Les cinq raisons qui m’ont fait entrer dans la banque. Et les dix qui m’en ont fait partir…

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Les cinq raisons qui m’ont fait entrer dans la banque. Et les dix qui m’en ont fait partir…

Pourquoi ai-je quitté la banque ? Bonne question !

Commençons par le début : pourquoi y suis-je entrée ?

1. Tous les étudiants en économie de l’Université de Cambridge postulaient dans le secteur bancaire ;

2. je n’avais pas de meilleure idée quant à mon avenir professionnel ;

3. j’avais besoin d’un employeur susceptible de me fournir un certificat de parrainage pour obtenir le visa qui me permettrait de rester au Royaume-Uni, une condition assortie de critères de salaire plancher – que la banque remplissait ;

4. J’avais envie de me faire un peu d’argent. Les magazines de recrutement vendaient très bien tout le secteur en matière de rémunération…

5.. J’aimais bien les gens que j’avais rencontrés chez Goldman…MAIS…

…même au tout début, je savais que je ne resterais pas.

1. La RAISON PRINCIPALE : la banque attendait plus de moi que je n’étais prête à donner. Je ne voulais pas passer des heures sur une seule tâche, pas plus que je ne le fais dans mon hobby. Il n’y a rien que j’aime au point d’y consacrer autant de temps dans une journée. Dans mon poste actuel, je termine à 15 h 30 ou 16 h, et je ne me reconnecte que le lendemain. Cette limite assez stricte s’est un peu assouplie durant la pandémie de COVID-19, mais seulement parce que j’ai choisi de me lever plus tard ou de faire du sport le matin – ce qui est plutôt un bon équilibre. Une étude suggère que l’employé moyen ne peut être efficace au-delà de quatre heures de travail ; autrement dit, il est difficile d’être « à fond » plus de quatre heures, divisées en séquences d’environ 40 minutes, et je suis assez d’accord. Je peux repousser la limite à six ou sept heures du fait que je me force à rester concentrée sur des durées plus longues depuis que j’ai à peu près onze ans.

2. Je n’ai pas besoin d’autant d’argent et je ne suis même pas sûre qu’il soit possible de gagner ce que les magazines de recrutement faisaient miroiter.

3. Je pensais « il doit être possible de bien gagner sa vie et d’avoir une vie équilibrée ailleurs que dans la banque… »

4. Je n’avais pas de modèle auquel me raccrocher du simple fait que personne n’avait une vie que j’aurais pu admirer. Nul besoin d’être une femme noire pour me servir de modèle, il aurait suffit d’avoir la vie que j’aurais voulu vivre.

5. Je voulais être « moi-même », pas l’esclave d’un employeur. Ce que je veux dire par là, c’est qu’en plus de mon travail, je veux être libre de tenir un blog ou un vlog, de créer des podcasts ou d’être active sur les réseaux sociaux sans être freinée par l’arrière-pensée d’un possible conflit avec mon travail – et maintenant je le fais. Travailler dans la banque nécessite d’entretenir une certaine image vis-à-vis des clients – très sérieuse et pas fun du tout. Aujourd’hui, j’ai un peu plus de liberté : un régulateur comme moi n’a pas de clients ! Je n’ai que les sociétés que nous régulons et les clients que nous protégeons – nul besoin d’avoir l’air sérieux.

6. Juste avant de partir, j’ai fait une analyse de coûts/bénéfices – que j’ai d’ailleurs retrouvée au fond d’un tiroir il y a quelques semaines avant de l’égarer à nouveau ; au bout du compte, je pense qu’il y avait une bonne dizaine de raisons qui me laissaient à penser que je partirais un jour, et je ne regrette pas d’avoir franchi le pas. Il m’arrive parfois de me dire que je pourrais avoir plus d’argent et un patrimoine plus conséquent si j’étais restée, mais j’ai tout ce qu’il me faut, voire beaucoup plus, et clairement, je préfère la vie à Birmingham à celle que j’avais à Londres. J’apprécie aussi de travailler aujourd’hui dans un environnement où la flexibilité du travail s’applique aux deux sexes et n’est donc plus stigmatisée comme une pratique réservée aux femmes.

Sans vouloir blesser celles qui ont choisi l’un des modes de vie qui suivent, personnellement

1. je ne voulais pas finir vieille fille ;

2. je ne voulais pas renoncer à avoir des enfants ;

3. je ne voulais pas d’une vie où mes enfants iraient à l’école et en reviendraient avec une nounou ;

4. et je ne voulais pas déposer mes enfants à la garderie à 7 heures du matin pour les récupérer à 6 ou 7 heures du soir – ce n’est pas une vie pour les enfants. Une collègue en salle des marchés fonctionnait ainsi, et cela me faisait frémir…

Telles étaient les options qui semblaient promises aux femmes visant une carrière à long terme dans la banque. Certaines y sont restées jusqu’au moment où elles ont eu des enfants, puis sont parties, ce qui me paraît aussi une bonne stratégie. Si les banques sont capables de trouver une solution à la question du « mode présentiel » et d’intégrer la flexibilité du travail à leur culture, pour les hommes comme pour les femmes, elles seront en mesure de retenir leurs meilleurs talents. Peut-être la COVID-19 permettra-t-elle finalement d’accélérer le processus après qu’elles aussi ont été contraintes d’autoriser le télétravail pour une période relativement longue. A voir !

Heather Katsonga Woodward a débuté sa carrière comme analyst en IBD chez Goldman Sachs. Parallèlement à son poste actuel à plein temps dans un organisme de régulation économique, elle tient un podcast sur la finance personnelle.

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