Une année 2018 placée sous le signe de MiFID2 pour les professionnels de la finance

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MiFID2 : c'est bel et bien parti !

Ça y est : la directive européenne MiFID2 sur les marchés financiers est entrée en vigueur depuis le 3 janvier 2018. A ce sujet, Exane BNP Paribas et EY ont publié fin décembre les résultats de la seconde édition de l’étude dédiée à MiFID2, intitulée Access & Accessibility et réalisée à partir d'un échantillon de plus de 300 responsables de Relations Investisseurs en Europe. Ce second volet dresse le panorama des principales questions soulevées par les départements de Relations Investisseurs : les impacts sur les budgets IR, sur l’intensité et la qualité de la couverture Recherche, sur l’accès aux études des analystes, sur les consensus ou encore sur le corporate access.

« MiFID2 est une véritable révolution, le modèle qui en émergera sera probablement concentré autour d’un nombre restreint d’acteurs », explique Vincent Rouvière, responsable du Cash Equities d’Exane BNP Paribas. « MiFID2 n’affecte pas seulement le secteur financier. De manière plus générale, dans un monde où le volume d’informations ne cessera d’augmenter, les investisseurs doivent pouvoir se reposer sur une information financière encore plus fiable », ajoute Hermin Hologan, associé EY au sein du département Financial Services en France

Ainsi, MiFID2 entraîne de profonds bouleversements pour les actions européennes. Le monde dans lequel les courtiers étaient en contact avec tous les investisseurs et où leurs notes de recherche étaient quasiment disponibles gratuitement est désormais révolu. La littérature sur MiFID2 et ses impacts sur l’industrie buy-side / sell-side est extrêmement fournie. En revanche, les impacts indirects pour les sociétés cotées sont moins couverts.

Moins d'analystes financiers...

Parmi les principaux enseignements de l’étude, nous pouvons retenir que la majorité des sociétés interrogées estiment que les coûts inhérents à la communication financière vont augmenter. Par ailleurs, 90% d'entre elles s’attendent à une diminution du nombre d’analystes financiers. A contrario, la plupart des sociétés pensent que la qualité de la recherche va s’améliorer.

Le recul du nombre d’analystes financiers aura probablement des impacts négatifs sur la qualité des consensus sans que ceci ne modifie à court terme les procédés internes de collecte au sein des sociétés cotées. Dans un marché plus concentré, les sociétés répondantes prévoient d’allouer de manière plus systématique leurs roadshows aux analystes les plus influents ;

Les sociétés prévoient également de réduire la liste des personnes qui ont un accès à la recherche Sell-side en interne. La qualité de la couverture recherche et des relations établies avec les analystes aura un poids plus important dans l’allocation des roadshows. Enfin, certains départements de communication financière envisagent d’organiser davantage leurs propres roadshows ; les brokers resteront en revanche leur premier partenaire externe.

Reporting MIF 2 : une entrée en service sans incident majeur

A l’issue de la première journée de négociation sous les règles MIF 2, les prestataires de services d’investissement avaient jusqu’au 4 janvier minuit pour déclarer à l’AMF leurs transactions. A ce titre, la nouvelle plateforme ICY de l’AMF a reçu et intégré plus d’1 million de transactions en provenance d’une cinquantaine de déclarants (entreprises d’investissements et prestataires de services de données).

Le volume reçu témoigne du bon niveau global de préparation de la place même si des ajustements sont encore nécessaires de la part de certains déclarants. Les échanges de données entre régulateurs européens ont également débuté. L’AMF a ainsi transmis à l’ESMA des déclarations à destination de 22 pays membres. L’AMF se félicite du bon déroulement de cette première mise en service de la plateforme ICY.

Des banques fin prêtes

Les banques ont déjà pris les devants vis à vis de leurs clients. Début janvier, Natixis a annoncé la décision de sa Banque de Grande Clientèle d’opérer sous le statut d’Internalisateur Systématique sur une large gamme d’instruments financiers : actions, ETF, obligations, convertibles, Natixis EMTN et dérivés de change, avant la date limite fixée au 1er septembre 2018. Ce statut contribuera à alléger les obligations de reporting de ses clients institutionnels pour leurs opérations sur les instruments financiers admis ou négociés sur une plateforme de négociation considérées comme TOTV (Traded On Trading Venues).

« Nous cherchons constamment à améliorer les services fournis à nos clients et opter pour le statut d’Internalisateur Systématique sur une large gamme d'actifs contribue à cet effort global », indique Luc François, responsable de Global Markets. « Nos clients institutionnels européens pourront effectuer des transactions avec Natixis sans avoir à se soumettre à des obligations additionnelles de reporting post-négociation ». Cette fois-ci, c'est certain, MiFID2 est vraiment sur les rails...

Crédit photo : Bet_Noire / gettyimages

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