Et si vous rejoigniez l'EBA qui va s'installer à Paris dans le sillage du Brexit ?

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London, Canary Wharf business and banking centre.

Le siège actuel de l'EBA dans la tour One Canada Square à Canary Wharf

Finalement, c'est Paris qui a été désignée lundi soir parmi les 8 villes candidates pour accueillir le siège de l'Autorité Bancaire Européenne (ABE ou EBA en anglais) actuellement basée à Londres. La procédure de sélection prévoyait trois votes, à bulletins secrets, par chacun des 27 États membres réunis à Bruxelles. Selon une source diplomatique, la capitale française a été tirée au sort face à Dublin, les deux villes ayant enregistré le même nombre de voix au troisième tour de vote.

Un résultat qui était loin d'être acquis pour la capitale française, notamment face à sa rivale allemande Francfort, éliminée au tour précédent avec seulement 4 voix, contre 10 pour Paris et 13 pour Dublin. Il faut dire que l'Etat français, la région Ile-de-France, la Ville de Paris, et Paris Europlace ont su mettre en avant dans le dossier de candidature de nombreux atouts comme la force du secteur bancaire en France, une qualité reconnue des Autorités de régulation et du dialogue entre les régulateurs et les acteurs professionnels, son positionnement au cœur de l'Europe, une concentration forte de talents dans le secteur financier et une recherche de pointe.

Sans oublier bien sûr les réformes mises en place en France depuis l'élection d'Emmanuel Macron en matière de flexibilité du droit du travail et de fiscalité. D'ailleurs, ce dernier s'est empressé de féliciter la nouvelle sur son compte Twitter :

Paris accueillera l’Autorité bancaire européenne ! C’est la reconnaissance de l’attractivité et de l’engagement européen de la France. Heureux et fier pour notre pays.

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 20 novembre 2017

Paris vs la Défense

« C'est une importante décision pour l'Autorité qui garantit une continuation sans accrocs de ses activités, rassure les équipes actuelles et futures sur le nouveau siège et met un terme à une période d'incertitude », se réjouit dans un communiqué la direction de l'EBA, qui devra quitter son siège londonien au plus tard avant la sortie officielle du Royaume-Uni de l'UE prévue fin mars 2019.

Le déménagement pourrait vraisemblablement avoir lieu entre janvier et mars 2019. D'ores et déjà, deux lieux ont été retenus : le premier dans Paris intra-muros (sur la rive droite, entre la place de la Bourse et la place de l'Etoile) où le secteur financier emploie 79.000 personnes. Le second dans le quartier d'affaires de La Défense où 50.000 personnes travaillent dans la finance.

Defense

Vers un effet domino ?

Certes, l'EBA n'emploie que 169 personnes (chiffres 2016), loin des 900 employés de l'Agence européenne du médicament (EMA) elle aussi contrainte de déménager à cause du Brexit, et encore plus loin encore des 3.200 employés de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort. Cela dit, les effectifs de l'EBA pourraient être amenés à s'étoffer rapidement.

Qui plus est, l'arrivée de cette prestigieuse institution pourrait drainer dans son sillage d'autres acteurs de la finance basés à Londres et contraints eux aussi de déplacer une partie de leurs équipes vers l'UE pour bénéficier du passporting européen et se rapprocher de celle qui constitue, aux côtés de l'Autorité européenne des marchés financiers basée à Paris et de l'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles basée à Francfort, la troisième autorité de surveillance du système européen de surveillance financière (SESF).

En attendant, rien ne vous empêche de postuler dès à présent. Mais attention : ne rentre pas à l'EBA qui veut. Parmi les 47 postes vacants en 2016, il y a 948 personnes qui ont postulé – soit un ratio de 1 sur 20 - et seulement 113 ont été conviées à un entretien d'embauche. Cela dit, d'autres postes pourraient devenir vacants, tout le monde n'ayant pas forcément envie de traverser la Manche. Et les Frenchies, qui représentent déjà avec 15 employés la quatrième nationalité des effectifs derrière l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne, pourraient voir leur poids augmenter à l'avenir. Alors, à vous de jouer...

Crédit photo : IR_Stone / gettyimages

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