Voici les raisons pour lesquelles Morgan Stanley devrait se renforcer à Paris...

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Adam Schwartz Morgan Stanley

La banque d'investissement américaine Morgan Stanley, qui emploie actuellement 120 banquiers à Paris, envisage d'accroître ses effectifs dans le sillage du Brexit. Environ 80 postes supplémentaires pourraient être transférés ou créés dans la capitale, a-t-on appris de source proche du dossier, confirmant une information parue jeudi dans Les Echos.

Ce renforcement des équipes parisiennes de la banque est plutôt une bonne surprise alors qu'en juillet dernier, une source proche du dossier avait indiqué que Morgan Stanley avait choisi Francfort comme base d'implantation dans l'Union européenne pour l'après-Brexit et que la banque prévoyait d'y transférer environ 200 personnes. Cependant, aucun calendrier de transfert n'est encore arrêté et ces chiffres pourraient encore évoluer (au profit de Paris, qui sait ?).

A ce jour, aucune information n'a filtré sur la nature des postes transférés et hormis quelques stages, aucun poste de banquier n'est actuellement à pourvoir en France sur le site carrière de Morgan Stanley. La banque américaine « pourrait transférer dans un premier temps des traders et des vendeurs mais également du personnel de back-office comme elle envisagerait de le faire pour Francfort», rapporte une source proche du dossier.

En attendant d'en savoir plus, voici les raisons les plus probables pour lesquelles Morgan Stanley a choisi de renforcer ses équipes à Paris :

Une présence historique

Pour commencer, Paris entretient avec les banques américaines une longue histoire. C'est par exemple le cas pour JPMorgan qui a ouvert un bureau parisien en 1868… soit il y a presque 150 ans ! « J.P. Morgan a toujours eu une place privilégiée en France. Elle est souvent considérée comme une banque française si bien qu’il serait facile pour elle de déplacer des gens là-bas », indique sous couvert d'anonymat un ex-banquier de J.P. Morgan à Paris.

Il en va de même pour Morgan Stanley. En effet, c'est à partir de la capitale française que la banque américaine a lancé sa conquête du marché européen il y a 50 ans. Soit dix ans avant de s'installer à Londres et près de 20 ans avant Francfort. Dans ces conditions, rien d'étonnant donc à ce que Morgan Stanley transfère vers Paris une petite partie des 5.000 personnes qu'elle emploie actuellement à Londres (sachant qui plus est que des banquiers et traders devraient également être transférés à Dublin, Madrid et Milan).

Une campagne Brexit 2018 très active

Faut-il voir dans la décision de Morgan Stanley le fruit des efforts des organismes de place pour attirer les établissements financiers de la City de Londres ? « Paris Europlace met en œuvre une stratégie organisée afin d'accompagner la relocalisation de milliers d'emplois sur le long terme annoncée par Bruno Le Maire lors de son déplacement à Londres début mars », indique Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace.

L'organisme de promotion de la place financière parisienne a par ailleurs réorienté sa campagne Brexit 2018 vers des actions sectorielles ciblées, dans les différents domaines de la gestion d'actifs, l'assurance, la fintech, le capital-investissement, la finance durable, les infrastructures de marché et l'immobilier. « D'ores et déjà, 3.000 à 4.000 emplois directs sont en cours de relocalisation, soit l'un des chiffres les plus élevés des différentes places financières européennes », note le délégué général de Paris Europlace

« Et la tendance devrait s'accentuer dans les mois à venir, au fur et à mesure que nous approcherons de la date de déclenchement du Brexit », poursuit Arnaud de Bresson. « La Place de Paris est désormais perçue comme "la place des clients", avec la présence de grandes entreprises internationales très actives sur les marchés, et d'un environnement réglementaire et fiscal devenu beaucoup plus attractif grâce aux nouvelles réformes initiées depuis l'élection d'Emmanuel Macron ».

L'effet Macron

Il va sans dire que les patrons des banques américaines ont plutôt vu d'un bon oeil l'arrivée d'Emmanuel Macron, un ex-banquier de Rothschild, à l'Elysée, et ne tarissent pas d'éloges à son sujet. De passage à Paris en novembre dernier, le patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a posté ce tweet :

Struck by the positive energy here in Paris. Strong govt and biz leaders are committed to economic reform and are well thru the first steps. And the food's good too!

— Lloyd Blankfein (@lloydblankfein) 14 novembre 2017

En mai dernier, lors du New York International Financial Forum (dont la prochaine édition aura lieu le 18 avril), le président français a indiqué sa feuille de route aux banquiers américains visant à accueillir les banques et les investisseurs américains en « faisant de notre économie une économie de succès, d’innovation et de compétences, en débloquant le marché du travail, en accélérant notre stratégie de soutien pour les entreprises, en encourageant l’initiative, les créations d’entreprises et l’innovation ».

Emmanuel Macron n'a pas hésité non plus à accueillir en grande pompe certains patrons des plus grandes banques d’investissement américaines comme Lloyd Blankfein (Goldman Sachs), Jamie Dimon (JP Morgan) ou Bank of America, à l’occasion du sommet Choose France ! en janvier dernier.

La présence d'autres banques US

Enfin et surtout, Morgan Stanley n'est pas la seule banque américaine à avoir prévu de relocaliser en France une partie de ses équipes londoniennes. Le patron de  JP Morgan, Jamie Dimon, avait ainsi annoncé en octobre dernier l'arrivée de 60 banquiers à Paris (soit une augmentation de 25% de ses effectifs), tandis que Bank of America a négocié l’acquisition d’espace de bureaux à Paris pour y installer son hub de trading post-Brexit  qui pourrait regrouper jusqu'à 400 traders.

Pour sa part, Citigroup a demandé une licence en France pour ses activités de marché, selon le patron de la banque américaine pour l'Europe, tandis que Goldman Sachs vient de procéder le mois dernier à un premier recrutement (un vendeur dérivés actions) pour son bureau parisien. Bref, de quoi faire de Paris le principal hub post-Brexit des banques américaines en Europe continentale...

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