rapprocher les banquiers d'investissement londoniens des clients de villes européennes comme Milan, Stockholm et Madrid.

Voici donc les particularités de ces différentes places financières de taille intermédiaire où vous pourriez envisager de travailler si vous voulez bénéficier à plein de l'effet Brexit, sachant que chacune d'entre elles offre des débouchés différents. Ainsi vous privilégierez la gestion d'actifs et le réglementaire à Dublin, ou bien les fonds d'investissement et les assurances à Luxembourg...

DUBLIN

Selon une étude de Reuters publiée fin mars et menée auprès de 119 établissements financiers implantés en Grande-Bretagne, plus de 600 postes pourraient être relocalisés à Dublin, faisant d'elle la troisième destination post-Brexit derrière Paris et Francfort.

L'été dernier, Barclays a finalement préféré Dublin à Francfort pour installer son centre européen post-Brexit, sachant qu'elle compte en Irlande déjà près de 120 employés. Ses effectifs dans le pays devraient augmenter de 100 à 150 employés supplémentaires.

Dublin attire également les gestionnaires d'actifs. Le géant américain de l’asset management Legg Mason envisage de créer une société de gestion à Dublin, selon The Irish Times. Amundi pourrait elle aussi déplacer une partie significative de ses effectifs londoniens.

LUXEMBOURG

Plutôt discrète, la place de Luxembourg n'en demeure pas moins attractive pour tous les acteurs de la finance dans le contexte post-Brexit. Mieux : Luxembourg serait l’un des grands gagnants du Brexit, d’après une étude menée par KPMG. Il faut dire que le Grand-Duché est particulièrement prisé des assureurs de toutes nationalités présents au Royaume-Uni (AIG, Hiscox, RSA, CNA Hardy, FM Global, Tokyo Marine...).

Le Luxembourg reste également attractif pour les fonds d'investissement (ex : M&G Investments, Henderson), le private equity (3i, Blackstone, Carlyle) et la gestion d'actifs. Fin février, Jupiter Asset Management a confirmé fin février vouloir s'y renforcer.

AMSTERDAM

Un temps écartée à cause de sa législation sur le plafonnement des bonus, la capitale économique néerlandaise a décidé de dérouler le "tapis orange" pour attirer les financiers de la City. Son cadre de vie est apprécié par les expatriés de même que son quartier des affaires, le «Zuidas», situé non loin de l'aéroport international de Schiphol.

L'été dernier, la banque RBS, détenue en majorité par l’Etat britannique, a été l'une des premières à avoir choisi Amsterdam pour permettre à sa filiale de banque d’investissement NatWest Markets de pouvoir continuer à exercer dans l’UE. De même, Amsterdam a été préférée à Paris par la méga-banque japonaise Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG) comme siège européen pour ses activités de courtage.

MILAN

Certes, les transferts de banquiers vers Milan se font encore discrets. Goldman Sachs a déclaré vouloir augmenter ses effectifs milanais de 20 à 100 personnes dans un nouveau bureau près de la cathédrale Duomo, mais à ce jour seuls quatre d'entre eux sont venus s'installer.

Mais la capitale économique italienne ne manque pas d'atouts, notamment en terme de fiscalité, le gouvernement italien ayant introduit un nouveau régime fiscal pour les particuliers fortunés. Le programme Select Milano propose notamment d'implanter à Milan toute l'activité de compensation aujourd'hui à Londres et qui est menacée de délocalisation pour des raisons réglementaires.

« Il y a plusieurs raisons pour lesquelles Milan est le bon endroit. La concurrence de Paris et celle de Francfort sont rudes, mais elles vont peut-être se neutraliser l'une l'autre », a même jadis déclaré à Reuters l'ancien premier ministre italien Enrico Letta.

BRUXELLES

Si vous rêvez de travailler pour le Lloyd, alors il vous faudra rejoindre Bruxelles, le géant de l’assurance britannique avant choisi la capitale belge pour y établir sa base européenne. « Il faut espérer que ce choix de Lloyds of London servira d’inspiration à d’autres », précise dans nos colonnes Grégoire Tondreau, managing partner Belgium chez Roland Berger.

 

Crédit photo : AlxeyPnferov / gettyimages

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