Gafam, fintech, néo-banques : la banque traditionnelle ne tremble pas

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Cela fait plusieurs années que l’on s’inquiète de la bonne santé des banques traditionnelles. La faute à la crise financière de 2008 d’une part, qui a entraîné un renforcement des réglementations et une augmentation des fonds propres pour les banques, à la baisse des taux d’intérêts aussi qui devaient venir fragiliser le modèle bancaire. La faute aux nouveaux entrants du secteur aussi, les banques en ligne, fintechs et autres néo-banques, avec en toile de fond l’ombre des GAFAM, qui ne cachent plus leur intérêt pour les activités bancaires. Mais qu’en est-il réellement ?

GAFAM : les concurrents de demain ?

Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) sont récemment devenus GAFAM, Microsoft complétant l’acronyme. Ces géants du web, détenteurs de milliards de données utilisateurs, avaient déjà fait part de leur intention de lancer des services bancaires. En avril 2017, Amazon introduisait ainsi en France son application Amazon Pay, qui permet aux détenteurs de compte Amazon d’utiliser les données bancaires associées à leur compte pour régler leurs achats sur des sites marchands tiers. Malgré cette entrée en matière, pour l’heure, pas de révolution sur le marché et les banques traditionnelles ne vacillent pas.

D’autant qu’il est à parier au vu des réglementations et normes auxquelles sont assujetties les banques, que les GAFAM auraient à s’appuyer sur certains groupes bancaires pour pouvoir proposer une offre plus complète. Car si l’utilisateur du web est aujourd’hui prêt à payer ses achats et gérer ses opérations bancaires sur le web, rien ne garantit qu’il souhaitera un jour voir ses activités centralisées auprès d’un opérateur unique. Si les banques en ligne sont identifiées comme des structures fiables car hautement sécurisées, la confiance dans les géants du web, à vocation ouvertement commerciale n’est pas assurée et pourrait représenter un frein.

Banques en ligne, fintech, néo-banques : quand les « menaces » deviennent opportunités

Si les Fintechs sont en réalité apparues avant 2010, ce n’est qu’en 2015 que le mouvement a réellement commencé à faire parler de lui : explosion et diversification de l’offre de services, levées de fonds records (47 milliards de dollars investis dans les jeunes pousses du secteur en 2015 selon KPMG). De quoi faire trembler quelque peu les banques traditionnelles, que certains voyaient déjà devoir affronter cette concurrence digitale d’une forme nouvelle avec des armes d’un ancien temps.

Deux ans plus tard, le tableau est bien différent. Les établissements bancaires ont en effet su réagir et se sont intéressés à ces nouveaux acteurs, fournisseurs de services innovants. Moyens de paiement et cagnottes en ligne, néo-banques (compte courant et paiement 100% mobiles, peu ou pas de frais, 0 agence), applications de gestion de patrimoine, crowdfunding, outils d’investissement automatisé, … : autant d’aubaines pour les banques traditionnelles, qui ont rapidement identifié de belles opportunités de compléter leur offre, de la moderniser aussi et de répondre ainsi aux nouveaux défis de la transformation numérique et de l’évolution des comportements utilisateurs qui y est intrinsèquement liée.

De la même manière que la Société Générale avait très tôt capitalisé auprès de Boursorama pour devenir l’un des premiers grands acteurs de la banque en ligne, les groupes bancaires tels que BNP Paribas, le Groupe BPCE ou encore le Crédit Mutuel Arkea ont saisi au bond la balle « fintech » en mettant la main sur différentes applications et respectivement sur les néo-banques (existantes ou en devenir) Compte Nickel, Fidor et Pumpkin.

Des services qui permettent aux acteurs du secteur d’approcher de manière plus pertinente la cible 18-30 ans, difficile à capter avec l’offre traditionnelle. Dernier entré dans la course, l’opérateur téléphonique Orange qui lançait récemment Orange Bank (« Le Free de la banque » selon Stéphane Richard, PDG du groupe télécom) après avoir hérité de la licence de l’établissement de paiement de Groupama Banque grâce à une entrée au capital.

Orange Bank, Carrefour Bank, marchands du web : chacun cherche aujourd’hui à faire un pont entre banque et activités commerciales afin de se passer au maximum d’intermédiaires. Un pari risqué qui se jouera probablement tout au long de cette année 2018. Jusqu’ici, la banque traditionnelle aura toujours su s’adapter, investir et se réinventer (parfois au prix de restructurations conséquentes) pour profiter des récents bouleversements du secteur et diversifier son offre de services pour une expérience client toujours plus complète. Les 30 et 31 janvier prochains se tiendra le Paris Fintech Forum, une belle occasion de faire le point sur les dernières avancées et les nouveaux challenges du secteur.

L’auteure :

Marie-Hélène Agard, directrice des recrutements sur les métiers de la Banque chez Page Personnel.

Marie-Hélène Agard a commencé sa carrière comme Consultante au sein de la division Finance de Page Personnel où elle a eu la responsabilité de relancer un bureau en Ile-de-France avant d’intégrer les métiers de la Banque en 2008 et de devenir Directrice de la division Banque puis Assurance trois ans plus tard. En 2014, elle est devenue Directrice Senior et a également pris la responsabilité de la division Public & Parapublic en 2015. Suivez-la sur Twitter !

Crédit photo : deliormanli / gettyimages

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