Emploi en finance : voici les premières tendances 2018 pour la France…

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Road with numbers 2018 toward an upward arrow

En ce début d’année, nous avons demandé à plusieurs recruteurs et chasseurs de têtes en finance de nous dessiner les premières tendances de l’emploi en finance en France pour 2018, que nous avons complété par les analyses faites via les études de rémunérations des grands cabinets de recrutement, désormais toutes publiées.

Si l'an dernier à la même époque la plupart des recruteurs en finance reconnaissaient qu’il y avait peu de visibilité sur le marché de l'emploi en finance du fait du Brexit, de l’élection de Trump et des présidentielles en France, les choses semblent beaucoup plus claires cette année. « Les prévisions de croissance 2018-2019 sont excellentes, et nous sommes résolument optimistes », indique Olivier Gélis, directeur général de Robert Half France à l'occasion de la publication de son étude de rémunérations 2018. « Alors que les entreprises renouent avec la création d’emplois, nous entrons dans une nouvelle phase : les candidats ont repris les commandes du marché du recrutement ».

« L’évolution positive des recrutements du secteur va se poursuivre en 2018, soutenue par une bonne dynamique mondiale et une attractivité française améliorée. Il faut néanmoins rester prudent sur la croissance française encore fragile », relève Olivier Coustaing, associé au sein du cabinet de chasse de têtes Alexander Hughes et basé à Paris, sur la base de ses récents échanges avec les états-majors français, mais aussi certains décideurs à l’étranger.

Voici donc les premiers contours – quitte à les affiner dans les semaines et les mois à venir – des nouvelles tendances observées ça et là en matière de recrutements...

Vers davantage de mobilité externe...

Dans l'étude de rémunération 2018 du cabinet Hays, si seulement un tiers des sondés ont changé de poste au cours des 12 derniers mois, ils sont 55% à envisager de quitter leur employeur en 2018. « Ceci est la preuve que la mobilité sur le marché des compétences restera importante l’an prochain », relèvent les auteurs de l'étude. Les trois principaux critères de choix sont identiques à ceux de 2017 mais l’ordre diffère. La rémunération passe en première position (61%), détrônant l’intérêt du poste (55%) et les perspectives d’évolution (47%).

Dans la finance, sur les recrutements opérés en 2017, les créations de postes sont devenues majoritaires par rapport aux années précédentes. « Les perspectives d’embauche concernant les profils financiers, tous niveaux de postes et types de contrats confondus, sont très optimistes. En 2018, les candidats seront au centre de l’attention », poursuivent les auteurs de l'étude. « Alors que les entreprises renouent avec la création d’emplois, les candidats ont repris les commandes du marché du recrutement », confirme pour sa part Olivier Gélis.

Brexit : un effet d'aubaine...

Les auteurs de l'étude de rémunérations 2018 de PageGroup France sont formels : face au Brexit, les acteurs financiers restent attentifs et font preuve de prudence. Mais, loin de subir cette conjoncture, ces derniers amorcent une nouvelle transition pour mieux redistribuer les cartes.

« Cette année, les banques françaises vont veiller à ne pas perdre leurs meilleurs talents alors que le Brexit pousse précisément certaines banques étrangères à s'installer à Paris… », anticipe pour sa part Antoine Morgaut, PDG de Robert Walters Europe et Amérique latine, en marge de la présentation de l'étude rémunération 2018 du cabinet de recrutement.

La BFI avide de spécialistes conformité

Après des années noires, les banques de financement et d’investissement connaissent un léger mieux. Elles effectuent quelques recrutements ponctuels et spécifiques sur le front-office mais leur marge et leur rentabilité s’amenuisent, alors que leurs obligations prudentielles se multiplient. Elles n’ont d’autre choix que de poursuivre leur restructuration en se dotant de profils transverses en lien avec la compliance. Tel est le constat fait par les recruteurs de PageGroup.

