Cobol, une valeur sûre plutôt qu'une voie de garage

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La carence de compétences dans ce vieux langage, très apprécié du secteur banque/assurance inquiète. Qui a dit que Cobol était démodé ?

Un pénurie structurelle sérieuse s'installe... On étudie Java, .Net, C++, mais plus personne ne connaît le Cobol ! On ne l'enseigne plus. Or il y a encore 50 mainframes qui tournent en Belgique dans de grosses entreprises, s'emporte Jacques Mortier, managing director d'A+ Group, chasseur de têtes spécialisé dans le secteur financier et l'IT. De plus, aller chercher des candidats à l'étranger pour ce type de fonction coûterait trop cher .

Ces systèmes, dont le secteur banque/assurance est particulièrement friand, continuent de fonctionner parfaitement. 80% de nos 13.000 modules sont écrits en Cobol. Et nous ne sommes pas une exception. Supprimer ce langage constituerait un coût colossal pour un avantage nul. Prétendre que Java ou .Net, eux, sont des langages ouverts, est totalement faux. Ce n'est que du marketing , relève René Fack, directeur IT du groupe assurance P&V, dont 90% des 120 développeurs sont des cobolistes.

Les recruteurs ont aujourd'hui 2 options : un recrutement ciblé sur la poignée d'écoles belges où Cobol n'a pas été rayé des enseignements, et surtout, le recours aux bodyshoppers (un tiers des effectifs pour P&V). En formant pendant 2 à 3 mois leurs jeunes recrues sur le business, dont 75 à 80% est basé sur des techniques classiques, les lacunes sont comblées. Rares toutefois sont les opportunités pour ce personnel externalisé d'être embauché, et quand cela se fait, c'est généralement après 2 ans.

Bien plus hype que has been !

On peut faire aussi de la méthodologie objet avec Cobol et le faire tourner sur autre chose que du mainframe , rappelle René Fack, balayant les clichés. Avant de pouvoir se plonger dans l'écriture du code, il est toutefois nécessaire d'apprendre un raisonnement spécifique et une structure de programmation. Ce qui en décourage plus d'un.

L'informatique évoluant d'une orientation mono à multi-plateformes, être coboliste, c'est aussi toucher aux technologies que d'aucuns considèrent comme plus attrayantes. Beaucoup de sites web sont connectés à un mainframe, toute une série de langages communicant avec Cobol. Un programmeur doit donc connaître les 3 niveaux : présentation (PhP, Java, Visual Basic,...), business (Cobol) et traitement des données (SQL) , prévient René Fack.

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