MiFID II : comment réagissent les professionnels de la recherche financière ?

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La profession redoute la disparition des plus petites structures

CFA Society France vient de publier ce mardi les résultats d'une enquête intitulé MiFID II : Un Nouveau Paradigme pour la recherche financière et menée par CFA Institute auprès de ses membres européens. L'objectif était de mieux appréhender les attentes des professionnels buy-side concernant la tarification de la recherche financière associée aux différentes classes d’actifs, la ventilation de ce coût et les aspects afférents.

Réalisée en septembre 2017, l'enquête a donc été envoyée à des professionnels de l’investissement opérant côté buy-side (et intervenant dans l’utilisation, la production ou l’achat de notes de recherche en investissements) ainsi qu'aux responsables des principales sociétés de gestion d’actifs en Europe. Cinq pays représentent 68 % du total des réponses : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse, la France et les Pays-Bas.

Trois constats principaux à retenir : la plupart des sondés s’attendent à ce que leurs sociétés supportent le coût de la recherche, contre 15 % seulement qui prévoient de l’imputer à leurs clients. Par ailleurs, ils craignent que la nouvelle réglementation soit préjudiciable aux petites structures et restreigne la concurrence. Enfin, la majorité des sondés pense réduire le volume des notes d’analyse achetées aux banques d’investissement.

Pas de consensus sur la tarification

S’agissant du coût annuel escompté de la recherche financière en application de MiFID II, l’enquête donne lieu à un large éventail de réponses, reflétant à la fois la diversité des stratégies d’investissement suivies et l’incertitude quant aux tarifs estimés. La valeur médiane du coût annuel attendu de recherche externe correspond à 10 points de base, soit l’équivalent de 1 M€ par an pour une société à qui serait confié 1 Md€ d’actifs sous gestion.

Le coût de la recherche concernant les marchés des valeurs fixed income, des changes et des matières premières s’élève, quant à lui, à 350.000 € par an environ pour 1 Md€ d’actifs sous gestion, soit 3,5 points de base. En ce qui concerne la ventilation de ces coûts de recherche, 21 % des professionnels interrogés ignorent toujours comment leurs structures financeront l’essentiel de cette charge nouvelle ; 53 % estiment que leurs sociétés de gestion absorberont les coûts des notes d’analyse, contre 15 % qui pensent qu’elles les répercuteront sur les clients. Ils sont 12 % à tabler sur une répartition mixte.

Le pourcentage de professionnels qui s’attendent à ce que leurs sociétés supportent ces coûts de recherche financière est proportionnel au volume des actifs sous gestion. 67 % de ceux basés dans des sociétés auxquelles est confiée la gestion de plus de 250 Mds€ d’actifs pensent que celles-ci prendront à leur charge ces coûts d’analyse financière, contre 42 % de leurs homologues travaillant dans des structures revendiquant moins de 1 Md€ d’actifs sous gestion.

Potentielles conséquences négatives

Même si la directive MiFID II quii entrera en vigueur le 3 janvier 2018 devrait se traduire à long terme par un marché plus efficient, Myriam Ferran, présidente de CFA Society France, avertit toutefois quant à de potentielles conséquences négatives : «Ces règles sont loin d’être une panacée. Certains professionnels interrogés redoutent une diminution importante du volume de la recherche et un périmètre d’analyse financière plus limité, en particulier pour les petites et moyennes capitalisations ».

Ainsi, tous les sondés évoquent un possible désavantage concurrentiel dont pourraient pâtir les structures de moindre envergure, partageant ainsi les craintes d’une profession qui redoute que ces changements entraînent la disparition des plus petites structures et accélèrent la consolidation sectorielle au profit d’acteurs mondiaux de grande envergure.

MiFID II devrait également avoir une incidence sur les analystes financiers et les fournisseurs de notes économiques : 78 % des professionnels interrogés pensent réduire le volume des notes de recherche achetées aux banques d’investissement suite à la mise en œuvre de cette directive, tandis que 44 % prévoient d’internaliser davantage l’analyse financière.

Crédit photo : vm / gettyimages

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