« La conformité un domaine où il y a une véritable pénurie de candidats et l'approche du Brexit risque de renforcer le phénomène : les BFI installées à Paris devront inévitablement s'équiper de fonctions de back- et de middle-office », avance Hélène Frasca, senior manager chez Walters People.

Surtout, il n’y a pas que dans la BFI que la conformité recrute. « Cela se vérifie également dans les banques privées, les établissements bancaires et les sociétés de gestion de patrimoine axées sur les produits de placement, la transmission de capital et la gestion de la fiscalité », constatent les experts du cabinet Hays. Partout, « des équipes entières sont maintenant dédiées à la gestion du risque », rappelle Antoine Morgaut, citant parmi les fonctions qui ont la cote le contrôle financier, la direction des risques ou bien encore les compliance officers.

Composer avec MiFID2 et les autres régulations...

L’arrivée de MiFID II en janvier 2018 est en soi une révolution, mais aussi un véritable saut dans l’inconnu. La priorité devient la vente de la recherche. « Ce qui passe par la nécessité de se doter d’analystes reconnus, bien classés. La chasse est donc ouverte, les packages salariaux aussi…. », rappelle Denis Marcadet, président du cabinet de chasse Vendôme Associés, dans son dernier baromètre Métiers & Tendances.

« Les régulations et contraintes réglementaires accrues vont soutenir la demande dans les métiers de la conformité et la gestion des risques », complète Olivier Coustaing. « Certifications du type CFA, CAIA et FRM, et forte agilité face aux marchés complexes et changeants seront essentiels ».

Experts et profils IT bienvenus en banque-finance...

« Les profils techniques et experts continuent de profiter des évolutions du marché de l’emploi », rappelle Isabelle Bastide, présidente de PageGroup France. « Les spécialistes de l’IT restent très demandés dans le Digital et les Systèmes d’Information quel que soit le secteur (notamment la banque), tout comme les profils commerciaux et les experts de la Comptabilité ou du Contrôle de gestion ».

Une forte appétence pour les Systèmes d’Information (SI) devient un prérequis indispensable pour les candidats dans les métiers du secteur Finance & Comptabilité, relève de son côté le cabinet Hays. Dans les grands groupes, ils doivent disposer d’excellentes qualités de communication afin de collaborer avec les équipes financières réparties dans plusieurs pays. De plus, pour certaines fonctions, les collaborateurs deviennent à la fois responsables d’une zone géographique et spécialisés dans un métier, l’objectif étant d’enrichir leur quotidien et de faire face aux aléas en renforçant leur polyvalence.

« Le développement fulgurant des technologies, notamment Blockchain, FinTech et Intelligence Artificielle, crée des sauts quantiques dans les processus bancaires et favorise un contexte concurrentiel », explique pour sa part Olivier Coustaing. « Cela pousse les acteurs financiers à accélérer leur transformation numérique et leurs collaborations avec les nouveaux acteurs au cœur de ces innovations ».

Conseil : des besoins de plus en plus ciblés

Cette année encore, le secteur du conseil ne faillit pas à sa réputation de gros recruteur. « Les transformations majeures dans tous les secteurs de l’économie favorisent naturellement le milieu du conseil, en particulier les Big Four, qui vont continuer à recruter fortement, tant aux premiers échelons qu’à des grades plus expérimentés », observe ainsi Olivier Coustaing.

Les recruteurs de PageGroup constatent quant à eux un fort développement des offres digitales et cyber dans le secteur du Conseil. « Dorénavant, les cabinets ont pour mission d’accompagner leurs clients à la fois dans leur transformation digitale mais aussi dans la sécurisation de leurs données sans négliger un important volet réglementaire et normatif ». Par conséquent, au-delà des profils techniques et fonctionnels, la demande de profils liés à la « gouvernance » ne cesse de croître...

Crédits photo : CreativaImages / gettyimages

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